Zèle de saint Augustin contre les ennemis de la foi.
Et lui, soit en particulier, soit en public, dans sa maison ou dans
l’église, enseignait et prêchait la parole du salut, avec toute
confiance, contre les hérésies répandues en Afrique, et surtout contre
les Donatistes, les Manichéens et les païens; ses ouvrages, ses sermons
improvisés jetaient les chrétiens dans des transports ineffables
d’admiration et de joie. Loin de s’en taire, ils publiaient partout
leurs sentiments. Ainsi, avec l’aide du Seigneur, l’Église catholique
commença à relever la tête en Afrique, séduite depuis trop longtemps et
opprimée par les hérésies qui s’y étaient enracinées, et surtout par la
secte des Donatistes, qui avaient rebaptisé la plus grande partie des
habitants de l’Afrique. Et ces livres ou traités qui, par une admirable
grâce de Dieu, se succédaient et se répandaient avec rapidité, étaient
reçus à l’envi par les hérétiques et par les catholiques; ils
rivalisaient d’ardeur pour les entendre. Et chacun, suivant son désir ou
son pouvoir, employait la plume des notaires pour recueillir même les
discours du saint. Ainsi se répandit bientôt par tout le corps de
l’Afrique la pure doctrine et l’odeur exquise de Jésus-Christ; et
l’Église d’outre-mer en tressaillit d’allégresse; car, «la souffrance
d’un seul membre fait souffrir tous les autres membres»; et de même «si
l’un des membres reçoit de l’honneur, tous les autres membres s’en
réjouissent avec lui[12]».
[12] I Cor., XII, 26.