Page 51, ligne 25 : garot, _lisez_ garrot.

Page 285, titre courant : tourouj, lisez touroudj.

Page 321 (pagination) : 32, _lisez_ 321.

Page 665, ligne 18 : esi, _lisez_ est.

Page 717, ligne 6 _à fine_ : Ramadan, _lisez_ Ramadân.

=EXPLICATION DES FIGURES=

PAR M. PERRON.

* * * * *

Toutes les figures de ce voyage ont été dessinées par mon ami M.

Machereau, ancien élève de M. Perron, peintre, élève de David. M.

Machereau (qui est aussi musicien, élève du Conservatoire de Paris) est

depuis longues années professeur de dessin à l’École de cavalerie de

Gyzeh, en Égypte. (Aujourd’hui cette école est supprimée.)

La ressemblance de tous les portraits est frappante de vérité, malgré la

rapidité avec laquelle ils ont été faits. Cette rapidité était une

condition indispensable ; il a fallu en quelque sorte saisir et

surprendre ceux qu’ils représentent, chez le cheykh El-Tounsy ; c’est là

que nous les ayons rencontrés tous, excepté deux, à plusieurs reprises.

Si ces braves Soudaniens se fussent seulement doutés que l’on dessinait

leur figure, ils se fussent enfuis à toutes jambes, persuadés que nous

voulions leur jeter un sort, les ensorceler. Il n’y a que le cheykh El-

Tounsy qui ait posé. (Voyez son portrait en face du _titre_.) Le

Barnâouyen a été dessiné, aussi par surprise, chez le sultan Abou-

Madiân, dont le portrait est dans le volume du voyage au Dârfour. Le

sultan, après avoir posé, fit appeler le Barnaouyen chez lui, le fit

causer, l’entretint longtemps et donna le loisir à M. Machereau de

tracer et de modeler notre homme.

Je dois encore à M. Machereau la notation musicale de quelques chants

que j’ai placés à la fin des planches de ce volume. M. Machereau a écrit

ces airs sous le chant même du cheykh El-Tounsy, tout comme il a tracé

et dessiné les instruments, les armes, l’accoutrement militaire, la vue

de Ouârah, etc., sur les croquis grossiers et les explications de ce

même cheykh.

PLANCHE I. _Essai de carte_ du Ouadây, ou Dar-Séleîh, pour le Voyage au

Soudan du cheykh Mohammed-el-Tounsy, dressée d’après les indications de

ce cheykh, du Ouadayen Ilaly, d’un Barnâouy, etc., par M. Perron. Kaire,

1845. Voyez, sur la construction de ce dessin, les observations insérées

dans l’ouvrage. On a reproduit dans un angle de la carte, et plus en

grand, les environs de la capitale.

_Nota._ Les collines entre lesquelles sont comprises les vallées de

Botayha et de Batha sont plus prononcées dans le dessin original que

dans cette planche.

FIGURE 1, PLANCHE II. Demeure de Sâboûn avant qu’il fût sultan : on voit

ici une double enceinte ou double zérybeh en branches de bois épineux.

L’enceinte extérieure est fermée par une branche brute, no 1, c’est la

porte. L’enceinte intérieure est fermée par une porte grossière, no 2,

faite d’ais liés entre eux à claire voie, et fixée au sol par un de ses

montants. Le tirdjeh, no 3, est une élévation située entre les deux

enceintes. _Voy._ chap. IV, 1re partie. La plus grande hutte est celle

du prince ; les autres sont celles de ses femmes ; de ses concubines et

de ses eunuques.

FIG. 2, PL. III. Aperçu de la ville de Ouârah, capitale du Ouadây, avec

les noms des demeures de plusieurs individus, placées aux endroits que

m’a indiqués le cheykh El-Tounsy, et que ces personnes occupaient

lorsqu’il était dans cette ville. _Voy._ chap. II, 2e partie. Ouârah est

divisée en deux grands quartiers, l’un au nord, l’autre au sud. Au

devant du _palais_ du sultan, au point A, est une mosquée de médiocre

grandeur et de construction plus médiocre encore. C’est la seule mosquée

qu’il y ait dans tout le Ouadây. A Tendelty, capitale du Dârfour, il y

en a quelques-unes ; plusieurs autres encore se trouvent dans quelques-

unes des principales localités du Dârfour, mais il n’y en a qu’une seule

dans chacune de ces localités, et toujours c’est une construction

grossière et de chétive apparence.

