considérés comme chefs d'opinions, que si vous attaquez Voltaire devant
ses partisans, ils le défendent sans chaleur, par raisonnement et par
plaisanterie, et vous regardent tout au plus comme un homme de mauvais
goût. Mais si vous attaquez Rousseau devant les siens, vous leur causez
une espèce d'horreur religieuse, et ils vous considèrent comme un
scélérat. Ayant moi-même dans ma jeunesse éprouvé ces impressions,
lorsque j'en ai recherché la cause, il m'a paru que Voltaire, parlant à
l'esprit plutôt qu'au cœur, à la pensée plutôt qu'au sentiment,
n'échauffait l'ame d'aucune passion; et parce qu'il s'occupait plutôt de
combattre l'opinion d'autrui que d'établir la sienne, il produisait
l'habitude du doute plutôt que celle de l'affirmation, ce qui mène à la
tolérance. Rousseau, au contraire, s'adresse au cœur plutôt qu'à
l'esprit, aux affections plutôt qu'au raisonnement; il exalte l'amour de
la vertu et de la vérité (sans les définir), par l'amour des femmes, si
capable de faire illusion; et parce qu'il a une forte persuasion de sa
droiture, il suspecte en autrui d'abord l'opinion, et puis l'intention:
situation d'esprit d'où résulte immédiatement l'aversion quand on est
faible, et l'intolérance persécutrice lorsque l'on est fort. Il est
remarquable que parmi les hommes qui, dans ces derniers temps, ont le
plus déployé ce dernier caractère, le grand nombre était ou se disait
disciples et admirateurs de J.-J. Rousseau.
[11] _Fraternité ou la mort_, c'est-à-dire, _pense comme moi ou je te
tue_; ce qui est littéralement la profession de foi d'un _mahométan_.
[12] L'on sait que Rousseau est mort dans cet état, rendu évident par
ses derniers écrits.
[13] L'amphithéâtre de chimie au jardin des Plantes donnant sur la rue
de Seine.
[14] Ce sujet est si important, que le lecteur ne trouvera pas mauvais
que j'insère ici les résultats de mes observations sur les différentes
salles où je me suis trouvé.
L'objet principal, même unique d'une salle délibérante, est que les
discutants se parlent avec aisance, s'entendent avec clarté; décoration,
construction, règles de l'art, tout doit être subordonné à ce point
final. Pour l'obtenir, il faut:
1º Que les délibérants soient rapprochés les uns des autres, dans le
plus petit espace conciliable avec la salubrité et la commodité; sans
cette condition, ceux qui ont des voix faibles sont dépouillés de fait
de leur droit de voter, et il s'établit une _aristocratie_ de _poumons_,
qui n'est pas l'une des moins dangereuses;
2º Que les délibérants siégent dans l'ordre le plus propre à mettre en
évidence tous leurs mouvemens; car, sans respect public, il n'y a point
de dignité individuelle; ces deux premières conditions établissent la
forme circulaire et amphithéâtrale;
3º Que les rangs des délibérants forment une masse continue, sans
division matérielle qui en fasse des quartiers distincts; car ces
divisions matérielles favorisent et même fomentent des divisions morales
de parti et de faction;
4º Que le parquet de la salle soit interdit à toute autre personne
qu'aux secrétaires et aux huissiers; rien ne trouble plus la
délibération, que d'aller et venir dans ce parquet;
5º Que les issues d'entrée et de sortie soient nombreuses, indépendantes
les unes des autres, de manière que la salle puisse s'évacuer ou se
remplir rapidement et sans confusion;
6º Que l'auditoire soit placé de manière à ne gêner en rien les
délibérants.
Comme cette dernière condition pourrait sembler un problème, voici le
plan que j'ai calculé sur ces diverses données, et qu'il n'appartient
qu'à des architectes de rectifier dans l'exécution.
Je trace une salle en fer à cheval, ou formant un peu plus que le
demi-cercle; je lui donne une aire suffisante à placer cinq cents
délibérants au plus; car des assemblées plus nombreuses sont des
_cohues_, et peut-être trois cents sont-ils un nombre préférable.
