[Résumé]
Bibliothèque numérique de la Bibliothèque nationale de France (BnF),
Gallica est inauguré en octobre 1997 avec des textes et des images du
19e siècle francophone, «siècle de l’édition et de la presse moderne,
siècle du roman mais aussi des grandes synthèses historiques et
philosophiques, siècle scientifique et technique». Gallica devient
rapidement l'une des plus importantes bibliothèques numériques du
réseau. On y trouve les documents libres de droits du fonds numérisé de
la BnF, qui vont du Moyen-Âge au début du 20e siècle. Pour des raisons
de coût, les documents sont essentiellement numérisés en mode image. En
décembre 2006, les collections de Gallica comprennent 90.000 ouvrages
(fascicules de presse compris), 80.000 images et des dizaines d'heures
de ressources sonores. Gallica débute ensuite la conversion en mode
texte des livres numérisés en mode image pour favoriser l'accès à leur
contenu. En mars 2010, Gallica franchit la barre du million de
documents, dont la plupart sont accessibles gratuitement.
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Bibliothèque numérique de la Bibliothèque nationale de France (BnF),
Gallica est inauguré en octobre 1997 avec des textes et des images du
19e siècle francophone.
On lit sur le site que ce siècle est le «siècle de l’édition et de la
presse moderne, siècle du roman mais aussi des grandes synthèses
historiques et philosophiques, siècle scientifique et technique».
# Les débuts
À l’époque, le serveur stocke 2.500 livres numérisés en mode image
complétés par les 250 livres numérisés en mode texte de la base
Frantext de l’INaLF (Institut national de la langue française).
Classés par discipline, ces livres sont complétés par une chronologie
du 19e siècle et des synthèses sur les grands courants en histoire,
sciences politiques, droit, économie, littérature, philosophie,
sciences et histoire des sciences.
Le site propose aussi un échantillon de la future iconothèque
numérique, à savoir le fonds du photographe Eugène Atget, une sélection
de documents sur l’écrivain Pierre Loti, une collection d’images de
l’École nationale des ponts et chaussées - ces images ayant trait aux
grands travaux de la révolution industrielle en France - et enfin un
choix de livres illustrés de la bibliothèque du Musée de l’Homme.
Fin 1997, Gallica se considère moins comme une banque de documents
numérisés que comme un «laboratoire dont l’objet est d’évaluer les
conditions d’accès et de consultation à distance des documents
numériques». Le but est d’expérimenter la navigation dans les
collections, en permettant le libre parcours du chercheur ou du lecteur
curieux.
# En 1998
Début 1998, Gallica annonce 100.000 volumes et 300.000 images pour la
fin 1999. Sur les 100.000 volumes prévus, qui représenteraient 30
millions de pages numérisées, plus du tiers concernerait le 19e siècle.
Quant aux 300.000 images fixes, la moitié viendrait des départements
spécialisés de la BnF (Estampes et photographie, Manuscrits, Arts du
spectacle, Monnaies et médailles, etc.), et l'autre moitié de
collections d’établissements publics (musées et bibliothèques,
Documentation française, École nationale des ponts et chaussées,
Institut Pasteur, Observatoire de Paris, etc.) ou privés (agences de
presse dont Magnum, l’Agence France-Presse, Sygma, Rapho, etc.).
En mai 1998, la BnF revoit ses espérances à la baisse et modifie
quelque peu ses orientations premières. Jérôme Strazzulla, journaliste
au quotidien Le Figaro, explique dans un article du 3 juin 1998 que la
BnF est passée «d’une espérance universaliste, encyclopédique, à la
nécessité de choix éditoriaux pointus». Dans le même article, le
président de la BnF, Jean-Pierre Angremy, rapporte la décision du
comité éditorial de Gallica: «Nous avons décidé d’abandonner l’idée
d’un vaste corpus encyclopédique de cent mille livres, auquel on
pourrait sans cesse reprocher des trous. Nous nous orientons
aujourd’hui vers des corpus thématiques, aussi complets que possibles,
mais plus restreints. (...) Nous cherchons à répondre, en priorité, aux
demandes des chercheurs et des lecteurs.»
# Les années 2000
Cinq ans plus tard, en 2003, Gallica rassemble 70.000 ouvrages et
80.000 images allant du Moyen-Âge au début du 20e siècle, tous
documents libres de droits. Mais la numérisation en mode image
n’autorise pas la recherche textuelle alors que Gallica se trouve être
la plus grande bibliothèque numérique francophone en nombre de titres
disponibles en ligne. La recherche textuelle est toutefois possible
dans les tables des matières, les sommaires et les légendes des corpus
iconographiques, qui sont numérisés en mode texte. Seule une petite
collection de livres (1.120 livres en février 2004) est intégralement
numérisée en mode texte, celle de la base Frantext, intégrée à Gallica.
Tous problèmes auxquels la BnF remédie au fil des mois, avec une
navigation plus aisée et la conversion progressive des livres du mode
image au mode texte grâce à un logiciel OCR, avec possibilité donc de
recherche textuelle.
En février 2005, Gallica compte 76.000 ouvrages. À la même date, la BnF
annonce la mise en ligne prochaine (entre 2006 et 2009) de la presse
française parue entre 1826 et 1944, à savoir 22 titres représentant 3,5
millions de pages. Début 2006, les premiers journaux disponibles en
ligne sont les quotidiens Le Figaro (fondé en 1826), La Croix (fondée
en 1883), L'Humanité (fondée en 1904) et Le Temps (fondé en 1861 et
disparu en 1942).
En mars 2010, Gallica franchit la barre du million de documents -
livres, manuscrits, cartes, images, périodiques (presse et revues),
fichiers sonores (paroles et musiques) et partitions musicales - dont
la plupart sont accessibles gratuitement sur un site dont l'interface
désormais quadrilingue (français, anglais, espagnol, portugais) n'a
cessé de s'améliorer au fil des ans. Si les documents sont en langue
française dans leur très grande majorité, on y trouve aussi des
documents en anglais, en italien, en allemand, en latin ou en grec
selon les disciplines.