[Pg 336]-[An 45]

secrètement. L'affectation que mettaient les patriciens romains à

distinguer «la religion», c'est-à-dire leur propre culte, de «la

superstition», c'est-à-dire des cultes étrangers[76], nous paraît

cependant assez puérile. Tous les cultes païens étaient essentiellement

superstitieux. Le paysan qui de nos jours met un sou dans le tronc

d'une chapelle à miracles, qui invoque tel saint pour ses bœufs ou ses

chevaux, qui boit de certaine eau dans certaines maladies, est en cela

païen. Presque toutes nos superstitions sont les restes d'une religion

antérieure au christianisme, que celui-ci n'a pu déraciner entièrement.

Si l'on voulait retrouver de nos jours l'image du paganisme, c'est dans

quelque village perdu, au fond des campagnes les plus arriérées, qu'il

faudrait le chercher.

N'ayant pour gardiens qu'une tradition populaire vacillante et des

sacristains intéressés, les cultes païens ne pouvaient manquer de

dégénérer en adulation[77]. Auguste, quoique avec réserve, accepta

[Pg 337]-[An 45]

d'être adoré de son vivant dans les provinces[78]. Tibère laissa juger

sous ses yeux cet ignoble concours des villes d'Asie, se disputant

l'honneur de lui élever un temple[79]. Les extravagantes impiétés de

Caligula[80] ne produisirent aucune réaction; hors du judaïsme, il ne

se trouva pas un seul prêtre pour résister à de telles folies. Sortis

pour la plupart d'un culte primitif des forces naturelles, dix fois

transformés par des mélanges de toute sorte et par l'imagination des

peuples, les cultes païens étaient limités par leur passé. On n'en

pouvait tirer ce qui n'y fut jamais, le déisme, l'édification. Les

Pères de l'Église nous font sourire quand ils relèvent les méfaits de

Saturne comme père de famille, de Jupiter comme mari. Mais, certes,

il était bien plus ridicule encore d'ériger Jupiter (c'est-à-dire

l'atmosphère) en un dieu moral, qui commande, défend, récompense,

punit. Dans un monde qui aspirait à posséder un catéchisme, que

pouvait-on faire d'un culte comme, celui de Vénus, sorti d'une vieille

nécessité

[Pg 338]-[An 45]

sociale des premières navigations phéniciennes dans la Méditerranée,

mais devenu avec le temps un outrage à ce qu'on envisageait de plus en

plus comme l'essence de la religion?

De toutes parts, en effet, se manifestait avec énergie le besoin d'une

religion monothéiste, donnant pour base à la morale des prescriptions

divines. Il vient ainsi une époque où les religions naturalistes,

réduites à de purs enfantillages, à des simagrées de sorciers, ne

peuvent plus suffire aux sociétés, où l'humanité veut une religion

morale, philosophique. Le bouddhisme, le zoroastrisme, répondirent

à ce besoin dans l'Inde, dans la Perse. L'orphisme, les mystères,

avaient tenté la même chose dans le monde grec, sans réussir d'une

manière durable. A l'époque où nous sommes, le problème se posait

pour l'ensemble du monde avec une sorte d'unanimité solennelle et

d'impérieuse grandeur.

La Grèce, il est vrai, faisait une exception à cet égard. L'hellénisme

était beaucoup moins usé que les autres religions de l'Empire.

Plutarque, dans sa petite ville de Béotie, vécut de l'hellénisme,

tranquille, heureux, content comme un enfant, avec la conscience

religieuse la plus calme. Chez lui, pas une trace de crise, de

déchirement, d'inquiétude, de révolution imminente. Mais il n'y avait

que l'esprit

[Pg 339]-[An 45]

grec qui fût capable d'une sérénité si enfantine. Toujours satisfaite

d'elle-même, fière de son passé et de cette brillante mythologie dont

elle possédait tous les lieux saints, la Grèce ne participait pas aux

tourments intérieurs qui travaillaient le reste du monde. Seule, elle

n'appelait pas le christianisme; seule, elle voulut s'en passer; seule,

elle prétendit mieux faire[81]. Cela tenait à cette jeunesse éternelle,

à ce patriotisme, à cette gaieté, qui ont toujours caractérisé le

véritable Hellène, et qui, aujourd'hui encore, font que le Grec est

comme étranger aux soucis profonds qui nous minent. L'hellénisme se

trouva ainsi en mesure de tenter une renaissance qu'aucun autre des

cultes de l'Empire n'aurait pu essayer. Au IIe, au IIIe au IVe siècle

de notre ère, l'hellénisme se constituera en religion organisée, par

une sorte de fusion entre la mythologie et la philosophie grecques,

et, avec ses philosophes thaumaturges, ses anciens sages érigés en

révélateurs, ses légendes de Pythagore et d'Apollonius, fera au

christianisme une concurrence qui, pour être restée impuissante, n'en a

pas moins été le plus dangereux obstacle que la religion de Jésus ait

trouvé sur son chemin.

