XIII

Paix de l’Église.

Et pour la part qu’il prit à la paix de l’Église, le Seigneur donna en

cette circonstance la palme à Augustin, lui réservant en lui-même la

couronne de justice. Ainsi, de jour en jour, avec l’aide de

Jésus-Christ, s’accroissait et s’étendait de plus en plus l’unité et la

fraternité de l’Église. Et ce résultat fut particulièrement remarquable

après la conférence générale tenue peu de temps après[20] à Carthage

entre les évêques catholiques et les évêques donatistes, par l’ordre du

très glorieux et très religieux empereur Honorius, qui envoya de sa cour

en Afrique le tribun et notaire Marcellin, pour présider et juger. Dans

cette conférence, les donatistes, réfutés sur tous les points et

convaincus d’erreur par les catholiques, furent réprouvés par la

sentence du juge, et, après leur appel, justement condamnés comme

hérétiques par rescrit du très pieux empereur. Aussi les évêques qui,

avec leur clergé et leurs peuples, s’étaient réunis et avaient embrassé

la communion des catholiques, eurent-ils à souffrir de nouvelles

persécutions, la mutilation et la mort même, de la part des

schismatiques. Or, je le répète, ce fut par le ministère de ce saint

homme, aidé du concours et du zèle de nos évêques, que ce bien put

s’entreprendre et s’accomplir.

[20] L’an 411, après le consulat de Varanus, kalend. juin. 3. non. et

6 id. du même mois.

Les confessions de saint Augustin, évêque d'Hippone: précédées de sa vie par S. Possidius, évêque de Calame... ; traduction nouvelle par L. Moreau · 第 15 / 306 题