La partie la plus profonde de la demeure du sultan, c’est-à-dire

l’espace ou sorte de grande cour qui en forme la portion Est, à partir

du bâtiment E et de la quatrième porte, est réservée aux nombreuses

huttes ou cabanes du harem du prince. En arrière, à droite de H, au

nord-est de ce même bâtiment E, sont trois autres petites maisons

encloses d’un même mur, bâties en terre et en pierres, et terminées en

plates-formes au lieu de toit conique. De ces trois bâtisses, l’une

renferme le trésor du sultan ; les deux autres renferment ses hardes,

ses armes, tout l’attirail de parure et de représentation impériale.

Après la porte de fer, c’est-à-dire, entre le troisième et le quatrième

mur, à gauche en entrant, est la grande étable des chevaux du prince et

les huttes des saïs ou grooms.

L’enceinte de montagnes qui entoure Ouârah, forme trois masses d’inégale

longueur et trois échappées ou passages dont deux sont au midi et un au

nord. L’épaisseur et la hauteur de cette chaîne varient. A l’est, les

masses sont plus serrées, plus abruptes, plus élevées, plus larges, et

sont infranchissables. Cette disposition se modifie et s’adoucit

insensiblement à mesure que, venant des deux côtés nord et sud, on

arrive à la ligne de l’ouest. A l’ouest, il y a même un endroit par où

l’on peut sortir de l’enceinte et y entrer. Cette issue, praticable

seulement aux piétons, est au-dessus et vis-à-vis de la lettre G, fig.

2, et A, fig. 2 _bis._

Dans l’intérieur de Ouârah, il n’y a pas d’autres arbres que les

quelques seyâl (_mimosa seyâl_) qui sont sur la place du Fâcher. Les

environs de la ville sont également sans arbres et aussi sans culture,

jusqu à une distance d’un quart de lieue ; du côté du sud surtout,

jusqu’à une distance d’une heure au moins, le sol est dur et nu, sans

trace de végétation, même dans les premiers villages que l’on rencontre.

A la sortie la plus à l’est, du côté du sud de la chaîne des monts

Ouârah, est l’endroit appelé Byr-Ochar, ou encore Byr-Sâboûn, c’est-à-

dire les puits d’Ochar, ou de Sâboûn. Ce sont quelques puits d’eau

potable situés à quelques minutes des monts. La terre est élevée autour

de ces puits ; car tous les ans on est obligé de les déblayer et de les

débarrasser de la terre qu’y entraînent les grandes pluies.

Les demeures ou huttes entourées de zérybeh sont la plupart celles

d’individus riches ou de hauts fonctionnaires du gouvernement. Les gens

de leur suite ou de leur service ont leurs huttes en dehors et à

proximité des zéribeh.

La population de Ouârah, toujours selon notre cheykh El-Tounsy, peut

s’évaluer à 40,000 âmes, hommes, femmes, enfants et esclaves. Environ

8,000 hommes armés pourraient être fournis par cette population, en

supposant qu’on réunît tous les individus en état de porter les armes ;

car au Ouadây, et en général dans tout le Soudan, tout homme pouvant

porter les armes est soldat au jour du besoin.

Du reste, pour les guerres, il est de principe, au Ouadây, de ne lever,

au plus, que la moitié des hommes capables d’être soldats, et cela même

dans les grandes nécessités. Habituellement on reste au-dessous de cette

proportion. Les levées ordinaires peuvent amener sous les armes jusqu’à

80 et 90 mille hommes. L’effectif possible des forces militaires du

Ouadây s’élèverait au moins à 200,000 hommes. En tenant compte du nombre

d’individus qui composent les familles, terme général, et en considérant

que les Ouadayens adultes ont presque tous plusieurs femmes, un certain

nombre d’enfants et même d’esclaves des deux sexes, on peut évaluer les

habitants du Ouadây, au moins à 5,000,000 d’individus. Ce nombre,

comparé à l’étendue du pays, serait encore loin de ce que le cheykh El-

Tounsy et les faguyh Délyl et Ilâly, etc., m’ont répété si souvent, en

me parlant _des troupeaux de population_ (c’est leur terme) qui abondent

sur le sol ouadayen.