J'élève cinq ou six rangs de gradins en amphithéâtre dont le rayon est
de trente-six à quarante pieds au plus: dans chacun de ces rangs, je
pratique une foule d'issues dites _vomitoires_, pour entrer et sortir.
Autour du parquet, règne une balustrade qui l'interdit au dernier
gradin. A l'un des bouts du demi-cercle, et hors des rangs, est le siége
du président; derrière lui, hors du cercle, est un appartement à son
usage, par où il entre et sort: devant lui sont les secrétaires; à
l'autre bout en face, aussi hors des rangs, est la tribune de lecture,
destinée seulement à lire les lois et les rapports; chaque membre devant
parler sans quitter sa place: cette tribune et le siége du président n
l'amphithéâtre. Au-dessus des rangs, en retraite dans le mur, sont des
tribunes où siégent les preneurs de notes, dits journalistes, qui, dans
un gouvernement républicain me paraissant des magistrats très-influants,
sont élus partie par le peuple, partie par le gouvernement: enfin,
j'admets quelques tribunes grillées pour les ambassadeurs et pour divers
magistrats.
La voûte de cette salle est non pas ronde, mais aplatie et calculée pour
des effets suffisants d'audition: nombre de châssis y sont pratiqués
pour rafraîchir l'air de la salle, et pour y jeter de la lumière. Aucune
fenêtre latérale, aucune colonne ne rompt l'unité de l'enceinte. S'il y
a trop d'écho, l'on tend des draperies. Le long des murs sont des
thermomètres pour mesurer et tenir à un même degré la chaleur des poêles
souterrains en hiver, et des conduits d'air en été; cette partie est
sous l'inspection de trois médecins; car la santé des délibérants est un
des éléments des bonnes lois.
Jusqu'ici l'on ne voit point d'auditoire, et cependant j'en veux un avec
la condition commode de le faire plus ou moins nombreux, selon qu'on le
voudra: pour cet effet j'adapte à l'ouverture du demi-cercle ci-dessus,
un autre demi-cercle plus petit, ou plus grand, ou égal, qui représente
une salle de spectacle sans galeries. Les délibérants se trouvent à son
égard comme dans un théâtre élevé qui domine d'assez haut le parterre.
Ces deux salles sont séparées par un passage et une balustrade, presque
comme l'orchestre, pour s'opposer, au besoin, à tout mouvement. L'on
entre par ce passage pour se présenter à la barre située entre le
président et la tribune de lecture: enfin, une cloison latérale mobile
vient, dans les cas de délibération secrète, isoler en un clin d'œil
les délibérants, sans déplacer la masse des spectateurs. Il y a tout
lieue se regardent pas, mais sont un peu tournés vis-à-vis le fond de
croire qu'un tel édifice ne coûterait pas 100,000 francs, parce qu'il
exclut toute espèce de luxe; mais dût-il coûter le double, sa
construction est la chose la plus praticable, même dans nos
circonstances; car sans toucher au trésor public, une souscription de 12
à 15 fr. par mois, de la part de chaque membre des Conseils, remplirait
l'objet qu'ils désirent également, sans être une charge onéreuse sur
leur traitement.
[15] Ainsi encore les détails des négociations, de qui dépendent les
grands événements de la paix et de la guerre, sont de tous les faits
historiques les plus instructifs, puisque l'on y voit à nu tout le jeu
des intrigues et des passions; et ces faits seront toujours les moins
connus, parce qu'il n'est peut-être aucun de leurs agents qui osât en
rendre un compte exact, pour son propre honneur ou son intérêt.
[16] Et en général, toute l'histoire n'est-elle pas les faits tels que
les a vus le narrateur, et n'est-ce pas le cas d'appliquer ce mot de
Fontenelle: _L'histoire est le roman de l'esprit humain, et les romans
sont l'histoire du cœur_?
[17] Lorsque j'écrivais ceci, en ventôse de l'an 3, je venais de
traverser la France depuis Nice, et j'avais vu très-fréquemment les
enfants lanternant les chats, guillotinant les volailles et imitant les
tribunaux révolutionnaires.
