L'importance immense d'un état réglé des finances et d'une telle
administration de la dette publique qui donnerait la garantie si
désirable pour le crédit financier du gouvernement, et contribuerait
essentiellement à augmenter ses ressources et à assurer son
indépendance, paraît rendre indispensable un établissement central dans
la capitale, chargé, comme Cour suprême des comptes, du contrôle de la
comptabilité du service annuel dans chaque branche de l'administration
civile et militaire, et de la surveillance de la dette publique avec les
attributions correspondantes au but grand et salutaire qu'on se
propose d'atteindre.--Plus une telle institution portera le caractère
d'indépendance et l'empreinte de l'union intime du gouvernement et du
pays, plus elle répondra aux intentions bienfaisantes du souverain et à
l'attente générale.
Il paraît que, pour atteindre ce but, des personnes devraient y siéger
choisies parmi les conseils locaux et formant, avec des conseillers du
gouvernement, une _junte_ ou consulte administrative. Une telle junte
formerait ou non partie d'un conseil d'État, dont les membres seraient
nommés par le souverain parmi les notabilités de naissance, de fortune
et de talent du pays.
Sans un ou plusieurs établissements centraux de cette nature, intimement
liés aux notabilités d'un pays si riche en éléments aristocratiques et
conservateurs, il paraît que la nature d'un gouvernement électif ôterait
nécessairement, aux améliorations qui formeront la gloire éternelle du
Pontife régnant, cette stabilité dont le besoin est généralement et
puissamment senti, et le sera d'autant plus vivement que les bienfaits
du Pontife seront grands et précieux.
Rome, 21 mai 1831.