FIG. 2 _BIS_, PL. IV. Ville de Ouârah, capitale du Ouadây, d’après les

informations et les documents reçus du cheykh El-Tounsy. _Voy._ chap.

II, 2e partie.

FIG. 3, PL. V. _Dabboûz_ ou _dabboûs_, assommoir, casse-tête, sorte de

masse d’armes. C’est une tige en bois, longue de deux ou trois pieds au

plus, à renflement revêtu de rubans de fer. Il y a d’autres dabboûs en

bois, longs de quatre ou cinq pieds, comme des gourdins, et dont le

renflement arrondi, non garni de fer, est formé du haut de la racine

même de l’arbre. _Voy._ chap. IV, 1re partie.

FIG. 4, PL. VI. Oreille percée de plusieurs trous vers le bord du

pavillon. _Voy._ chap. III, 2e partie.

FIG. 5, PL. V. _Kourbâdj_ recourbé, ou couteau en forme de faucille.

Instrument ou arme d’attaque d’une peuplade anthropophage. _Voy._ chap.

III, 2e partie.

FIG. 6, PL. V. _Acrab_ ou scorpion, sorte d’entrave. C’est une barre de

fer recourbé en S. _Voy._ chap. V, 2e partie.

FIG. 7, PL. V. Brancard à traverses en cordes, pour transporter les

morts. _Voy._ chap. VI, 2e partie.

FIG. 8, PL. VI. Bras gauche armé du grand couteau Kirdâouy. _Voy._ chap.

V, 1re partie, et chap. IX, 2e partie.

FIG. 9, PL. VI. Couteau simple attaché au-dessus du coude. Dans la Nubie

et dans le Soudan, cette arme est portée presque constamment par les

hommes. _Voy._ chap. IX, 2e partie.

FIG. 10, PL. VI. Femme portant le Karandjalah. _Voy._ chap. IX, 2e

partie.

FIG. 11, PL. V. Gorgerin ou pièce antérieure du caparaçon des chevaux

harnachés en guerre. Des cordons attachent sur l’encolure et

maintiennent cette pièce en avant du poitrail. _Voy._ chap. XI, 2e

partie.

FIG. 12, PL. V. Pièce du caparaçon fixée sur la croupe, et garantissant

le train postérieur. Les deux extrémités se nouent sous le ventre du

cheval. La coupure facilite le rapprochement du bord, en avant, pour

nouer cette pièce à la pièce qui protége le ventre du cheval et sur

laquelle passe l’étrier. _Voy._ chap. XI, 2e partie.

FIG. 13, PL. V. Pièce du caparaçon garantissant le milieu du flanc du

cheval, elle s’attache à la pièce du poitrail et à celle de la croupe

par le moyen de cordons. _Voy._ chap. XI, 2e partie.

FIG. 14, PL. V. Sayon ou saie. Le dessin indique les losanges de

diverses couleurs et assez irréguliers qui couvrent le sayon en dehors.