[18] Ces paroles manquent dans l'édition in-12, qui est pleine de
fautes.
[19] Avant thermidor de l'an 2.
[20] Les prêtres l'ont si bien senti, que, par une contradiction digne
de leur système, ils ont toujours interdit à la jeunesse, et en général
au peuple, la lecture des _Bibles_ pleines de récits grossiers et
atroces, _et pourtant dictés par le Saint-Esprit_.
[21] C'est le _gouz_ oriental, dont le _g_ représente notre _r_
grasseyé.
[22] Wednesday chez les Anglais.
[23] Voyez le _Common Sense_, par Thomas Payne.
[24] C'est-à-dire _directrice_ et _conductrice_, qui sont les sens du
mot _norma_.
[25] Voyez l'Histoire de 1793.
[26] La totalité des pays désignés sous le nom de _Grèce_ contient
environ 3,850 lieues carrées; de ce nombre 1,100 composent la Macédoine
qui, selon Strabon, contenait, au temps d'Alexandre, c'est-à-dire au
plus haut degré de prospérité, 1,000,000 de têtes; c'est un peu moins de
1,000 ames par lieue carrée, et cette proportion est en effet celle des
pays les plus peuplés: je l'applique à toute la Grèce, afin de n'avoir
pas de contestation avec les adorateurs de l'antiquité; elle est
d'ailleurs le cas le plus favorable des portions de la Grèce moderne;
car, d'après des recherches faites avec beaucoup de soin et
d'intelligence, par Félix, consul de Salonique, la Macédoine actuelle
n'a que 700,000 ames, ce qui donne en moins trois dixièmes; la Morée
n'en a que 300,000 pour 700 lieues carrées; l'Attique 20,000, et toute
la Grèce réunie pas 2,000,000, ce qui ne donne que 500 ames par lieue
carrée, et ce terme est plus fort que l'Espagne.
[27] Maintenant que j'ai vu les sauvages d'Amérique, je persiste de plus
en plus dans cette comparaison, et je trouve que le premier livre de
Thucydide, et tout ce qu'il dit des mœurs des Lacédémoniens,
conviennent tellement aux _cinq nations_, que j'appellerais volontiers
les Spartiates, les _Iroquois_ de l'ancien monde.
[28] Lorsque je songe que l'église dite Sainte-Geneviève, aujourd'hui le
Panthéon, a coûté plus de 30 millions; que Saint-Sulpice, et vingt
autres églises dans Paris en ont coûté depuis cinq jusqu'à dix; qu'il
n'est pas de ville de 10,000 ames en France qui n'ait pour 1,000,000 en
construction d'églises, pas de paroisse qui n'en ait pour 60 à 80,000
francs, je suis porté à croire que la France a employé dix milliards à
entasser de petits monceaux de pierres sans utilité; c'est-à-dire,
quatre ans de son revenu actuel, et plus du double de son revenu au
temps des constructions: et voilà la sagesse des peuples et des
gouvernements!
[29] Il existait chez l'ancien intendant des bâtiments (d'Angivilliers),
un volume manuscrit superbement relié, qui était le registre des frais
de la construction de Versailles, et dont le résumé au dernier feuillet,
était de 1,400,000,000 de livres tournois: mais l'argent était à 16
francs le marc, il est de nos jours à 52 francs.
[30] Par la main de Charlotte Corday: cependant il est vrai que chez les
Juifs _l'assassinat des tyrans_ fut inspiré et protégé par l'_Esprit
saint_; que chez les chrétiens il a été enseigné et recommandé par
_saint Thomas d'Aquin_, et par les jésuites, qui l'ont pratiqué sur des
princes qui n'étaient pas tyrans... Aujourd'hui, que deux empereurs
effrayés de cette doctrine en d'autres mains veulent rétablir l'ordre
des jésuites, il pourra se faire, s'ils y réussissent, qu'ils aient un
jour plus de peine à se débarrasser de ces _bons pères_, que n'en ont eu
les rois de France, d'Espagne et de Portugal; car ils n'auront plus à
leur secours Voltaire, Helvétius, d'Alembert, et tant d'autres
philosophes anti-fanatiques, haïs maintenant par les rois, quoique
_Frédéric II_ fût de leur nombre.
