Paix de l’Église.
Et pour la part qu’il prit à la paix de l’Église, le Seigneur donna en
cette circonstance la palme à Augustin, lui réservant en lui-même la
couronne de justice. Ainsi, de jour en jour, avec l’aide de
Jésus-Christ, s’accroissait et s’étendait de plus en plus l’unité et la
fraternité de l’Église. Et ce résultat fut particulièrement remarquable
après la conférence générale tenue peu de temps après[20] à Carthage
entre les évêques catholiques et les évêques donatistes, par l’ordre du
très glorieux et très religieux empereur Honorius, qui envoya de sa cour
en Afrique le tribun et notaire Marcellin, pour présider et juger. Dans
cette conférence, les donatistes, réfutés sur tous les points et
convaincus d’erreur par les catholiques, furent réprouvés par la
sentence du juge, et, après leur appel, justement condamnés comme
hérétiques par rescrit du très pieux empereur. Aussi les évêques qui,
avec leur clergé et leurs peuples, s’étaient réunis et avaient embrassé
la communion des catholiques, eurent-ils à souffrir de nouvelles
persécutions, la mutilation et la mort même, de la part des
schismatiques. Or, je le répète, ce fut par le ministère de ce saint
homme, aidé du concours et du zèle de nos évêques, que ce bien put
s’entreprendre et s’accomplir.
[20] L’an 411, après le consulat de Varanus, kalend. juin. 3. non. et
6 id. du même mois.