Crimes des Manichéens.
A Carthage aussi, par les soins d’un procurateur du palais impérial,
nommé Ursus, et attaché la foi catholique, on arrêta quelques-uns de
ceux que les Manichéens appellent Élus, hommes et femmes. Ils furent
conduits à l’église, et en présence des notaires interrogés par les
évêques. Du nombre de ceux-ci était Augustin, de sainte mémoire, qui,
connaissant mieux que les autres cette exécrable secte, et dévoilant
d’après les livres reconnus par les Manichéens leurs blasphèmes
abominables, les amena à en faire l’aveu; et il tira même de ces femmes
Élues la déclaration des impuretés qu’ils commettaient entre eux:
déclaration qui fut consignée dans les actes ecclésiastiques. Ainsi, la
vigilance des pasteurs donna un nouvel accroissement au troupeau du
Seigneur, et fournit de nouvelles armes contre les voleurs et les loups
ravissants. Il eut encore une conférence publique dans l’église
d’Hippone, en présence des notaires et du peuple, avec Félix, Manichéen
et du nombre des Élus, et après deux ou trois séances, ce Manichéen,
reconnaissant la vanité et l’erreur de sa secte, se convertit à la foi
de l’Église. On peut, d’ailleurs, relire les actes où ces faits sont
attestés.