[Pg 340]-[An 45]

Cette tentative ne se produisit pas encore au temps des Césars. Les

premiers philosophes qui essayèrent une espèce d'alliance entre la

philosophie et le paganisme, Euphrate de Tyr, Apollonius de Tyane et

Plutarque, sont de la fin du siècle. Euphrate de Tyr nous est mal

connu. La légende a tellement recouvert la trame de la biographie

véritable d'Apollonius, qu'on ne sait s'il faut le compter parmi les

sages, parmi les fondateurs religieux ou parmi les charlatans. Quant à

Plutarque, c'est moins un penseur, un novateur, qu'un esprit modéré qui

veut mettre tout le monde d'accord en rendant la philosophie timide et

la religion à moitié raisonnable. Il n'y a rien chez lui de Porphyre

ni de Julien. Les essais d'exégèse allégorique des stoïciens[82] sont

bien faibles. Les mystères, comme ceux de Bacchus, où l'on enseignait

l'immortalité de l'âme sous de gracieux symboles[83], étaient bornés

à certains pays et n'avaient pas d'influence étendue. L'incrédulité à

la religion officielle était générale dans la classe éclairée[84]. Les

hommes politiques

[Pg 341]-[An 45]

qui affectaient le plus de soutenir le culte de l'État s'en raillaient

par de forts jolis mots[85]. On énonçait ouvertement le système immoral

que les fables religieuses ne sont bonnes que pour le peuple, et

doivent être maintenues pour lui[86]. Précaution fort inutile; car la

foi du peuple était elle-même profondément ébranlée[87].

A partir de l'avénement de Tibère, il est vrai, une réaction religieuse

est sensible. Il semble que le monde s'effraye de l'incrédulité avouée

des temps de César et d'Auguste; on prélude à la malencontreuse

tentative de Julien; toutes les superstitions se voient réhabilitées

par raison d'État[88]. Valère Maxime donne le premier exemple d'un

écrivain de bas étage se faisant

[Pg 342]-[An 45]

l'auxiliaire de théologiens aux abois, d'une plume vénale ou souillée

mise au service de la religion. Mais ce sont les cultes étrangers qui

profitent le plus de ce retour. La réaction sérieuse en faveur du

culte gréco-romain ne se produira qu'au IIe siècle. Maintenant, les

classes que possède l'inquiétude religieuse se tournent vers les cultes

venus de l'Orient[89]. Isis et Scrapis trouvent plus de faveur que

jamais[90]. Les imposteurs de toute espèce, thaumaturges; magiciens,

profitent de ce besoin, et, comme il arrive d'ordinaire aux époques

et dans les pays où la religion d'État est faible, pullulent de tous

côtés[91]; qu'on se rappelle les types réels ou fictifs d'Apollonius de

Tyane, d'Alexandre d'Abonotique, de Pérégrinus, de Simon de Gitton[92].

Ces erreurs mêmes et ces chimères étaient comme une prière de la terre

en travail, comme les essais infructueux d'un monde cherchant sa règle

et aboutissant parfois dans ses efforts convulsifs à de monstrueuses

créations destinées à l'oubli.

[Pg 343]-[An 45]

En somme, le milieu du premier siècle est une des époques les plus

mauvaises de l'histoire ancienne. La société grecque et romaine s'y

montre en décadence sur ce qui précède et fort arriérée à l'égard

de ce qui suit. Mais la grandeur de la crise décelait bien quelque

formation étrange et secrète. La vie semblait avoir perdu ses mobiles;

