zèle à atteindre le but d'utilité qu'elle a en vue, et qu'elle aime à
leur communiquer. Persuadé que toute vérité, surtout en gouvernement,
n'est que le résultat d'une longue expérience, c'est-à-dire, de beaucoup
de faits bien vus et judicieusement comparés; que ce qu'on nomme
_principes de gouvernement_ ne sont que des faits sommaires, que des
résumés de faits particuliers; qu'enfin toute bonne théorie n'est que
l'exposition d'une bonne pratique, le ministère a désiré de rassembler,
sur la science si importante de l'économie publique, un assez grand
nombre de faits pour retirer de leur comparaison mûrement méditée, soit
des vérités neuves, soit la confirmation des vérités connues, soit enfin
la réfutation d'erreurs adoptées; et ces faits seront d'autant plus
instructifs, qu'ils procéderont de lieux plus divers, qu'ils seront
observés par plus de spectateurs, et qu'ils présenteront plus de
rapports ou même de contrastes dans le climat, le sol, les produits
naturels et toutes les circonstances physiques et morales.
«C'est dans cette intention qu'ont été dressées les questions
ci-jointes. Plus on les analysera, plus on se convaincra qu'elles ne
sont pas le fruit d'une vaine curiosité ou d'une perquisition
inquiétante, mais que toutes tendent vers des fins d'utilité publique et
sociale. Les agents reconnaîtront ce caractère même dans les questions
qui d'abord y sembleraient étrangères; par exemple, celles sur les
vents, qu'on croirait n'appartenir qu'à une science de physique
abstraite, touchent cependant de près l'administration et le commerce;
car si, comme on a droit de l'espérer, l'on parvenait à connaître le
système général des courants de l'air; si l'on s'assurait que lorsque le
vent règne sur une plage, il est le produit ou le correspondant de tel
autre vent sur telle autre plage; qu'un même vent pluvieux et fécond sur
telle côte de France ou d'Espagne, est sec et stérile sur telle côte
opposée d'Amérique et d'Afrique, il naîtrait de ces connaissances une
théorie aussi hardie que certaine pour des spéculations
d'approvisionnements, de commerce, d'expéditions maritimes. Il en est
ainsi des questions sur l'état physique d'un pays, sur la nature de ses
productions, sur les aliments de son peuple et sur ses occupations. Dès
long-temps des observateurs profonds ont cru reconnaître que tous ces
objets avaient une influence puissante sur les habitudes, les mœurs,
le caractère des nations, et par suite sur la nature des gouvernements
et le genre des lois. Il serait infiniment important d'asseoir sur de
telles questions un jugement déterminé dans un sens quelconque; et ce
jugement ne peut se prononcer que d'après un examen suffisant des faits.
Le résultat, atteignant aux bases fondamentales de toute législation,
intéresse toute l'humanité: la nation française aurait bien mérité du
genre humain en constatant des vérités d'un ordre si élevé.
«Le ministère en adressant ces questions à ses agents, n'a point entendu
les astreindre à donner la solution de toutes par eux-mêmes. Il sent
trop bien que plusieurs d'entre elles exigent des expériences et des
travaux pour lesquels ils n'ont pas un temps suffisant; il est naturel,
et même nécessaire, qu'ils consultent les habitués du pays où ils
résident. Mais le ministère désire qu'ils portent une circonspection
scrupuleuse à s'adresser aux plus instruits qui, en même temps, joignent
à l'exactitude l'amour de la vérité. Il leur recommande cette exactitude
dans la spécification des poids, des mesures, des quantités. Le
principal mérite des expériences consiste dans la précision; et si
l'estime attachée à un travail est un premier encouragement à
l'exécuter, ils doivent être persuadés que le gouvernement attache un
grand prix à celui dont ils sont chargés; qu'il en connaît les
obstacles, les difficultés, et qu'il sait d'avance que telle réponse de
deux lignes leur aura coûté souvent un mois de recherches; mais ces deux
lignes seront une vérité, et une vérité est un don éternel à l'humanité.
«Le ministère ne les borne pas non plus strictement aux chefs des
questions qui sont proposées; ils peuvent en joindre du même genre.
