2009 > INDISCRIPTS, LABORATOIRE DE SCRIPTS INDESIGN

[Résumé]

Marc Autret, infographiste, a derrière lui dix ans de journalisme

multi-tâches et de formation en ligne dans les domaines de l’édition,

du multimédia et du droit d’auteur. Il explique en décembre 2006: «Je

suis un "artisan" de l’information et je travaille essentiellement avec

des éditeurs. Ils sont tellement en retard, tellement étrangers à la

révolution numérique, que j’ai du pain sur la planche pour pas mal

d’années. Aujourd’hui je me concentre sur le conseil, l’infographie, la

typographie, le pré-presse et le webdesign, mais je sens que la part du

logiciel va grandir. Des secteurs comme l’animation 3D,

l’automatisation des tâches de production, l’intégration multi-

supports, la base de données et toutes les technologies issues de XML

[eXtensible Markup Language] vont s’ouvrir naturellement. Les éditeurs

ont besoin de ces outils, soit pour mieux produire, soit pour mieux

communiquer. C’est là que je vois l’évolution, ou plutôt

l’intensification, de mon travail.» En mai 2009, Marc crée le site

Indiscripts, laboratoire de scripts InDesign.

***

Marc Autret, infographiste, a derrière lui dix ans de journalisme

multi-tâches et de formation en ligne dans les domaines de l’édition,

du multimédia et du droit d’auteur. Il explique en décembre 2006:

«C’est un "socle" irremplaçable pour mes activités d’aujourd’hui, qui

en sont le prolongement technique. Je suis un "artisan" de

l’information et je travaille essentiellement avec des éditeurs. Ils

sont tellement en retard, tellement étrangers à la révolution

numérique, que j’ai du pain sur la planche pour pas mal d’années.

Aujourd’hui je me concentre sur le conseil, l’infographie, la

typographie, le pré-presse et le webdesign, mais je sens que la part du

logiciel va grandir. Des secteurs comme l’animation 3D,

l’automatisation des tâches de production, l’intégration multi-

supports, la base de données et toutes les technologies issues de XML

[eXtensible Markup Language] vont s’ouvrir naturellement. Les éditeurs

ont besoin de ces outils, soit pour mieux produire, soit pour mieux

communiquer. C’est là que je vois l’évolution, ou plutôt

l’intensification, de mon travail.»

Comment Marc voit-il l'avenir de l'ebook? «Sans vouloir faire dans la

divination, je suis convaincu que l’e-book (ou "ebook": impossible de

trancher!) a un grand avenir dans tous les secteurs de la non-fiction.

Je parle ici de livre numérique en termes de "logiciel", pas en terme

de support physique dédié (les conjectures étant plus incertaines sur

ce dernier point). Les éditeurs de guides, d’encyclopédies et

d’ouvrages informatifs en général considèrent encore l’e-book comme une

déclinaison très secondaire du livre imprimé, sans doute parce que le

modèle commercial et la sécurité de cette exploitation ne leur semblent

pas tout à fait stabilisés aujourd’hui. Mais c’est une question de

temps. Les e-books non commerciaux émergent déjà un peu partout et

opèrent d’une certaine façon un défrichage des possibles. Il y a au

moins deux axes qui émergent: (a) une interface de lecture/consultation

de plus en plus attractive et fonctionnelle (navigation, recherche,

restructuration à la volée, annotations de l’utilisateur, quizz

interactif, etc.); (b) une intégration multimédia (vidéo, son,

infographie animée, base de données, etc.) désormais fortement couplée

au web. Aucun livre physique n’offre de telles fonctionnalités.

J’imagine donc l’e-book de demain comme une sorte de wiki cristallisé,

empaqueté dans un format. Quelle sera alors sa valeur propre? Celle

d’un livre: l’unité et la qualité du travail éditorial!»

Marc lance en mai 2009 son site Indiscripts, qui est «un laboratoire de

scripts InDesign. On y explore l'automatisation de mise en page, les

techniques de scripting et le développement de plugins dans le contexte

d'Adobe InDesign. Plus largement, notre ambition est d'illustrer les

possibilités offertes par le langage JavaScript au sein des

applications Adobe et d'informer utilement les créateurs de scripts.»

Marc réalise de beaux livres interactifs au format PDF. Quel est son

sentiment sur la «concurrence» entre les formats PDF et EPUB? Il

répond en juin 2011: «Je déplore que l'émergence de l'EPUB ait provoqué

l'anéantissement pur et simple du PDF comme format de livre numérique.

Le fait que les éléments d'interactivité disponibles au sein du PDF ne

soient pas supportés par les plateformes nomades actuelles a aboli

toute possibilité d'expérimentation dans cette voie, qui m'apparaissait

extrêmement prometteuse. Alors que l'édition imprimée fait la place à

des objets de nature très différentes, entre le livre d'art de très

haute facture et le livre "tout terrain", le marché de l'ebook s'est

développé d'emblée sur un mode totalitaire et ségrégationniste,

comparable en cela à une guerre de systèmes d'exploitation plutôt qu'à

une émulation technique et culturelle. De fait, il existe fort peu de

livres numériques PDF tirant parti des possibilités de ce format.

Dans l'inconscient collectif, le PDF reste une sorte de duplicata

statique de l'ouvrage imprimé et personne ne veut lui voir d'autre

destin. L'EPUB, qui n'est rien d'autre qu'une combinaison XHTML/CSS

(certes avec des perspectives JavaScript), consiste à mettre le livre

numérique "au pas" du Web. C'est une technologie très favorable aux

contenus structurés, mais très défavorable à l'artisanat typographique.

Elle introduit une vision étroite de l'oeuvre numérique, réduite à un

flux d'information. On ne le mesure pas encore, mais la pire

catastrophe culturelle de ces dernières décennies est l'avènement du

XML, ce langage qui précalibre et contamine notre façon de penser les

hiérarchies. Le XML et ses avatars achèvent de nous enfermer dans les

invariants culturels occidentaux.»

L'ebook a 40 ans (1971-2011) · 第 64 / 66 题