les suicides se multipliaient[93]. Jamais siècle n'avait offert une

telle lutte entre le bien et le mal. Le mal, c'était un despotisme

redoutable, mettant le monde entre les mains d'hommes atroces et de

fous; c'était la corruption de mœurs, qui résultait de l'introduction

à Rome des vices de l'Orient; c'était l'absence d'une bonne religion

et d'une sérieuse instruction publique. Le bien, c'était, d'une part,

la philosophie, combattant à poitrine découverte contre les tyrans,

défiant les monstres, trois ou quatre fois proscrite en un demi-siècle

(sous Néron, sous Vespasien, sous Domitien)[94]; c'étaient, d'une autre

part, les efforts de la vertu populaire, ces légitimes aspirations à un

meilleur état religieux, cette tendance vers les confréries, vers les

cultes monothéistes, cette réhabilitation du

[Pg 344]-[An 45]

pauvre, qui se produisaient principalement sous le couvert du judaïsme

et du christianisme. Ces deux grandes protestations étaient loin

d'être d'accord; le parti philosophique et le parti chrétien ne se

connaissaient pas, et ils avaient si peu conscience de la communauté

de leurs efforts, que le parti philosophique, étant arrivé au pouvoir

par l'avénement de Nerva, fut loin d'être favorable au christianisme.

A vrai dire, le dessein des chrétiens était bien plus radical. Les

stoïciens, maîtres de l'Empire, le réformèrent et présidèrent aux cent

plus belles années de l'histoire de l'humanité. Les chrétiens, maîtres

de l'empire à partir de Constantin, achevèrent de le ruiner. L'héroïsme

des uns ne doit pas faire oublier celui des autres. Le christianisme,

si injuste pour les vertus païennes, prit à tâche de déprécier ceux qui

avaient combattu les mêmes ennemis que lui. Il y eut dans la résistance

de la philosophie, au premier siècle, autant de grandeur que dans

celle du christianisme; mais que la récompense de part et d'autre a

été inégale! Le martyr qui renversa du pied les idoles a sa légende;

pourquoi Annæus Cornutus, qui déclara devant Néron que les livres de

celui-ci ne vaudraient jamais ceux de Chrysippe[95]; pourquoi Helvidius

Priscus,

[Pg 345]-[An 45]

qui dit en face à Vespasien: «Il est en toi de tuer; en moi de

mourir[96];» pourquoi Démétrius le Cynique, qui répondit à Néron

irrité: «Vous me menacez de la mort; mais la nature vous en

menace[97],» n'ont-ils pas leur image parmi les héros populaires que

tous aiment et saluent? L'humanité dispose-t-elle de tant de forces

contre le vice et la bassesse, qu'il soit permis à chaque école de

vertu de repousser l'aide des autres et de soutenir qu'elle seule a le

droit d'être courageuse, fière, résignée?

[1] Tacite, _Ann._, I, 2; Florus, IV, 3; Pomponius, dans le Digeste, l.

I, tit. ii, fr. 2.

[2] Hélicon, Apelle, Eucère, etc. Les «rois» d'Orient étaient

considérés par les Romains comme les maîtres en tyrannie de leurs

mauvais empereurs. Dion Cassius, LIX, 24.

[3] Voir l'inscription du parasite d'Antoine, dans les _Comptes rendus

de l'Acad. des Inscr. et B.-L._, 1864, p. 166 et suiv. Comparez Tacite,

_Ann._, IV, 55-56.

[4] Voir comme exemple l'oraison funèbre de Turia, par son mari Q.

Lucrétius Vespillo; texte épigraphique publié pour la première fois

d'une manière complète par M. Mommsen, dans les _Mémoires de l'Académie

de Berlin_ pour 1863, p. 455 et suiv. Comparez l'oraison funèbre de

Murdia (Orelli, _Inscr. lat._, n° 4860) et celle de Matidie, par

l'empereur Adrien (_Mém. de l'Académie de Berlin_, vol. cité, p. 483

et suiv.) On se laisse trop préoccuper par les passages des satiriques

latins où les vices des femmes sont âprement relevés. C'est comme si

l'on traçait le tableau des mœurs générales du XVIIe siècle d'après

Mathurin Resnier et Boileau.

[5] Orelli, nos 2647 et suiv., surtout 2677, 2742, 4530, 4860: Henzen.

nos 7382 et suiv., surtout un 7406; Renier, _Inscr. de l'Algérie_, n°

1987. Ces épithètes peuvent avoir été souvent mensongères; mais elles

prouvent du moins le prix qu'on attachait à la vertu.

[6] Pline, Epist., VII, 19; IX, 13; Appien, _Guerres civiles_, IV, 36.

