Progrès de l’Église.
Or, à la faveur de ces progrès de la vérité, ceux qui servaient Dieu
dans le monastère sous saint Augustin, et avec lui, commencèrent à être
ordonnés pour l’église d’Hippone. Et plus tard, la prédication de la
doctrine catholique se répandant de jour en jour avec plus d’éclat, avec
la renommée de la sainte règle des serviteurs de Dieu, de leur
continence et de leur pauvreté profonde, on demanda avec instance au
monastère institué et développé par le saint des prêtres et des évêques.
On les obtint et c’est par eux que la paix et l’unité de l’Église
commença, et enfin s’établit. Car j’en connais environ dix, hommes
saints et vénérables, soit par l’austérité de leur vie, soit pour
l’étendue de leur science, que le bienheureux Augustin a donnés à
plusieurs Églises, à quelques-unes même des plus considérables qui les
lui demandaient. Ceux-ci, élevés dans la sainte profession des moines,
fondèrent à leur tour des monastères, et, jaloux de l’édification du
Verbe de Dieu, ils donnèrent aux autres Églises plusieurs de ces frères
élevés au sacerdoce. Ainsi la science salutaire de la foi, de
l’espérance et de la charité de l’Église se propageant en plusieurs et
par plusieurs, et par les ouvrages que le saint publiait et que l’on
traduisait en grec, c’est d’un seul homme que, non seulement dans toute
l’étendue de l’Afrique, mais encore au delà des mers, la piété et la
science se répandaient, avec l’aide de Dieu. Et le méchant, selon la
parole de l’Écriture, «voyait cela avec rage; il grinçait les dents, il
se consumait de fureur[16]». Mais les serviteurs de Dieu «étaient
pacifiques envers les ennemis de la paix; et tandis qu’ils en parlaient,
ceux-ci ne songeaient qu’à les attaquer[17]».
[16] Ps. CXI, 10.
[17] Ps. CXIX, 7.