À Ferney, 1er février 1772.
Sire, mon coeur, quoique bien vieux, est tout aussi sensible à vos bontés
que s'il était jeune. Vos troisième et quatrième chants m'ont presque
guéri d'une maladie assez sérieuse; vos vers ne le sont pas. Je m'étonne
toujours que vous ayez pu faire quelque chose d'aussi gai sur un sujet
si triste. Ce que Votre Majesté dit des Confédérés dans sa lettre
inspire l'indignation contre eux autant que vos vers inspirent de
gaieté. Je me flatte que tout ceci finira heureusement pour le roi de
Pologne et pour Votre Majesté. Quand vous n'auriez que six villes pour
vos six chants, vous n'auriez pas perdu votre papier et votre encre.
La reine de Suède ne gagnera rien aux dissensions polonaises, mais elle
augmentera le bonheur de son frère et le sien. Permettez que je la
remercie des bontés dont vous m'apprenez qu'elle daigne m'honorer, et
que je mette mes respects pour elle dans votre paquet.....