IV

L'importance immense d'un état réglé des finances et d'une telle

administration de la dette publique qui donnerait la garantie si

désirable pour le crédit financier du gouvernement, et contribuerait

essentiellement à augmenter ses ressources et à assurer son

indépendance, paraît rendre indispensable un établissement central dans

la capitale, chargé, comme Cour suprême des comptes, du contrôle de la

comptabilité du service annuel dans chaque branche de l'administration

civile et militaire, et de la surveillance de la dette publique avec les

attributions correspondantes au but grand et salutaire qu'on se

propose d'atteindre.--Plus une telle institution portera le caractère

d'indépendance et l'empreinte de l'union intime du gouvernement et du

pays, plus elle répondra aux intentions bienfaisantes du souverain et à

l'attente générale.

Il paraît que, pour atteindre ce but, des personnes devraient y siéger

choisies parmi les conseils locaux et formant, avec des conseillers du

gouvernement, une _junte_ ou consulte administrative. Une telle junte

formerait ou non partie d'un conseil d'État, dont les membres seraient

nommés par le souverain parmi les notabilités de naissance, de fortune

et de talent du pays.

Sans un ou plusieurs établissements centraux de cette nature, intimement

liés aux notabilités d'un pays si riche en éléments aristocratiques et

conservateurs, il paraît que la nature d'un gouvernement électif ôterait

nécessairement, aux améliorations qui formeront la gloire éternelle du

Pontife régnant, cette stabilité dont le besoin est généralement et

puissamment senti, et le sera d'autant plus vivement que les bienfaits

du Pontife seront grands et précieux.

Rome, 21 mai 1831.

Mémoires pour servir à l'Histoire de mon temps (Tome 2) · 第 32 / 53 题