Fannia suivit deux fois en exil son mari Helvidius Priscus; elle fut

bannie une troisième fois après sa mort.

[7] L'héroïsme d'Arria est connu de tous.

[8] Suétone, _Aug._, 73; Oraison funèbre de Turia, I, ligne 30.

[9] Oraison funèbre de Turia, I, ligne 31.

[10] L'opinion beaucoup trop sévère de saint Paul (Rom., i, 24 et

suiv.) s'explique de la même manière. Saint Paul ne connaissait pas la

haute société romaine. Ce sont là, d'ailleurs, de ces invectives comme

on font les prédicateurs, et qu'il ne faut jamais prendre à la lettre.

[11] Sénèque, _Epist._, xii, xxiv, xxvi, lviii, lxx; _De ira_, III, 15;

_De tranquillitate animi_, 10.

[12] Apocal., xvii. Cf. Sénèque, _Epist._, xcv, 16 et suiv.

[13] Suétone, _Aug._, 48.

[14] Les exemples en sont innombrables dans les inscriptions.

[15] Plutarque, _Prœc. ger. reipubl._, xv, 3-4; _An seni sit ger.

resp._, entier.

[16] Jos., _Ant._, XIV, x, 22, 23. Comp. Tacite, _Ann._, IV, 55-56;

Rutilius Numatianus, _Itin._, I, 63 et suiv.

[17] «Immensa romanæ pacis majestas.» Pline, _Hist. nat._, XXVII, 1.

[18] Ælius Aristide, _Éloge de Rome_, entier; Plutarque, traité de la

_Fortune des Romains_, le commencement; Philon, _Leg. ad Caium_, § 21,

22, 39, 40.

[19] Denys d'Halicarnasse, _Antiquités romaines_, I, commenc.

[20] Plutarque, _Vie de Solon_, 20.

[21] Voir Athénée, XII, 68; Élien, _Var. Hist._, IX, 12; Suidas, au mot

Ἐπίκουρος.

[22] Tacite, _Ann._, I, 2.

[23] Étudiez le caractère d'Euthyphron dans Platon.

[24] Diog. Laërce, II, 101, 116; V, 5, 6, 37, 38; IX, 32; Athénée,

XIII, 92; XV, 52; Élien, _Var. Hist._, II, 23; III, 36; Plutarque,

_Périclès_, 32; _De plac. philos._, I, vii, 2; Diod. Sic., XIII, vi, 7;

Scol. d'Aristophane, in _Aves_, 1073.

[25] En particulier, sous Vespasien; fait d'Helvidius Priscus.

[26] Nous essayerons cependant de montrer plus tard que ces

persécutions, au moins jusqu'à celle de Dèce, ont été exagérées.

[27] Les premiers chrétiens sont, en effet, très-respectueux pour

l'autorité romaine. Rom., xiii, 1 et suiv.; I Petri, iv, 14-16. Pour S.

Luc, voyez ci-dessus, Introd., p. xxii-xxiii.

[28] Diogène Laërce, VII, i, 32, 33; Eusèbe, _Prépar. évang._, XV, 15;

et, en général, le _De legibus_ et le _De officiis_ de Cicéron.

[29] Térence, _Heautont._, I, i, 77; Cic., _De finibus bon. et mal._,

V, 23; _Partit. orat._, 16, 24; Ovide, _Fastes_, II, 684; Lucain, VI,

34 et suiv.; Sénèque, _Epist._, xlviii, xcv, 51 et suiv.; _De ira_,

I, 5; III, 43; Arrien, _Dissert. d'Épict._, I, ix, 6; II, v, 26,

Plutarque, _De la fort. des Rom._, 2; _De la fort. d'Alexandre_, I, 8,

9.

[30] Virgile, _Égl._, iv; Sénèque, _Médée_, 375 et suiv.

[31] Tac., _Ann._, II, 85; Suétone, _Tib._, 35; Ovide, _Fast._, II,

497-514.

[32] Les inscriptions de femmes contiennent les expressions les plus

touchantes. «Mater omnium hominum, parens omnibus subveniens,» dans

Renier, _Inscr. de l'Algérie_, n° 1987. Comp. _ibid._, n° 2756;

Mommsen, _Inscr. R. N._, n° 1431. «Duobus virtutis et castitatis

exemplis,» _Not. et mém. de la Soc. de Constantine_, 1865, p. 158. Voir

l'inscription d'Urbanille, dans Guérin, _Voy. archéol. dans la rég. de

Tunis_, I, 289 et la délicieuse inscription Orelli, n° 4648. Plusieurs

de ces textes sont postérieurs au premier siècle; mais les sentiments

qu'ils expriment n'étaient pas nouveaux, quand on les écrivit.

