1998 > DES LIVRES NUMÉRISÉS EN QUANTITÉ

[Résumé]

En 1998, qui dit livre numérique dit numérisation, la majorité des

livres existant seulement en version imprimée. Pour pouvoir être

consulté à l'écran, un livre peut être numérisé soit en mode image soit

en mode texte, les deux modes de numérisation étant complémentaires. La

numérisation en mode image consiste à scanner le livre, et correspond

donc à la photographie du livre page après page. La présentation

originale étant conservée, on peut feuilleter le livre à l’écran. La

version informatique est le fac-similé numérique de la version

imprimée. Si elle est plus économique, cette méthode ne permet pas la

recherche textuelle. La numérisation en mode texte consiste à scanner

le livre en mode image, puis à le convertir en mode texte grâce à un

logiciel OCR (Optical Character Recognition). La version informatique

du livre ne conserve pas la présentation originale du livre ou de la

page mais elle permet la recherche textuelle.

***

En 1998, qui dit livre numérique dit numérisation, la majorité des

livres existant seulement en version imprimée.

Pour pouvoir être consulté à l'écran, un livre peut être numérisé soit

en mode texte soit en mode image, les deux modes de numérisation étant

complémentaires.

# La numérisation en mode texte

Les premiers temps, la numérisation en mode texte consiste à patiemment

saisir le livre sur un clavier, page après page, solution souvent

adoptée lors de la constitution des premières bibliothèques numériques,

ou alors quand les documents originaux manquent de clarté, pour les

livres anciens par exemple.

Les années passant, la numérisation en mode texte consiste surtout à

scanner le livre en mode image, puis à le convertir en texte grâce à un

logiciel OCR (Optical Character Recognition), avec relecture éventuelle

à l’écran pour corriger le texte obtenu puisqu'un bon logiciel OCR

serait fiable à 99%.

La version informatique du livre ne conserve pas la présentation

originale du livre ou de la page. Le livre devient texte, à savoir un

ensemble de caractères apparaissant en continu à l’écran. À cause du

temps passé au traitement de chaque livre, ce mode de numérisation est

assez long, et donc nettement plus coûteux que la numérisation en mode

image. Dans de nombreux cas, il est toutefois préférable, puisqu’il

permet l’indexation, la recherche textuelle, l’analyse textuelle, une

étude comparative entre plusieurs textes ou plusieurs versions du même

texte, etc.

C’est la méthode utilisée par exemple par le Projet Gutenberg, fondé

dès 1971 et qui propose aujourd'hui la plus grande collection numérique

au format texte, avec des livres relus et corrigés à deux reprises pour

être fiables à 99,95% par rapport à la version imprimée.

# La numérisation en mode image

La numérisation en mode image consiste à scanner le livre, et

correspond donc à la photographie du livre page après page. La

présentation originale étant conservée, on peut feuilleter le livre à

l’écran. La version informatique est le fac-similé numérique de la

version imprimée.

C’est la méthode employée à la fin des années 1990 pour les programmes

de numérisation à grande échelle, par exemple celui de la Bibliothèque

nationale de France (BnF) pour alimenter sa bibliothèque numérique

Gallica. Ne sont numérisés en mode texte que les tables des matières,

les sommaires et les corpus de documents iconographiques, afin de

faciliter la recherche textuelle.

Pourquoi ne pas tout numériser en mode texte? La BnF répond en 2000 sur

le site de Gallica: «Le mode image conserve l’aspect initial de

l’original y compris ses éléments non textuels. Si le mode texte

autorise des recherches riches et précises dans un document et permet

une réduction significative du volume des fichiers manipulés, sa

réalisation, soit par saisie soit par OCR, implique des coûts de

traitement environ dix fois supérieurs à la simple numérisation. Ces

techniques, parfaitement envisageables pour des volumes limités, ne

pouvaient ici être économiquement justifiables au vu des 50.000

documents (représentant presque 15 millions de pages) mis en ligne.»

Dans les années qui suivent, Gallica convertira toutefois nombre de ses

livres du mode image au mode texte pour permettre les recherches

textuelles.

# Chaque mode de numérisation a son utilité

Concepteur de Mot@mot, logiciel de remise en page des fac-similés

numériques, Pierre Schweitzer insiste sur l’utilité des deux modes de

numérisation. Il explique en janvier 2001: «Le mode image permet

d’avancer vite et à très faible coût. C’est important car la tâche de

numérisation du domaine public est immense. Il faut tenir compte aussi

des différentes éditions: la numérisation du patrimoine a pour but de

faciliter l’accès aux oeuvres, il serait paradoxal qu’elle aboutisse à

se focaliser sur une édition et à abandonner l’accès aux autres. Chacun

des deux modes de numérisation s’applique de préférence à un type de

document, ancien et fragile ou plus récent, libre de droit ou non (pour

l’auteur ou pour l’édition), abondamment illustré ou pas. Les deux

modes ont aussi des statuts assez différents: en mode texte ça peut

être une nouvelle édition d’une oeuvre, en mode image c’est une sorte

d’"édition d’édition", grâce à un de ses exemplaires (qui fonctionne

alors comme une fonte d’imprimerie pour du papier). En pratique, le

choix dépend bien sûr de la nature du fonds à numériser, des moyens et

des buts à atteindre. Difficile de se passer d’une des deux façons de

faire.»

L'ebook a 40 ans (1971-2011) · 第 31 / 66 题