La _châyeh_ ou saie est à manches qui viennent ordinairement jusqu’au

poignet ; elle descend jusqu’au milieu des cuisses et est fendue en

arrière depuis le bord inférieur jusqu’à la hauteur d’un pied environ

pour s’écarter suffisamment de chaque côté de la selle, ou pour ne pas

gêner la marche des fantassins. _Voy._ chap. XI, 2e partie. Sous la

châyeh, les soldats fôriens et surtout les cavaliers, portent la chemise

de mailles ou cotte de mailles en fer. Cette cotte de mailles est en

forme de chemise, fendue en bas par devant, descendant jusque vers le

milieu de la cuisse et parfois jusqu’aux genoux. Lorsque les manches de

cette cotte composée d’anneaux de fer entrés les uns dans les autres ne

viennent que jusque vers le coude, l’avant-bras est protégé par un

brassart formé de deux plaques de fer blanc arrangées et courbées de

façon à couvrir le bras, revêtues de drap à leur face interne et

maintenues sur l’avant-bras avec des crochets qui se trouvent alors sur

la direction du radius. Des charnières sur le bord opposé des deux

pièces du brassart, permettent d’écarter et de rapprocher les deux

parties de cette armure. Ce brassart porte le nom de komounah ou

koumou_n_ah. Du reste les soldats, fantassins ou cavaliers, sont

toujours jambes et pieds nus. La cavalerie n’a pas de boucliers. Le

cavalier a souvent deux lances kaukâb.

FIG. 15, PL. VI. Cheval préparé et harnaché pour le combat. Ce cheval,

haut monté sur jambes, a par là même un caractère dongolâouy ou de race

de Dongolah. Il est habillé de son caparaçon ; la tête est munie de

plaques ou joues en fer-blanc réunies par des liens au frontail qui est

bombé et aussi en fer-blanc. Toutes ces pièces en fer-blanc sont

doublées de drap qui les déborde à l’entour et fait ainsi une sorte de

parure. La têtière passe sous ces plaques qui d’ailleurs sont tenues

entre elles sur le front et derrière les oreilles du cheval.

Deux sabres droits sont suspendus par un bout à l’avant de la selle, et

par l’autre bout au troussequin.

Le cheval ainsi harnaché rappelle ceux dont se servaient en guerre les

anciens chevaliers, et les miniatures du _manuscrit des miracles de

Saint-Louis_ (époque du XIIIe siècle).

Lorsque le cheval s’abat, il s’embarrasse tellement dans ses caparaçons

et couvertures, qu’il ne parvient pas toujours à se remettre sur jambes.

Le cavalier lui-même risque d’être gravement blessé, ou d’être pris ou

tué, car il a, lui aussi, un embarras énorme dans ses lances, sa châyeh

et sa cotte de mailles qui parfois encore est double.

Le cavalier placé debout au côté droit du cheval est couvert de la saie

piquée et coiffé de la _tasse_ ou bassinet rond à trois baguettes, une

sur chaque tempe, et l’autre sur le front et le nez ; la nuquière est en

mailles de fer et tombe jusque sur les épaules. Ce cavalier porte la

grande lance kaukâh dont le kindâb ou talon est rendu pesant par une

pièce d’ébène qui y est fixée, ou bien par quelques tours d’un ruban de

fer. Un esclave est en tête du cheval ; un fantassin ordinaire est en

arrière. _Voy._ chap. XI, 2e partie.

FIG. 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 23, 24, 24 _bis_, 25, 25 _bis_, 26, 27,

PL. V. Différentes formes de fers de lances et de javelines. _Voy._

chap. XI, 2e partie. Le fer de lance, no 24 _bis_, est hérissé de

piquants au point _a_. La fig. 25 _bis_ a été dessinée sur une lance

d’une seule pièce et entièrement en fer. Vers le bas de la hampe, au

point _c_ (25 _ter_), elle était revêtue d’un morceau de peau d’animal

avec ses poils, servant à tenir l’arme plus fermement.