[33] _Propos de table_, I, v, 1; _Vie de Démosth._, 2; le dialogue de

_l'Amour_, 2, et surtout la _Consolation_ à sa femme.

[34] «Caritas generis humani,» Cic., _De finibus_, V, 23. «Homo sacra

res homini,» Sénèque,_ Epist._, xcv, 33.

[35] Sénèque, _Epist._, xxxi, xlvii; _De benef._, III, 18 et suiv.

[36] Tacite, _Ann._, XIV, 42 et suiv.; Suétone, _Claude_, 25; Dion

Cassius, LX, 29; Pline, _Epist._, VIII, 16; Inscript. de Lanuvium, col.

2, lignes 1-4 (dans Mommsen, _De coll. et sodal. Rom._, ad calcem);

Sénèque le Rhéteur, _Controv._, III, 21; VII, 6; Sénèque le Phil.,

_Epist._, xlvii; _De benef._, III, 18 et suiv.; Columelle, _De re

rustica_, I, 8; Plutarque, _Vie de Caton l'Ancien_, 5; _De ira_, 11.

[37] _Epist._, xlvii, 13.

[38] Caton, _De re rustica_, 58, 59, 104; Plutarque, _Vie de Caton_,

4, 5. Comparez les maximes presque aussi dures de l'_Ecclésiastique_,

xxxiii, 25 et suiv.

[39] Tacite, _Ann._, XIV, 60; Dion Cassius, XLVII, 10; LX, 16; LXII,

13; LXVI, 14; Suétone, _Caius_, 16; Appien, _Guerres civiles_, IV,

à partir du chapitre xvii (surtout le ch. xxxvi et suiv.), jusqu'au

chapitre li. Juvénal, vi, 476 et suiv., peint les mœurs du plus mauvais

monde.

[40] Horace, _Sat._, I, vi, 1 etsuiv.; Cic., _Epist_., III, 7; Sénèque

le Rhéteur, _Controv._, I, 6.

[41] Suétone, _Caius_, 15, 16; _Claude_, 19, 23, 25; _Néron_, 16; Dion

Cassius, LX, 25, 29.

[42] Tacite, _Ann._, VI, 17; comp. IV, 6.

[43] Tacite _Ann._, XIII, 50-51; Suétone, Néron, 10.

[44] Épitaphe du joaillier Evhodus (hominis boni, misericordis, amantis

pauperes), _Corpus inscr. lat._, n° 1027, inscription du siècle

d'Auguste (Cf. Egger, _Mém. d'hist. anc. et de phil._, p. 351 et

suiv.); Perrot, _Exploration de la Galatie_, etc., p. 118-119 (πτωχοὺς

φιλέοντα); Oraison funèbre de Matidie, par Adrien (_Mém. de l'Acad. de

Berlin_ pour 1863, p. 489); Mommsen, _Inscr. regni Neap._, n° 1431,

2868, 4880; Sénèque le Rhéteur, _Controv._, I, 1; III, 19; IV, 27;

VIII, 6; Sénèque le Phil., _De clem._, II, 5, 6; _De benef._, I, 1; II,

11; IV, 14; VII, 31. Comparez Leblant, _Inscr. chrét. de la Gaule_, II,

p. 23 et suiv.; Orelli, n° 4657; Fea, _Framm. de fasti consol._, p. 90;

R. Garrucci, _Cimitero degli ant. Eibre_, p. 44.

[45] _Corpus inscr. græc._, n° 2758.

[46] _Ibid._, nos 2194 _b_, 2511, 2759_ b_.

[47] Il faut se rappeler que la Corinthe de l'époque romaine était une

colonie d'étrangers, formée sur l'emplacement de la vieille ville par

César et par Auguste.

[48] Lucien, _Démonax_, 57.

[49] Dion Cassius, LXVI, 15.

[50] Voir surtout Ælius Aristide, traité contre la comédie (I, p. 751

et suiv., édit. Dindorf).

[51] Il est remarquable que, dans plusieurs villes d'Asie Mineure, les

restes des théâtres antiques sont encore aujourd'hui des repaires de

prostitution, Comp. Ovide, _Art d'aimer_, I, 89 et suiv.

