JULIA KASEN SAUTAIT.]

Comment moraliser en gros autrement qu'avec des histoires du genre

critiqué ci-dessus? Or on ne peut pas faire du détail. Et, tout de

même, ces histoires prêchent la douceur, la bonté; elles ont déjà le

mérite considérable d'appeler l'attention vers un idéal.

Admettons. Mais, nous atteignons le mois d'avril, la grande année

s'avance et je ne vois toujours pas resplendir heureusement le

dénouement de mon drame.

Avec le système de jeter de la poudre aux yeux, de s'attacher à

l'extérieur, de niveler surtout, l'école _diminue_ les enfants; autant

de simulacres imposés, autant de personnalité retirée. Et il ne faut

pas oublier que nous avons affaire à une race débilitée et que, parmi

les causes de la misère, se place en premier lieu le défaut de volonté

profonde, réfléchie. Que deviendront les enfants-marionnettes, sortant

de l'école, l'énergie changée en politesse hypocrite, la décision

subordonnée uniquement au souci du trompe-l'œil?

La loi de l'obéissance à l'école même vient encore aggraver les

regrettables leçons de résignation et de croupissement.

--Adam, fais ça...

--Mademoiselle, je...

--Pas d'explication...

L'enfant n'a pas le droit de défendre sa volonté. Il faudrait

au contraire le laisser _dire_, puis le _persuader_, et non le

contraindre. Mais je baisse la tête, à mon tour, devant cette objection

ironique: «Avec soixante élèves par maîtresse?»

Allons, allons, pas d'utopie; il faut du _pratique_ à l'école,

du solide et du pas compliqué. Je n'ai qu'à écouter la fable, en

répétition actuellement.

--Attention! mes enfants, tous ensemble... et tâchez de ne pas bavasser

comme des perroquets, tâchez de sentir un peu ce que vous dites.

La Maternelle(#71143) · 第 18 / 26 题