IV

Malheur à la science qui ignore Dieu!

Seigneur, Dieu de vérité, vous plaît-il, celui qui sait tout cela?

Malheureux qui le sait et vous ignore! Heureux qui l’ignore et vous

connaît! Et celui qui a cette double science n’est heureux que par vous

seul, «si, vous connaissant, il vous glorifie comme Dieu, s’il vous rend

hommage, s’il ne se dissipe pas dans la vanité de ses pensées».

Mieux vaut celui qui sait posséder un arbre et vous rendre grâce de ses

fruits, sans savoir la hauteur de sa tige et l’étendue de ses branches,

que celui qui sait la mesure des rameaux et le compte des feuilles, sans

en jouir, sans en connaître, sans en aimer le Créateur: ainsi, le fidèle

a ce monde pour trésor; et, détaché de tout, il possède tout en vous, ô

Souverain de l’univers; et quoiqu’il ignore la marche de l’étoile

polaire, n’est-ce pas folie de mettre en doute la supériorité de cet

humble croyant sur cet arpenteur du ciel, ce calculateur des étoiles, ce

peseur des éléments, qui vous néglige, vous l’Ordonnateur de toutes

choses «selon la mesure, le nombre et le poids[109]»?

[109] Sap., XI, 21.

V

Les confessions de saint Augustin, évêque d'Hippone: précédées de sa vie par S. Possidius, évêque de Calame... ; traduction nouvelle par L. Moreau · 第 89 / 306 题