[52] Orelli-Henzen, nos 1172, 3362 et suiv., 6669; Guérin, _Voy. en

Tunisie_, II, p. 59; Borghesi,_ Œuvres complètes_, IV, p. 269 et suiv.;

E. Desjardins, _De tabulis alimentariis_ (Paris 1854); Aurélius Victor,

_Epitome_, Nerva; Pline, _Epist._, I, 8; VII, 18.

[53] Inscriptions dans Desjardins, _op. cit._, pars II, cap. i.

[54] Suétone, _Aug._, 41, 46; Dion Cassius, LI, 21; LVIII, 2.

[55] Tacite, _Ann._, II, 87; VI, 13; XV, 18, 39; Suétone, _Aug._,

41, 42; _Claude_, 18. Comp. Dion Cassius, LXII, 18; Orelli, n° 3358

et suiv.; Henzen, 6662 et suiv.; Forcellini, à l'article _Tessera

frumentaria_.

[56] _Odyss._, VI, 207.

[57] Euripide, _Suppl._, v. 773 et suivant; Aristote, _Rhétor._, II,

viii; _Morale à Nicomaque_, VIII, i; IX, x. Voir Stobée, _Florilège_,

xxxvii et cxiii, et, en général, les fragments de Ménandre et des

comiques grecs.

[58] Aristote, _Politique_, VI, iii, 4 et 5.

[59] Cicéron, _Tusculanes_, IV, 7, 8; Sénèque, _De clem._, II, 5, 6.

[60] Papyrus du Louvre, n° 37, col. 1, ligne 24, dans les _Notices et

extraits_, t. XVIII, 2e part., p. 298.

[61] V. ci-dessus, p. 79.

[62] Apoc., xvii et suiv.

[63] Virgile, _Egl._, iv; _Georg._, I, 463 et suiv.; Horace, _Od._, I,

ii; Tacite, _Ann._, VI, 12; Suétone, _Aug._, 31.

[64] Voir, par exemple, _De republ._, III, 22, cité et conservé par

Lactance, _Instit. div._, VI, 8.

[65] Voir, par exemple, l'admirable lettre xxxi à Lucilius.

[66] Suétone, _Vesp._, 18; Dion Cassius, t. VI, p. 558 (édit. Sturz);

Eusèbe, _Chron._, l'an 89; Pline, _Epist._, I, 8; Henzen, Suppl. à

Orelli, p. 124, n° 1172.

[67] Oraison funèbre de Turia, I, lignes 30-31.

[68] Voir surtout le premier livre de Valère Maxime, l'ouvrage de

Julius Obsequens sur les Prodiges, et les _Discours sacrés_ d'Ælius

Aristide.

[69] Auguste (Suétone, _Aug._, 90-92), César même, dit-on (Pline,

_Hist. nat._, XXVIII, iv, 7, mais j'en doute), n'y échappaient pas.

[70] Manilius, Hygin, traductions d'Aratus.

[71] Cicéron, _Pro Archia_, 10.

[72] Suétone, _Claude_, 25.

[73] Josèphe,_ Ant._, XIX, v, 3.

[74] _Bereschith rabba_, ch. lxv, fol. 65 _b_; du Cange, au mot

_matricularius_.

[75] Cicéron, _De legibus_, II, 8; Vopiscus, _Aurélien_, 19.

[76] «Religio sine superstitione.» Oraison funèbre de Turia, I, lignes

30-31. Voir le _Traité de la superstition_ de Plutarque.

[77] Voir Mélilon, Περὶ ἀληθείας, dans le _Spicilegium syriacum_ de

Cureton, p. 43 ou dans le _Spicil. Solesmense_ de dom Pitra, t. II, p.

xli, pour se bien rendre compte de l'impression que cela faisait sur

les juifs et les chrétiens.

[78] Suétone, _Aug._, 52; Dion Cass., LI, 20; Tacite, _Ann._, I, 10;

Aurel. Victor, _Cœs._, 1; Appien, _Bell. Civ._, V, 132; Jos., _B. J._,

I, xxi, 2, 3, 4, 7; Noris, _Cenotaphia Pisana_, dissert. I, cap. 4;

_Kalendarium Cumanum_, dans _Corpus inscr. lat._, I, p. 310; Eckhel,

_Doctrina num. vet._, pars 2a, vol. VI, p. 100, 124 et suiv.