Seulement il les invite à ne pas trop les multiplier. Ce n'est pas la
quantité qui fait le mérite des observations, c'est la justesse, et la
justesse veut beaucoup de temps. Par cette raison, ce ne sont point des
mémoires rédigés qu'il leur demande, ce sont des notes; et pour plus de
précision et de clarté, il les engage à les accoler en face des
questions.»
QUESTIONS
DE STATISTIQUE.
PREMIÈRE SECTION.
ÉTAT PHYSIQUE DU PAYS.
ARTICLE PREMIER.
_Situation géographique._
1. Quelle est la latitude du pays?
2. Quelle est sa longitude?
3. Quelles sont ses limites de toutes parts?
4. Combien de lieues carrées contient sa surface?
ART. II.
_Climat, c'est-à-dire, état du ciel._
5. Quel degré marque le thermomètre de Réaumur en chaque mois?
6. Quelle différence marque le thermomètre en un même jour du matin à
midi?
7. Quelle est la hauteur du baromètre en chaque mois?
8. Quelles sont ses plus grandes variations?
9. Quels sont les vents régnants en chaque mois?
10. Sont ils généraux et communs à tout le pays, ou divers selon les
cantons?
11. Ont-ils des périodes fixes de durée et de retour?
12. Y a-t-il des vents journaliers de mer et de terre; quelle est leur
marche?
13. Par où commence chaque vent à se faire sentir, est-ce du côté où il
vient, ou du côté où il va?
14. Quelles sont les qualités de chaque vent, c'est-à-dire, quel vent
est sec ou pluvieux, chaud ou froid, violent ou modéré?
15. En quel mois pleut-il davantage?
16. Combien de pouces d'eau tombe-t-il par an?
17. Y a-t-il des brouillards; en quelle saison?
18. Y a-t-il des rosées; en quel lieu, en quel temps sont-elles plus
fortes?
19. Les pluies tombent-elles doucement ou par ondées?
20. Y a-t-il des neiges; combien durent-elles?
21. Y a-t-il des grêles; en quelle saison?
22. Quels vents amènent les neiges et les grêles?
23. Y a-t-il des tonnerres; en quel temps et par quel vent?
24. De quel côté se dissipent-ils ordinairement?
25. Y a-t-il des ouragans; par quel vent?
26. Y a-t-il des tremblements de terre; en quelle saison; quels sont
leurs présages; viennent-ils après les pluies?
27. Y a-t-il des marées; quelles sont leurs hauteurs; quels vents les
accompagnent?
28. Y a-t-il des phénomènes particuliers au pays?
29. Le climat a-t-il subi des changements connus: quels sont ces
changements?
30. La mer a-t-elle haussé on baissé sur les rivages; de combien sa
hausse ou sa baisse, et depuis quel temps?
ART. III.
_État du sol._
31. Le terrain consiste-t-il en plaines ou en montagnes; quelle est leur
élévation au-dessus du niveau de la mer?
32. Le terrain est-il couvert d'arbres et de forêts, ou est-il nu et
découvert?
33. Quels sont les marais, les lacs, les rivières?
34. Peut-on calculer combien il y a de lieues carrées en plaines, en
montagnes, en marais, en lacs et rivières?
35. Y a-t-il des volcans allumés ou éteints?
36. Y a-t-il des mines de charbon?
ART. IV.
_Produits naturels._
37. Quelle est la qualité du terrain; est-il argileux, calcaire,
pierreux, sablonneux, etc.?
38. Quels sont les métaux et leurs mines?
39. Quels sont les sels et les salines?
40. Quelle est la disposition et l'inclinaison des diverses couches de
terre considérées dans les puits et dans les cavernes?
41. Quels sont les végétaux les plus répandus, arbres, arbustes,
plantes, grains, etc.?
42. Quels sont les animaux les plus communs en quadrupèdes, en
volatiles, en poissons, en insectes et reptiles?
43. Quels sont ceux particuliers au pays?
44. Quels sont les poids et grandeurs de ces animaux comparés aux
nôtres?
DEUXIÈME SECTION.
ÉTAT POLITIQUE.
ARTICLE PREMIER.
_Population._
45. Quelle est la constitution physique des habitants du pays; quelle
est leur taille ordinaire; sont-ils maigres ou corpulents?
46. Quelle est la couleur de leur peau et de leurs cheveux?
47. Quelle est leur nourriture; quelle est sa quantité dans un jour?
48. De quelle boisson usent-ils; s'enivrent-ils?
49. Quelles sont leurs occupations; sont-ils laboureurs, ou vignerons,
ou pasteurs, ou marins, ou habitants des villes?