[31] L'auteur, après dix mois de détention (jusqu'au 6 fructidor an 2),
se trouvait exilé de Paris, par le décret contre les détenus, lorsqu'il
reçut à Nice, au mois de frimaire, sa nomination inopinée à l'une des
places de professeur, et l'invitation du comité d'instruction publique
de venir sur-le-champ la remplir.
[32] En ce moment tout Paris, grace à l'art de M. _Prévost_, voit ou
peut voir Jérusalem aussi bien que notre voyageur: l'illusion du
Panorama est complète, mais elle détruit celles de l'imagination; chacun
se dit: _Quoi! c'est là Jérusalem!_ Les réflexions de notre auteur n'en
seront que mieux appréciées. Il est fâcheux que la vérité du tableau de
M. Prévost soit gâtée par une notice triviale, pleine d'erreurs
populaires et de contes de _pèlerins_.
[33] Au temps d'Alexandre, la ville de Tyr, selon les Grecs, avait
46,000 habitants, entassés dans des maisons à _quatre étages_,
construction rare chez les anciens.
[34] Courtier.
[35] Dans l'_Itinéraire à Jérusalem_, tome II, le poétique auteur cite,
page 129, le village de Saint-Jérémie comme étant la patrie du prophète
de ce nom, et il reconnaît que cette tradition est fausse, puisque la
Bible établit _Anatot_.
Page 123, _selon les habitants_, tous les monuments du pays seraient dus
à sainte Hélène, et il convient que cela n'est pas vrai....., etc.
L'auteur eût pu en citer bien d'autres exemples, mais ce n'était ni son
intention ni son but.
[36] La circoncision.
[37] C'était aussi le nom des deux _consuls_ de Kartage, dont le peuple,
né phénicien, parlait un langage tout-à-fait analogue à l'hébreu.
[38] _Samuel_ ou _Rois_, liv. I, chap. I.
[39] Ce nom est le même que l'arabe _Ali_, lettre pour lettre. Le latin
a introduit l'_h_ pour exprimer l'_ain_.
[40] Le texte emploie ce mot, quoiqu'il n'y eût point encore de _temple_
comme celui de Salomon: c'était ou ce dut être un bâtiment provisoire,
assez simple, comme le furent les premiers temples chez les anciens.
[41] Beaucoup d'ouvrages critiques et philosophiques ont été composés
sur l'origine, le droit, le mérite ou l'abus de la royauté; sur les
vexations, les vices, les scandales des rois: n'est-il pas singulier que
l'on en ait si peu composé de tels sur l'origine, le droit, l'abus de la
prêtrise, sur les vices, les scandales des prêtres? Pourquoi cela, quand
le sujet est si riche?--Parce qu'en tout pays, la plupart des écrivains
ont été de la caste des prêtres.
[42] _Voyez_ la note à la fin, nº 1er.
[43] Les Hébreux s'étaient éclairés par quelques progrès de
civilisation.--_Voyez_ une note relative, à la fin de cette histoire.
[44] L'auteur des _Paralipomènes_ (présumé être le prêtre Ezdras) nous
dit positivement, liv. 1, chap. 29, v. 29: «Toutes les actions du roi
David, tant les premières que les dernières, sont écrites dans le livre
du prophète _Samuel_, dans celui du prophète _Nathan_ et dans celui du
prophète _Gad_.»
[45] De nos jours, c'est encore le même usage chez les Druzes et leurs
voisins du Kasraouan. Des hommes se placent le soir sur les hauteurs, et
se transmettent de l'un à l'autre un cri, qui, en moins de deux heures,
est répandu dans tout le pays.