[79] Tacite, _Ann._, IV, 55-56. Comp. Vatère Maxime, prol.

[80] Voir ci-dessus, p. 193 et suiv.

[81] Corinthe, la seule ville de Grèce qui ait eu, aux premiers

siècles, une chrétienté considérable, n'était plus à cette époque une

ville hellénique.

[82] Héraclide, Cornutus. Comp. Cic., _De natura deorum_, III, 23-25,

60, 62-64.

[83] Plutarque, _Consolatio ad uxorem_, 10; _De sera numinis vindicta_,

22; Heuzey, _Mission de Macédoine_, p. 128; _Revue archéologique_,

avril 1864, p. 282.

[84] Lucrèce, I, 63 et suiv.; Salluste, _Catil._, 52; Cic., _De nat.

deorum_, II, 24, 28; _De divinat._, II, 33, 35, 57; _De haruspicum

responsis_, presque entier; _Tuscul._, I, 16; Juvénal, Sat. ii,

149-152; Sénèque, _Epist._, xxiv, 17.

[85] «Sua cuique civitali religio est, nostra nobis.» Cic., _Pro

Flacco_, 28.

[86] Cic., _De nat. deorum_, I, 30, 42; _De divinat._, II, 12, 33,

35, 72; _De harusp. resp._, 6, etc.; Tite-Live, I, 19; Quinte-Curce,

IV, 10; Plutarque, _De plac. phil._, I, vii, 2; Diod. Sic., I, ii, 2;

Varron, dans saint Aug., _De civit. Dei_, IV, 31, 32; VI, 6; Denys

d'Halic., II, 20; VIII, 5; Valère Waxiino, I, ii.

[87] Cic., _De divinat._, II, 15; Juvénal, ii, 149 et suiv.

[88] Tac., _Ann._, XI, 15; Pline, _Epist._, X, 97, _sub fin_. Étudier

le personnage de Sérapion dans Plutarque, _De Pythiæ oraculis_. Comp.

_De EI apud Delphos_, init. Voir surtout Valère Maxime, livre I, tout

entier.

[89] Juv, Sat. vi, 489, 527 et suiv.; Tacite, _Ann._, XI, 15. Comp.

Lucien, _l'Assemblée des dieux_; Tertullien, _Apolog._, 6.

[90] Jos., Ant., XVIII, iii, 4; Tacite, _Ann._, II, 85; Le Bas,

_Inscr._, part. V, n° 395.

[91] Plutarque, _De Pyth. orac._, 25.

[92] Voir Lucien, _Alexander seu pseudomantis_ et _De morte Peregrini_.

[93] Sénèque, _Epist._, xxii, xxiv, lxx; Inscription de Lanuvium, 2e

col., lignes 5-6; Orelli, 4404.

[94] Dion Cassius, LXVI, 13; LXVII, 13; Suétone, _Domit._, 10; Tacite,

_Agricola_, 2, 45; Pline, _Epist._, III, 11; Philostrate, _Vie

d'Apollonius_, l. VII, entier; Eusèbe, _Chron._, ad ann. Chr. 90.

[95] Dion Cassius, LXII, 29.

[96] Arrien, _Dissert. d'Épictète_, I, ii, 21.

[97] _Ibid._, I, xxv, 22.

[Pg 346]-[An 45]

CHAPITRE XVIII.

LÉGISLATION RELIGIEUSE DE CE TEMPS.

L'Empire, au premier siècle, tout en se montrant hostile aux

innovations religieuses qui venaient de l'Orient, ne les combattait pas

encore d'une manière constante. Le principe de la religion d'État était

assez mollement soutenu. Sous la République, à diverses reprises, on

avait proscrit les rites étrangers, en particulier ceux de Sabazius,

d'Isis, de Sérapis[1]. Cela fut fort inutile. Le peuple était porté

vers ces cultes comme par un entraînement irrésistible[2]. Quand on

décréta, l'an de Rome 535, la démolition du temple

[Pg 347]-[An 45]

d'Isis et de Sérapis, on ne trouva pas un ouvrier pour se mettre à

l'œuvre, et le consul fut obligé de briser lui-même la porte à coups de

hache[3]. Il est clair que le culte latin ne suffisait plus à la foule.

On suppose, non sans raison, que ce fut pour flatter les instincts

populaires que César rétablit les cultes d'Isis et de Sérapis[4].

Les apôtres · 第 22 / 25 段