Ce qu’il avait aimé dans ce larcin.
Malheureux! quel avantage trouvais-je donc alors dans ces actions, dont
aujourd’hui la pensée me fait rougir, et surtout dans ce vol où je
n’aimai que lui, rien que lui; rien sans doute, car lui-même n’était
rien, ô misère! Et pourtant seul je ne l’eusse pas fait. Ma mémoire me
représente bien mon âme alors; non, seul, je ne l’eusse pas fait. C’est
donc, en outre, la société de mes complices que j’ai aimée. J’ai donc
aimé autre chose que le vol? Mais quoi? rien; car cela même encore n’est
rien.
Qu’y a-t-il donc là en réalité? Qui me l’enseignera, que Celui qui
éclaire mon cœur et en dissipe les ténèbres? Quelle est enfin la cause
de cet acte coupable? Mon esprit la recherche; il la poursuit; il veut
la pénétrer. Si j’aimai ces fruits, si je les désirai, que ne les
volai-je seul? Ne suffisait-il pas à ma convoitise de commettre
l’iniquité, sans envenimer par le frottement de la complicité les
démangeaisons de mon désir? Mais ce plaisir que ces fruits ne me
donnaient pas, je ne le trouvais dans le péché que par cette association
de pécheurs.