[46] L'ancien et indélébile usage de ces pays, l'usage de tous les
peuples arabes, est, comme l'on sait, de ne jamais se présenter devant
quelqu'un sans lui offrir un cadeau quelconque: ici le quart de _sicle_
est connu pour avoir pesé 21 grains d'argent fin, valant un peu moins de
5 sous de France; mais à cette époque, l'argent plus rare pouvait valoir
dix fois plus qu'aujourd'hui; ce quart a pu représenter en _denrées_ 40
de nos sous.
[47] Païens, _pagani_, gens du village, paysans.
[48] Et les illuminés de l'Allemagne et du Nord, l'auteur les
oublie-t-il? _Voyez_ la note nº 3, à la fin de cette histoire.
[49] Tout récemment M. Clavier, dans son livre des Oracles.
[50] L'épaule et le bras étaient l'emblème et même l'expression de la
force active et du pouvoir.
[51] Le mot hébreu _habl_ signifie positivement un _câble_; un _cordon_,
une _chaîne_.
[52] Et nous autres Français, ne le voyons-nous pas aujourd'hui dans les
prédications des comédiens missionnaires qui parcourent les villes et
les campagnes de nos provinces du Midi, où ils exploitent la sottise
populaire avec tous les raffinements d'escamotage et de pantomime qu'a
inventés l'Italie? Nos pères, dans le siècle dernier, ne l'ont-ils pas
vu dans les scènes extravagantes, devenues si célèbres, des miracles
opérés au faubourg Saint-Marcel par les sectateurs du diacre Pâris,
etc.?
[53] Ce mot est équivoque; est-ce des prophètes, est-ce de Kis et de
Saül dont on demande cela? Si c'est de Kis et de Saül, cela voudra dire:
sont-ils _lévites_? Si c'est des prophètes, cela voudra dire,
qu'eux-mêmes n'y avaient pas plus de droit par naissance que Saül, et
que la confrérie était formée de gens de toutes classes. Ce dernier sens
nous paraît le véritable; autrement cette phrase ne serait que la
répétition de la précédente.
[54] Comme les rois de France de la première race.
[55] _Composé_ du radical _scafat_, il a jugé, il a _rendu sentence_.
[56] Dans l'hébreu, il n'y a pas deux mots divers pour _esclave_ et
_serviteur_, c'est toujours _abd_.
[57] Il ne faut pas s'y méprendre: c'est ici la véritable _royauté
patriarcale_ des _anciens_ temps; chez les peuples de race arabe, le
père de famille a toujours eu et a encore le droit de _vie_ et de _mort_
dans sa maison; ses enfants, ses femmes sont à sa discrétion. Voyez
comme Abraham se dispose à égorger son fils sans aucun obstacle humain,
et comme il force tout son monde, plus de 300 mâles, esclaves ou libres,
à se faire la douloureuse amputation du prépuce. On ne remarque point
assez que le _despotisme oriental_ a ses bases dans le despotisme
_domestique_ qui tire son origine de l'état _sauvage primitif_.
[58] L'historien Justin remarque qu'à une époque qui dut être 11 ou
1,200 ans avant notre ère, les Philistins s'étaient emparés de Sidon, et
que ce fut à cette occasion que des émigrés de cette ville bâtirent la
ville de Tyr.
[59] Lorsque Saül retourne de la maison de Samuel chez son père, il est
dit qu'il doit trouver sur sa route un corps-de-garde philistin, et la
ligne de cette route est tout-à-fait dans l'intérieur du pays.
[60] Mot impropre: on ne fait jamais ici mention de cavaliers, tout est
piéton.
[61] Le manuscrit alexandrin porte seulement _dix mille_ de l'un, _dix
mille_ de l'autre, ce qui est le seul raisonnable.
[62] _Voyez_ la note 4, à la fin de cette histoire.
[63] Ce mot est remarquable: _votre Dieu_! il y avait donc chez les
Hébreux d'autres dieux accrédités et _vivant au pair_ du dieu _Jehowh_.
[64] Tous les textes et anciens interprètes sont d'accord sur ce point:
la Vulgate latine dit: _In frusta concidit_; le grec dit: _Jugulavit_;
le syriaque et l'arabe portent: _Coupa en morceaux_. Le seul anglais
_Walton_, auteur de la Polyglotte, a pris sur lui de traduire par _fit
couper_, le mot hébreu qui ne pourrait avoir ce sens que par une _forme_
arabe qui n'a pas lieu en hébreu: _Samuel coupa de ses propres mains_.