50. Quelles sont leurs maladies habituelles ou accidentelles?
51. Quelles sont leurs qualités morales les plus frappantes; sont-ils
vifs ou lents, spirituels ou obtus; silencieux, ou parleurs?
52. Quelle est la masse totale de la population?
53. Quelle est celle des villes comparée à celle des campagnes?
54. Les habitants des campagnes vivent-ils en villages, ou dispersés en
fermes isolées?
55. Quel est l'état des chemins et routes en été et en hiver?
ART. II.
_Agriculture._
_N. B._ Les méthodes d'agriculture étant diverses suivant les
cantons, la manière de les bien connaître est d'analyser à fond
deux ou trois villages d'espèce diverse; par exemple, un village en
plaine, un autre en montagne, un village vigneron et un autre
laboureur, et dans chaque village, d'analyser complètement une
ferme.
56. Dans un village donné quel est le nombre des habitants, hommes,
femmes, vieillards, enfants?
57. Quelles sont leurs occupations respectives?
58. Quelle est la quantité de terrain cultivé par le village?
59. Quelles sont les mesures de longueur et de capacité comparées aux
nôtres?
60. Quel est le prix des comestibles comparé à celui de la
main-d'œuvre?
61. Les laboureurs sont-ils propriétaires ou fermiers; paient-ils en
argent ou en denrées?
62. Quelle est la durée des baux; quelles sont leurs clauses
principales?
63. Combien y a-t-il de corps de ferme ou d'héritages dépendants du
village?
64. Combien de terrain contiennent-ils du fort au faible?
65. Quels sont les mieux cultivés des grands ou petits corps de ferme?
66. Les terres d'une même ferme sont-elles réunies ou éparses?
67. Les terrains sont-ils enclos; comment le sont-ils?
68. Y a-t-il des terrains vagues et communs; que rendent-ils?
69. Y a-t-il droit de parcours sur les propriétés particulières? (Étant
proposée une ferme pour être détaillée,)
70. Quels sont les logements, le nombre de ses habitants, la quantité de
ses terres et de ses animaux?
71. Quelle est la distribution des terres pour les ensemencements?
72. Combien d'années consécutives ensemence-t-on ou laisse-t-on reposer
un terrain?
73. Quels grains y sème-t-on chaque année, et quelle quantité par
arpent?
74. En quel temps sème-t-on et moissonne-t-on?
75. Quels sont tous les frais et toutes les façons de culture d'un
arpent, comparés à son produit en nature?
76. Quelle est la quantité des pâturages naturels ou artificiels?
77. Quelle quantité de terrain faut-il pour nourrir un animal de chaque
espèce, bœuf, mulet, cheval, chameau, vache ou mouton; que
consomment-ils dans un seul jour?
78. Avec quels animaux laboure-t-on; comment sont-ils attelés?
79. Quels sont les instruments de labourage?
80. Quel est le prix de ferme comparé au prix de vente ou d'estimation
de fonds?
81. A quel intérêt se prête l'argent?
82. Quelle est la nourriture de la famille cultivante; à combien peut-on
l'évaluer par an? quel est son mobilier?
83. Quel est le poids de la toison d'un mouton et celui de sa chair?
84. Quel bénéfice estime-t-on retirer d'un mouton ainsi que d'une vache?
85. Quels sont les engrais dont on use?
86. Quel est l'emploi du temps de la famille dans les veillées; quelle
est son industrie?
87. Quelle différence remarquable observe-t-on entre les mœurs et le
tempérament d'un village vigneron ou d'un village cultivateur; d'un
village de plaine ou d'un montagnard?
88. Quelle est la culture de la vigne?
89. Quelles sont les façons du vin; comment le conserve-t-on; quelle est
sa qualité; quelle est l'espèce de raisin; quel est le produit d'un
arpent de vigne; quel est le prix d'une mesure déterminée de vin?
90. Quels sont les arbres que l'on cultive, oliviers, mûriers,
châtaigniers, etc.; quelles sont les méthodes particulières de ces
cultures; quel est le produit moyen de chaque arbre; quel serait le
produit d'un arpent planté de cet arbre?