FIG. 28, 28 _bis_, 29, 30, 30 A, 30 B, PL. VI. Boucliers de différentes

formes. _Voy._ chap. XI, 2e partie. La fig. 28 porte deux courroies,

l’une, _a_, pour suspendre le bouclier à l’épaule ; l’autre, _bb_, pour

le porter en bandouillère. En _cc_, sont des lannières étroites qui ne

servent que d’ornement. La fig. 28 _bis_, _a, b_, représente un bouclier

assez grossièrement travaillé, d’une forme singulière, et qui est aussi

en usage chez les peuplades des bords du Nil ou Fleuve-Blanc, vers les

4o et 5o de latitude, m’a été donné par mon ami M. d’Arnaud, et je l’ai

envoyé avec d’autres objets au cabinet de la Société historique et

archéologique de Langres. Ce bouclier a 71 centimètres de long et 9

centimètres de large à son milieu. C’est une sorte de grosse pièce de

bois plus large à son milieu, bombée en dehors et en avant. La partie

saillante en avant forme une crête épaisse qui va en dédolant sur chaque

côté comme le représente la fig. 28 _bis_, _b_, où le bouclier est vu de

face. La partie opposée, tenue par la main, est amincie et forme une

longue crête, de haut en bas, creusée d’un sillon dans toute sa longueur

pour permettre d’y poser une lance _cc_ qui alors est maintenue

solidement le long du bouclier par la main qui le tient. Car l’individu

a toujours deux lances, l’une portée, comme je viens de le dire, par la

main qui a le bouclier, l’autre portée par la main droite et qui est

celle avec laquelle on combat réellement. Lorsque l’individu a cru

nécessaire de lancer cette dernière lance à un ennemi, il reprend

aussitôt celle qui est maintenue dans le sillon du bouclier par la main

gauche. Cette lance est toujours plus forte et plus longue que l’autre,

car l’individu ne s’en sépare jamais dans le combat. Le bouclier en

question ici est percé, au milieu et dans la direction d’une face

latérale à l’autre, d’un trou oblong assez grand, ce qui fait une sorte

d’anse par laquelle la main tient le bouclier et la lance _cc_. La fig.

28 _bis_, _a_, présente cette disposition ; le bouclier y est vu

latéralement.

La fig. 30 A, est un bouclier à deux échancrures très-bien arrondies,

dont l’entrée est un peu plus rétrécie que l’intérieur. L’_umbo_ porte

une côte ou saillie qui n’est qu’un repoussement du cuir en dehors, de

même que l’_umbo_ tout entier. Le bouclier sur lequel a été dessiné

cette fig. 30 A, et que j’ai envoyé aussi au musée de Langres, était en

peau de bufle. Autour de l’umbo il y avait une couronne de légers

dessins d’angles. L’échancrure du bouclier sert souvent à poser la lance

pour viser l’adversaire et la lui lancer plus sûrement. C’est ce

qu’indique la fig. 30 B. Les courroies servent à suspendre le bouclier à

l’épaule.

FIG. 31, PL. V. _Guerfeh_, sorte de grand sac de cuir pour voyager. Il

sert à mettre les hardes, les provisions de bouche. _Voy._ chap. III, 3e

partie.

FIG. 32, PL. VII. Femme ouadayenne coiffée de la parure appelée am-

chinga. _Voy._ chap. IX, 2e partie. L’arrangement des cheveux n’est

point disposé par étages et par renflement sur les côtés et derrière la

tête, comme chez les Fôriennes, _voy._ fig. 10, pl. VI ; c’est une

simple accumulation d’une foule de frisures très-fines et allongées,

laissées pendantes à leur place naturelle, comme chez nous dans les

_coiffures à l’enfant_. Les Ouadayennes de condition aisée passent

beaucoup de temps à l’arrangement de leur chevelure, à coordonner la

multitude des tuyaux de frisure qui leur forment comme une perruque

serrée. En arrière, ces cheveux finement bouclés, en boucles aussi

longues que le permet le crépu des cheveux, tombent sur le cou, d’une

oreille à l’autre, et arrivent même jusque sur les épaules ; mais, pour

cela, les Ouadayennes adaptent très-souvent de faux cheveux à leur

chevelure, et, par cette ressource, allongent la chute de leurs frisures

par derrière la tête. Il n’y a que les femmes d’origine arabe, me dit le

cheykh El-Tounsy, qui n’aient pas besoin de cet emprunt pour se coiffer

à la grande mode, à frisures tombantes.

Les tuyaux frisés du milieu du devant de la tête ne descendent pas du

côté du front. Ils sont au contraire remontés et couchés de bas en

haut ; de plus, il y a, au milieu, une ligne de séparation marquée

depuis le front jusqu’au bout de la tête ; c’est là que s’applique l’am-

chinga.