[65] Meuble du pays, encore à ce jour où le verre est si commun: il
était très-rare alors.
[66] _Shalam bouâk_.... la paix sur votre arrivée.
[67] _Voyez_ la note nº 5, à la fin de cette histoire.
[68] _Voyez_ la note nº 3, à la fin de cette histoire.
[69] Le texte n'est pas clair à ce sujet, le mot hébreu _shamn_,
signifiant _toute_ matière _grasse, onctueuse, huileuse_; et le mot
_samn_, dans l'arabe, restant affecté au _beurre fondu_.
[70] _Voyez_ la note nº 6, à la fin de cette histoire.
[71] Qu'est-ce que _croire_? je le demande au plus habile métaphysicien;
n'est-ce pas _voir comme existant_ ce qu'on nous dit exister? Mais ce
tableau que l'on _voit_ ou que l'on se figure _voir_, peut n'exister que
dans notre _cerveau_: par exemple, d'anciens savants ont cru que le ciel
était une voûte de cristal: il est clair que ce cristal, que cette voûte
n'existaient que dans _leur cerveau_ où ils la voyaient, et non dans le
firmament. Toute la question des croyances est là. _Voir dans son
cerveau_: cela ne dérange rien dans la nature. Josué ou son historien
a-t-il vu autrement le soleil s'arrêter? Répondez-moi, biblistes.
(_Note de l'éditeur._)
[72] C'est encore par ce mécanisme, que l'on voit souvent dans la
vieillesse reparaître les impressions de l'enfance, qui avaient dormi
pendant tout l'âge mûr. Par exemple, le physicien Brisson, élevé dans le
patois poitevin, l'avait perdu de vue dans sa très-longue résidence à
Paris..... Devenu vieux, il eut une attaque d'apoplexie, qui, en lui
laissant d'ailleurs ses facultés physiques, effaça toutes ses idées et
connaissances acquises par l'étude, même le souvenir de la langue
française: mais les impressions premières du _patois_ de l'enfance
reparurent et continuèrent jusqu'à sa mort, arrivée quelques mois après.
Dans l'âge mûr, notre raison _tendue_, repousse avec mépris les
_loups-garous_ et les _esprits-revenants_. Dans la vieillesse, nos nerfs
retombés dans l'état de végétation purement animale, reprennent les
_terreurs_ de l'enfance: que d'exemples dans ce fameux siècle de Louis
XIV, riche en arts d'imagination, pauvre en sciences exactes et
physiques!
(_Note de l'éditeur._)
[73] Liv. II de _Samuel_ ou des _Rois_, chap. v.
[74] Un volume in-8º, publié en 1809, à Paris, par Joseph-Eugène
Beauvoisins, chef d'escadron, et juge militaire au tribunal spécial de
Naples.
[75] On trouvera, dans le tableau suivant, les principaux sommets de
cette chaîne avec leurs positions géographiques, leurs hauteurs
au-dessus du niveau de la mer, et leurs distances du rivage le plus
près.
____________________________________________________________________________
Noms des sommets. |Latitude.|Longitude | Hauteur |Distance |Indication
| |prise | au-dessus |du rivage| du
| |du méridien| du niveau |le plus | rivage.
| |de Paris. | de la mer.| près. |
_____________________|_________|___________|___________|_________|__________
| ° ' " | ° ' " | to. | to. |
Monte-Stello au cap | | | | |
Corse | 42 47 21| 7 04 26 | 710 | 2500 | Est.
Monte-Asto | 42 34 56| 6 51 57 | 719 | 6300 | Nord.
Monte-Grosso | 42 30 08| 6 34 41 | 954 | 6400 | Ouest.
Monte-Paglia-Orba | 42 20 34| 6 32 08 | 1360 | 8800 | Ouest.
Monte-Rotondo | 42 13 00| 6 42 55 | 1418 |15700 | Ouest.