91. Quelles sont les autres cultures du pays, soit en coton, indigo,
café, sucre, tabac, etc.; quelles en sont les méthodes?
92. Quelles cultures nouvelles et utiles pourrait-on introduire?
ART. III.
_Industrie._
93. Quels sont les arts les plus pratiqués dans le pays?
94. Quels sont les plus lucratifs?
95. Quelles sont les méthodes remarquables dans chaque art par leur
économie et par leurs bons effets?
96. Quelles sont les fabriques et les manufactures le plus en vigueur?
97. Quelles sont celles que l'on pourrait introduire?
98. Y a-t-il des mines; de quelle espèce sont-elles; comment
exploite-t-on surtout celles de fer?
ART. IV.
_Commerce._
99. Quels sont les objets d'importation, et quels sont ceux
d'exportation?
100. Quelle est leur balance respective?
101. Comment se font les transports de terre; a-t-on des chariots;
comment sont-ils faits; combien portent-ils?
102. Quel poids porte un cheval, un chameau, un mulet, un âne, etc.?
103. Quel est le prix des transports?
104. Quelle est la navigation intérieure ou extérieure?
105. Quelles sont les rivières navigables; y a-t-il des canaux;
pourrait-on en faire?
106. Quel est l'état de la côte en général; est-elle haute ou basse; la
mer la ronge-t-elle ou la quitte-t-elle?
107. Quels sont les ports, les havres et les anses?
108. La sortie des grains est-elle permise, est-elle désirée?
109. Quel est l'intérêt commercial de l'argent?
ART. V.
_Gouvernement et Administration._
110. Quelle est la forme du gouvernement?
111. Quelle est la distribution des pouvoirs administratif, civil et
judiciaire?
112. Quels sont les impôts?
113. Comment s'asseyent-ils, se répartissent-ils, se perçoivent-ils?
114. Quels sont les frais de perception?
115. En quelles proportions sont-ils établis relativement au revenu des
contribuables?
116. Quelle est la somme des impôts d'un village, comparée à celle de
son revenu?
117. Y a-t-il un code de lois civiles clair et précis, ou seulement des
coutumes et des usages?
118. Y a-t-il beaucoup de procès?
119. Pour quel genre de contestation y en a-t-il davantage, soit dans
les villes, soit dans les campagnes?
120. Comment les propriétés sont-elles constatées; les titres sont-ils
en langue vulgaire et bien lisibles?
121. Y a-t-il beaucoup de gens de loi?
122. Les parties plaident-elles en personne?
123. Par qui les juges sont-ils nommés et payés; sont-ils à vie?
124. Quel est l'ordre des successions et des héritages?
125. Y a-t-il des droits d'aînesse, des substitutions, des testaments?
126. Les enfants partagent-ils par égalité, n'importe quel bien; qu'en
résulte-t-il pour les biens de campagne?
127. Y a-t-il des biens de main-morte, des legs à l'église, des
fondations?
128. Quelle est l'autorité des parents sur leurs enfants, des époux sur
leurs femmes?
129. Les femmes ont-elles beaucoup de luxe; en quoi consiste-t-il?
130. Quelle est l'éducation des enfants; quels livres enseigne-t-on?
131. Y a-t-il des imprimeries, des papiers-nouvelles, des bibliothèques?
132. Les citoyens se rassemblent-ils pour des conversations et des
lectures?
133. Y a-t-il une grande circulation de personnes et de choses dans le
pays?
134. Y a-t-il des établissements de postes aux chevaux et aux lettres?
135. Quels sont, en un mot, les établissements, de n'importe que genre,
particuliers au pays, qui par leur utilité, soient dignes de
l'observation?
FIN.
TABLE DES MATIÈRES
CONTENUES DANS CE VOLUME.
LEÇONS D'HISTOIRE.
AVERTISSEMENT DE L'AUTEUR pag. III
PREMIÈRE SÉANCE (1er pluviôse).--Programme.--Objet,
plan et distribution de l'étude de l'histoire.
