[Résumé]
Projet commun du Centre national de la recherche scientifique (CNRS,
France) et de l'Université de Chicago (Illinois, États-Unis), le Projet
ARTFL (American and French Research on the Treasury of the French
Language) met en ligne en 1998 la base de données du premier volume
(1751) de l'Encyclopédie de Diderot. Cette mise en ligne expérimentale
est le prélude à une base de données exhaustive comprenant
l'Encyclopédie (1751-1772) dans son entier, à savoir 17 volumes de
texte et 11 volumes de planches. Destinée à rassembler puis divulguer
les connaissances de l'époque, l'Encyclopédie porte la marque des
courants intellectuels et sociaux du Siècle des Lumières. C'est grâce à
elle que se propagent les idées nouvelles qui inspireront la Révolution
française de 1789. L’ARTFL travaille également à d’autres projets, par
exemple à une base de données exhaustive du «Dictionnaire de l’Académie
française», dont les différentes éditions s’échelonnent entre 1694 et
1935.
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En 1998, le Projet ARTFL met en ligne la base de données du premier
volume (1751) de l'Encyclopédie de Diderot.
Cette mise en ligne expérimentale est le prélude à une base de données
exhaustive comprenant l'Encyclopédie dans son entier, à savoir 17
volumes de texte et 11 volumes de planches.
L’ARTFL (American and French Research on the Treasury of the French
Language) est un projet commun du CNRS (Centre national de la recherche
scientifique) en France et de l'Université de Chicago dans l’Illinois
(États-Unis).
Monumental ouvrage de référence pour les arts et les sciences, la
première édition (1751-1772) de l'«Encyclopédie ou Dictionnaire
raisonné des sciences, des métiers et des arts» de Diderot et
d'Alembert comprend 72.000 articles rédigés par 140 collaborateurs,
dont Voltaire, Rousseau, d'Alembert, Marmontel, d'Holbach, Turgot, etc.
Destinée à rassembler puis divulguer les connaissances de l'époque,
l'Encyclopédie porte la marque des courants intellectuels et sociaux du
Siècle des Lumières. C'est grâce à elle que se propagent les idées
nouvelles qui inspireront la Révolution française de 1789. Les 17
volumes de texte représentent 18.000 pages et 21,7 millions de mots.
Les 11 volumes de planches présentent des planches techniques de telle
qualité que certaines font toujours référence en 2011.
Dans l’Encyclopédie, Diderot explique lui-même que «le but d’une
encyclopédie est de rassembler les connaissances éparses sur la surface
de la terre, d’en exposer le système général aux hommes avec qui nous
vivons et de le transmettre aux hommes qui viendront après nous, afin
(…) que nos neveux, devenant plus instruits, deviennent en même temps
plus vertueux et plus heureux, et que ne mourions pas sans avoir bien
mérité du genre humain.» Un beau texte qui figure aussi sur le mur de
l’Allée de l’Encyclopédie, l’une des grandes artères de la Bibliothèque
nationale de France (BnF).
La base de données correspondant au premier volume est accessible en
ligne à titre expérimental en 1998. La recherche est possible par mot,
portion de texte, auteur ou catégorie, ou en combinant ces critères
entre eux. On dispose de renvois d'un article à l'autre par le biais de
liens hypertextes permettant d'aller d'une planche au texte ou du texte
au fac-similé des pages originales.
L'automatisation complète des procédures de saisie entraîne des erreurs
typographiques et des erreurs d'identification qui sont corrigées au
fil des mois. La recherche d'images est également possible dans un
deuxième temps.
L'ARTFL travaille également à une base de données exhaustive du
«Dictionnaire de l'Académie française», dont les différentes éditions
s’échelonnent entre 1694 et 1935. La première édition (1694) et la
cinquième édition (1798) du dictionnaire sont les premières à être
disponibles en ligne, avec possibilité de recherche par mot puis par
portion de texte. Les différentes éditions sont ensuite combinées dans
une base de données unique, qui permet de juger de l'évolution d'un
terme en consultant aussi bien une édition donnée que l'ensemble des
éditions.
D’autres projets de l'ARTFL concernent par exemple le «Dictionnaire
historique et critique» de Philippe Bayle dans son édition de 1740, le
«Roget's Thesaurus» de 1911, le «Webster's Revised Unabridged
Dictionary» de 1913, le «Thresor de la langue française» de Jean Nicot
imprimé en 1606, ou encore un projet biblique multilingue comprenant
entre autres «La Bible française» de Louis Segond, publiée en 1910. Il
s’agit là encore de bases de données avec moteur de recherche. La
technologie au service de la littérature, donc.