Monte-Renoso | 42 03 37| 6 47 30 | 1158 |13300 | Est.
Punta la Cappella | 41 59 49| 6 52 29 | 1051 | 8600 | Est.
Monte-l'Inardine du | | | | |
Coscione | 41 51 01| 6 51 58 | 1055 | 8100 | Est.
Punta della Calva | 41 43 16| 6 53 01 | 803 | 6400 | Est.
Punta d'Ovace, | | | | |
sommet le | | | | |
plus élevé des
montagnes de Cagna | 41 34 59| 6 44 26 | 766 | 6000 | Sud.
Monte-Sant'Angelo de | | | | |
Casinca | 42 27 52| 7 03 53 | 573 | 5300 | Est.
Monte-San-Pietro | 42 23 51| 6 59 » | 851 | 8700 | Est.
_____________________|_________|___________|___________|_________|__________
[76] C'est cette double question d'action et de réaction réciproque que
l'auteur se proposait d'examiner dans les chapitres qui devaient suivre
celui qu'on vient de lire;--la mort l'a surpris au milieu de son
travail; et c'est d'autant plus à regretter, que nous sommes encore à
attendre un bon ouvrage sur la Corse.
M. de Volney écrivait peu; il se contentait de prendre quelques notes en
forme d'argument et comme pour se prémunir contre les infidélités de sa
mémoire.--Un ouvrage était tout entier dans sa tête avant qu'il en jetât
les premières lignes sur le papier; et lors qu'il commençait à écrire,
il le faisait avec tant d'ordre et de suite, qu'on aurait cru qu'il
copiait.--Il était rare qu'il changeât quelque chose à cette rédaction
unique, qu'il se contentait de faire recopier par son secrétaire.
Nous sommes réduits à déplorer cette force de tête et cette facilité de
rédaction, puisqu'elles nous privent de plusieurs ouvrages entièrement
terminés, que M. de Volney se disposait _à écrire_, lorsqu'il fut
enlevé, en peu de jours, à ses amis et à ses concitoyens.
(_Note des éditeurs._)
[77] Je n'ai pu me procurer cet article que par approximation.
[78] _Id._
[79] _Id._
[80] Oui, Paoli a encore en ce moment des gardes, et est généralement
traité d'excellence.
_Note de l'auteur. Mars 1793._
[81] Les sociétés populaires de Marseille et de Toulon, qui ont dénoncé
Paoli, doivent bien remarquer cette circonstance, afin de ne pas prendre
le change sur les auteurs des troubles de la Corse.
(_Note de l'auteur. Mars 1793._)
[82] _Voyez_ le livre de Dupuis, _table des matières_, au mot _Cadmus_,
où sont les renvois appropriés à chacun des deux formats, l'in-4º. et
l'in-8º.
[83] Nos poètes ne célèbrent-ils pas encore le belier, qui est hors de
signe depuis plus de 2,200 ans?
[84] Le ſ représente la lettre _schin_.
[85] _Voyez_ Dupuis, tome III, in-4º, page 40.
[86] Ici, comme en tant d'autres passages, aucune traduction n'a été
fidèle.
[87] _Voyez_ Hérod., lib. II.
[88] _Voyez_ Dupuis, in-4º, tome. 3, page 40.
[89] Il a plu à nos modernes faiseurs de planisphères de placer le
_taureau_ et le _belier_ tête contre tête. Le fait est précisément
l'opposé chez les anciens qui placent ces deux figures dos à dos.
Cependant, comme aucun de leurs atlas n'a été fait plus de 400 ans avant
notre ère, j'ai des raisons de croire que jadis la tête du belier fut où
ils ont placé sa queue.
[90] _Geogr._, lib. I, page 41 et 42; édition de Casaubon.
[91] Ce que les Allemands appellent langue _semitique_, quoique _Kanàan_
et _Kush_ en fassent partie.
[92] Voyez _Supplément à l'Hérodote_ de Larcher; 80 pages, in-8º, 1808.
_Chronologie d'Hérodote_. 1 vol. in-8º, 1809.