SECONDE SÉANCE.--Le sens littéral du mot _histoire_
est _recherche, enquête_ (de faits).--Modestie des
historiens anciens.--Témérité des historiens modernes.--L'_historien_
qui écrit sur témoignages,
prend le rôle de juge, et reste témoin intermédiaire
pour ses lecteurs.--Extrême difficulté de constater
l'état précis d'un fait; de la part du spectateur,
difficulté de le bien voir; de la part du narrateur,
difficulté de le bien peindre.--Nombreuses causes
d'erreur provenant d'illusion, de préoccupation,
de négligence, d'oubli, de partialité, etc. 6
TROISIÈME SÉANCE.--Continuation du même sujet.--Quatre
classes principales d'historiens avec des
degrés d'autorité divers: 1º historiens acteurs;
2º historiens témoins; 3º historiens auditeurs de
témoins; 4º historiens sur ouï-dire ou traditions.--Altération
inévitable des récits passés de bouche
en bouche.--Absurdité des traditions des temps
reculés, commune à tous les peuples.--Elle prend
sa source dans la nature de l'entendement humain.--Caractère
de l'histoire toujours relatif au degré
d'ignorance ou de civilisation d'un peuple--Caractère
de l'histoire chez les anciens et chez les peuples
sans imprimerie.--Effets de l'imprimerie sur
l'histoire.--Changement qu'elle a produit dans les
historiens modernes.--Disposition d'esprit la plus
convenable à bien lire l'histoire.--Ridicule de
douter de tout, moins dangereux que de ne douter
de rien.--Être sobre de croyance. 18
QUATRIÈME SÉANCE.--Résumé du sujet précédent.--Quelle
utilité peut-on retirer de l'histoire?--Division
de cette utilité en trois genres: 1º utilité
des bons exemples, trop compensée par les mauvais;
2º transmission des objets d'arts et de sciences;
3º résultats politiques des effets des lois, et de la
nature des gouvernements sur le sort des peuples.......--L'histoire
ne convient qu'à très-peu de
personnes sous ce dernier rapport; elle ne convient
à la jeunesse, et à la plupart des classes de
la société, que sous le premier.--Les romans bien
faits sont préférables. 43
CINQUIÈME SÉANCE.--De l'art de lire l'histoire; cet
art n'est point à la portée des enfants: l'histoire,
sans enseignement, leur est plus dangereuse qu'utile.--De
l'art d'enseigner l'histoire.--Vues de l'auteur
sur un cours d'études de l'histoire.--De l'art
d'écrire l'histoire.--Examen des préceptes de Lucien
et de Mably. 66
SIXIÈME SÉANCE.--Continuation du même sujet.--Distinction
de quatre méthodes de composer l'histoire:
1º par ordre de temps (les annales et chroniques);
2º par ordre dramatique ou systématique;
3º par ordre de matières; 4º par ordre analytique
ou philosophique.--Développement de ces diverses
méthodes; supériorité de la dernière: ses rapports
avec la politique et la législation.--Elle n'admet
que des faits constatés, et ne peut convenir
qu'aux temps modernes.--Les temps anciens ne
seront jamais que probables: nécessité d'en refaire
l'histoire sous ce rapport.--Plan d'une société littéraire
pour recueillir dans toute l'Europe les monuments
anciens.--Combien de préjugés seraient
détruits, si l'on connaissait leur origine.--Influence
des livres historiques sur la conduite des
gouvernements, sur le sort des peuples.--Effet
des livres juifs sur l'Europe.--Effet des livres
grecs et romains introduits dans l'éducation.--Conclusion. 93
HISTOIRE DE SAMUEL,
INVENTEUR DU SACRE DES ROIS.