FIG. 32 D, PL. VII. L’am-chinga, parure que portent sur le devant de la

tête les femmes des personnages distingués. Les crochets supérieurs de

l’am-chinga se fixent dans les cheveux qui sont frisés et serrés comme

on l’a dit. _Voy._ chap. IX, 2e partie.

FIG. 33, PL. VIII. Portrait d’un Mandarâouy ou Mandaraouyen (habitant du

Mandarah), province méridionale du Barnau. Les Mandaraouyens sont une

population à part, conquise par le Barnau. L’individu représenté par le

portrait, était soldat au service du pacha d’Égypte. Il arriva au Caire

après la guerre de Syrie à laquelle il avait assisté. Je le fis

dessiner, sans qu’il s’en doutât, à l’hôpital de Casr-el-Ayny où il

était entré légèrement malade. Sa conversation (il parlait bien

l’arabe), ses mouvements, toute sa physionomie, exprimaient la vivacité

et l’intelligence.

FIG. 34, PL. VII. Le faguyh Délyl, grand câdi du Ouadây. Il était

d’origine arabe, mais né au Ouadây. Il avait fait ses études à la

mosquée El-Azhar, au Kaire. Il mourut en pèlerinage. _Voy._ chap. X, 1re

partie.

FIG. 35, PL. VII. Le faguyh Ilâly, Ouadayen d’origine, né à Ouârah qu’il

habite encore. Il occupe la maison même qu’occupait le cheykh El-Tounsy.

_Voy._ Introduction.

FIG. 36, PL. VII. Un Ouadayen du village de Koudkous dans la province du

Batha, au centre du Ouadây. Il accompagnait le faguyh Ilâly lorsque

celui-ci passa au Caire pour aller en pèlerinage à la Mekke. Sa

physionomie, fine d’expression et de malice, avait l’air railleur.

FIG. 37, PL. VIII. Portrait du Barnâouy ou Barnâouyen (habitant du

Barnau), dessiné chez le sultan Abou-Madiân, au Kaire. Le portrait de ce

Barnâouyen, comme tous les autres portraits précédents, est d’une

ressemblance parfaite : figure longue, lèvres grosses, nez peu saillant,

yeux petits, pommettes avancées ; air bénin, dévot et sanctifié,

assaisonné de l’expression un peu niaise qui va si harmoniquement avec

son tarbouche allongé. Ce Barnâouyen, né au Birny du Barnau, a passé

quatre ans au Caire à faire ses études. Il a appris ce que l’on enseigne

si médiocrement à la mosquée El-Azhar, la Sorbonne d’Égypte, et il s’est

en allé cheykh bréveté jugé digne d’être câdi au Barnau.

NOTA. Les détails relatifs aux figures ont été reçus du cheykh de vive

voix.

MUSIQUE.

PL. IX. Parmi les chants dont je donne la musique, il en est deux, le 7e

et le 8e, dont le texte n’est pas cité dans le courant de cet ouvrage.

Voici l’explication des mots qui composent ces deux chants :

No 7. _Chout-Koum_, vous pourriez. _Koum_ est le mot arabe _vous_,

régime. — _Toçalo_, que vous obteniez, atteigniez à, arriviez à. C’est

le mot arabe _toûçaloû_ qui a ce même sens. — _Lé_, préposition arabe,

_à, jusqu’à_. — _Khdeyrah_, diminutif arabe _Khodeyrah_, nom propre. —

Le sens est : « Vous pourriez arriver à ma belle Khodeyrah, celle que

j’aime ? vous pourriez y arriver ? vous le pourriez ? Non, jamais. Et si

vous le tentiez, je vous tuerais ; elle est à moi seul. »