PRÉFACE DE L'ÉDITEUR. 139
§ 1er. Préliminaires du voyageur.--Motifs accidentels
de cette dissertation. 141
§ II. Histoire de Samuel, calculée sur les mœurs
du temps et sur les probabilités naturelles.--Dispositions
morales et politiques des Hébreux au
temps de Samuel. 152
§ III. Enfance de Samuel.--Circonstances de son
éducation.--Son caractère en devient le résultat. 158
§ IV. Caractère essentiel du prêtre en tout pays;
origine et motifs des corporations sacerdotales
chez toute nation. 163
§ V. Manœuvres secrètes en faveur de Samuel.--Quel
a pu en être l'auteur? 167
§ VI. Nouvelle servitude des Hébreux.--Samuel
dans sa retraite prépare leur insurrection et devient
suffète ou juge.--Superstition du temps. 175
§ VII. Le peuple rejette les enfants de Samuel et
le force de nommer un roi.--Samuel exerce la
profession de devin 183
§ VIII. Qu'était-ce que les prophètes et la confrérie
des prophètes chez les anciens Juifs? 192
§ IX. Suite de la conduite astucieuse de Samuel.--Première
installation de Saül à Maspha.--Sa
victoire à Iabès.--Deuxième installation.--Motifs
de Samuel. 201
§ X. Brouillerie et rupture de Samuel avec Saül.--Ses
motifs probables. 214
§ XI. Destitution du roi Saül par le prêtre Samuel. 221
§ XII. Samuel, de sa seule autorité, et sans aucune
participation du peuple, oint le berger David
et le sacre roi en exclusion de Saül 228
§ XIII. Origine de l'onction (à l'huile ou à la
graisse) 237
CONCLUSIONS DE L'ÉDITEUR.--Questions de droit public
sur la cérémonie de l'onction royale 248
NOTES 256
Nouveaux éclaircissements sur les prophètes mentionnés
au § VIII, page 192 270
ÉTAT PHYSIQUE DE LA CORSE 281
PRÉCIS DE L'ÉTAT DE LA CORSE 315
PREMIÈRE LETTRE A M. LE COMTE LANJUINAIS, sur
l'antiquité de l'alphabet phénicien 329
SECONDE LETTRE A M. LE COMTE LANJUINAIS, sur
l'antiquité de l'alphabet phénicien; contenant diverses
questions historiques, proposées comme problèmes
à résoudre 345
LETTRE A M. LE DIRECTEUR DE LA REVUE, sur une nouvelle
traduction d'Hérodote 363
QUESTIONS DE STATISTIQUE, à l'usage des voyageurs 377
_Idem._--------PREMIÈRE SECTION.--État
physique du pays 385
----DEUXIÈME SECTION.--État politique 388
FIN DE LA TABLE.
[Illustration: ISLE DE CORSE]
[Illustration: PORT ET TERRITOIRE D'AJACCIO.]
[Illustration: ETAGE SOUS LA SALLE]
[Illustration: PLAN DE LA SALLE]
[Illustration: COUPE LATÉRALE]
FOOTNOTES:
[1] Les professeurs de cette école, devenue célèbre en peu de mois,
étaient:
MM.
LAGRANGE }
} Mathématiques.
LAPLACE }
HAUY Physique.
MONGE Géométrie descriptive.
DAUBENTON Histoire naturelle.
BERTHOLLET Chimie.
THOUIN Agriculture.
BUACHE }
} Géographie.
MENTELLE }
VOLNEY Histoire.
BERNARDIN-DE-ST.-PIERRE Morale.
SICARD Grammaire.
GARAT Analyse de l'entendement.
LAHARPE Littérature.
[2] Le lecteur observera que les professeurs de l'École Normale
s'étaient imposé la loi de faire leurs leçons sur de simples notes, à la
manière des orateurs. Ces leçons, recueillies à l'instant par des
_écrivains aussi prompts que la parole_, étaient légèrement révisées, et
de suite envoyées à l'impression; mes trois premières sont dans ce cas,
et je n'eus que 15 jours pour m'y préparer.
[3] Ce fut la séance d'ouverture, dans laquelle furent lus tous les
programmes.
[4] Par exemple, analysez le principe fondamental des mouvements actuels
de l'Europe: _Tous les hommes naissent égaux en droits_; qu'est-ce que
cette maxime, sinon le _fait collectif et sommaire_ déduit d'une
multitude de faits particuliers, d'après lesquels, ayant examiné et
compare un à un la totalité, ou du moins une immense multitude
d'individus, et les ayant trouvés munis d'organes et de facultés
semblables, l'on en a conclu, comme dans une _addition_, _le fait
total_, qu'ils _naissent tous égaux en droits_..... Reste à bien définir
qu'est-ce qu'un droit; et cette définition est plus épineuse qu'on ne le
pense généralement.
[5] _Hérodote_, liv. 4, § XLII, traduct. de Larcher.
[6] Suétone, _Vie de César_, § LIV.
[7] La _liberté_, et non la _licence_.
[8] _Voyez_ le 1er chapitre du _Qoran_, verset 1er et suivants.
[9] _Voyez_ le début des _Confessions_ de J.-J. Rousseau; il n'est
peut-être aucun livre où tant d'orgueil ait été rassemblé dans aussi peu
de lignes que dans les dix premières.