No 8. _Yobané eyo ebné_. Ces mots n’ont pas de sens ; c’est une sorte de

mise en train, comme nos _la la déri déra_, etc. — _El-leyl_, la nuit ;

mot arabe. — _Bobé_, est avancée, avancée au tiers (et je suis encore

seule !). — _Dâr-Fôr_, le Dârfour, c’est-à-dire ici, le monde entier ;

car, pour les Fôriens, le Dârfour c’est l’univers. — _Guéfé_, c’est le

mot arabe _djafa_ ou _djéfé_, s’éloigner, c’est-à-dire : le monde se

disperse, s’éloigne ; ceux qui s’aiment dans ce monde sont souvent

éloignés l’un de l’autre, forcés de se séparer. — _Ana_, moi, je,

nominatif ; mot arabe. — _Râcy_, ma tête ; arabe. — _Naouei_, mot

d’origine arabe, pour _nâouy_, a désir ; c’est-à-dire : je veux fuir ;

ma tête, mon esprit veut que j’aille de par le monde à la recherche de

mon amant. — Cet air n’est chanté que par les femmes, il est fôrien.

* * * * *

=TABLE DES MATIÈRES=

CONTENUES DANS LE

VOYAGE AU OUADÂY.

[Décoration]

_Page_

PRÉFACE, par M. JOMARD I-LXXV

--------------

INTRODUCTION, par M. PERRON 1

--------------

PREMIÈRE PARTIE, OU PARTIE HISTORIQUE.

CHAPITRE Ier. — Causes qui ont déterminé le cheykh El-Tounsy 37

à passer du Dârfour au Dâr-Ouadây. — Reclusion ; délivrance.

— Départ du Dârfour. — Retards ; guides ; traversée de

l’espace qui sépare le Ouadây du Dârfour. — Quantité

d’animaux sauvages. — Entrée au Ouadây. — Formalités

singulières. — Bosses du courage. — Présentation à l’aguîd

ou gouverneur de la province de l’Est. — Envoyés du sultan.

— Départ pour Abâly. — Sorte de quarantaine. — Grand repas

envoyé au cheykh par le sultan. — Présents du cheykh au

sultan et du sultan au cheykh. — Présent d’œufs de pintade.

— Accidents

CHAPITRE II. — Le sultan Séleîh, dont le nom est aussi donné 68

au Ouadây. — De l’origine des familles régnantes au

Kordofâl, au Dârfour et au Ouadây

CHAPITRE III. — Conventions primitives de paix entre les 76

Fôriens et les Ouadayens. — Rupture ; guerres. — Victoires

des Ouadayens. — Deux sultans fôriens sont tués sur le champ

de bataille. — Paix

CHAPITRE IV. — Le sultan Mohammed-Abd-el-Kérym, surnommé 92

Sâboûn. — Sa jeunesse. — Ses qualités. — Il se prépare au

sultanat. — Il s’empare de la demeure impériale, et se fait

reconnaître souverain. — Prétentions de ses frères. — Guerre

civile. — Sâboûn triomphe ; il brûle les yeux à un de ses

frères. — Il prend l’autre par ruse, et le fait mettre à

mort

CHAPITRE V. — Tyrannie et déréglements d’Ahmed, sultan du 121

Bâguirmeh. — Incursions des Bâguirmiens sur le territoire

ouadayen. — Lettres de Sâboûn à Ahmed. — Expédition et

départ de Sâboûn. — Arrivée dans l’espace qui sépare le

Ouadây et le Bâguirmeh. — Un abou-carn se précipite sur les

Ouadayens ; il est tué par un esclave. — Plusieurs chefs

condamnés à mort. — Comparaison des Rézeigât et des

Djéâtenah. — Vénération pour le souverain. — Anecdote. — Le

souverain est toujours inspiré du ciel. — Autre anecdote

CHAPITRE VI. — Les Ouadayens pénètrent dans le Bâguirmeh ; 14

ils arrivent à peu de distance de la capitale. — Sâboûn

dispose ses corps d’armée. — Les Bâguirmiens sont battus. —

Prise du birny. — Siége et prise de la demeure du sultan. —

Pillage. — Richesses ; numéraire. — Disparition du sultan

bâguirmien. — Par le moyen de ses femmes, on le retrouve

parmi les morts. — Bas prix des esclaves. — Dons du sultan

Sâboûn

Voyage au Ouadây · 第 53 / 55 段