CHAPITRE XXVIII.

M. Fouché ne me fait connaître que quelques agens subalternes.--Moyens

que j'emploie pour découvrir les autres.--Je trouve de la bonne

volonté.--Mon oratoire se remplit, les saints de toutes les classes n'y

manquent pas.--Intrigans de Paris.--Intrigans d'été dans la haute

société.--Complaisance des courtisans pour l'empereur.--Bals

masqués.--Bienfaisance de l'empereur.--Les femmes de Paris.

M. Fouché s'était joué de moi en me désignant des agens qui étaient des

hommes de la dernière classe et que même il ne recevait pas, hormis un

ou deux individus qui lui permirent de me les présenter. Il ne m'en fit

pas connaître d'autres. Moi, je ne fus pas si fier; je les vis tous pour

savoir d'eux-mêmes à quoi on les employait: j'en trouvai qui valaient

mieux que leur extérieur, et je me suis bien trouvé d'avoir été généreux

envers eux. Mes premiers essais furent de ressaisir, par la ruse, tous

les fils qu'avait rompus mon prédécesseur par méchanceté. Mon

intelligence me fit bientôt trouver des moyens naturels qui m'y firent

réussir.

Il y a dans toutes les grandes administrations un registre d'adresses,

afin que les porteurs de lettres, qui sont des hommes que l'on a _ad

hoc_, sachent de quel côté ils doivent commencer leurs courses pour

abréger le chemin. Celui du ministère de la police était assez riche en

ces sortes d'indications. Il était gardé par les garçons de bureau, et

comme je ne voulais pas laisser apercevoir mon projet, je choisis un

soir où je pouvais me débarrasser de mon monde pour donner une longue

commission au domestique qui était de garde ce soir-là, et je lui permis

d'aller se coucher, au lieu de rentrer chez moi; il ne fut pas plus tôt

dehors, que j'allai moi-même enlever le registre, ainsi que la liasse

des reçus que les commissionnaires ont soin de conserver en cas de

réclamation sur la remise des lettres.

Je me renfermai dans mon cabinet pour faire moi-même le relevé de ces

adresses. Quelques-unes désignaient la profession. Je passai la nuit à

le copier et à chercher dans la liasse des reçus tous ceux qui portaient

la date d'un même jour pouvant correspondre à celui où M. Fouché formait

la liste des convives de ses dîners de représentation, qui avaient lieu

les mercredis, en hiver seulement; ceux-là ne piquaient pas autant ma

curiosité que ceux dont je n'apercevais pas le motif qui avait pu les

faire mander au ministère. Lorsque j'eus finis, je remis les choses à

leur place.

J'avais une belle légende de noms et d'adresses; il y en avait dans le

nombre qui m'étaient connus, et que j'aurais cherchés plutôt en Chine

que sur ce catalogue.

Il y avait plusieurs noms qui n'étaient désignés que par une majuscule;

je jugeai bien que ce devait être les meilleurs, et je vins à bout de

les connaître, en leur jouant le tour dont je parlerai, et que

l'embarras de ma situation rendait excusable, d'autant plus qu'il

n'avait que le caractère de la curiosité.

Je divisai mon catalogue d'adresses par arrondissement, c'est-à-dire en

douze parties, et chargeai quelqu'un, dans chaque arrondissement, de me

faire la note détaillée de ce qu'était chacun des individus désignés, de

quel pays il était, depuis quand il était à Paris, de quoi il y vivait,

ce qu'il y faisait, et de quelle réputation il jouissait; sans donner

d'autres motifs de ma demande, je fus servi à souhait, parce qu'il n'y a

pas de ville en Europe où l'on retrouve aussi promptement qu'à Paris, un

homme déjà connu. Le simple bon sens me fit apercevoir ce qui pouvait me

convenir, dans ces renseignemens, et je ne craignis pas de porter un

jugement favorable à mes projets, sur quelques-uns qui étaient

précisément les agens de mon prédécesseur. Je les fis mander par billet

à la troisième personne, et sans indiquer d'heure pour l'audience;

seulement j'eus soin de les appeler à des jours différens. Aucun n'y

manqua, et ils reprirent naturellement leurs habitudes de venir à la

nuit. L'huissier de mon cabinet, en me les annonçant, me remettait le

billet que je leur avais écrit, et qui leur avait servi pour entrer chez

moi. Avant de les faire entrer, je retenais un moment l'huissier, pour

lui demander si ce monsieur ou cette dame venaient souvent voir le duc

d'Otrante, et à quelle heure. Il était rare qu'il ne les connût pas.

Alors je savais comment il fallait recevoir la personne annoncée, qui

arrivait persuadée que je savais tout, qu'autrement on ne l'eût pas

devinée. J'avais soin de prendre l'air d'avoir été informé par M. Fouché

lui-même, et moyennant des promesses de discrétion, j'eus bientôt

renouvelé les relations de tout ce monde-là avec mon cabinet.

Les noms à lettres majuscules finirent aussi par y venir. Pour les

connaître, j'employai le moyen d'agens habitués, qui prirent dans toutes

les maisons portant les numéros indiqués sur l'adresse des renseignemens

sur les personnes dont les noms commençaient par la majuscule.

Quelquefois il y en avait plusieurs dont le nom commençait par la même

lettre; je me fis donner les mêmes notes sur le compte de chacune, et

lorsque j'étais embarrassé par la similitude des noms, j'imaginais de

leur écrire encore à la troisième personne, sans mettre leurs noms, mais

seulement la majuscule, qui était le seul renseignement que j'eusse;

j'envoyais porter mes lettres par les garçons de mon bureau, qui étaient

le plus souvent connus des portiers, chez lesquels ils allaient

quelquefois, et comme ces derniers sont d'ordinaire très au fait des

allées et venues des personnes qui logent chez eux, ils ne manquaient

jamais de porter la lettre à la personne à laquelle elle était destinée,

quoiqu'il n'y eût qu'une majuscule pour désignation sur l'adresse; ils

étaient accoutumés à voir arriver ces sortes de lettres ployées et

cachetées de la même manière. La personne qui la recevait se croyait

prise, et ne songeait plus qu'à faire un nouvel arrangement; elle ne

concevait pas qu'on l'eût nommée au nouveau ministre sans sa permission.

Quelquefois le portier remettait à la même personne les deux lettres

qu'on lui avait apportées avec la même majuscule pour adresse, ce qui

était une preuve que je ne m'étais pas trompé, et celle-ci, en venant à

mon cabinet, les rapportait toutes deux, en m'observant que c'était sans

doute par inadvertance qu'on lui avait écrit deux fois. Cela était mis

facilement sur le compte d'une erreur, parce que chaque lettre indiquait

un jour différent pour se rendre chez moi. De cette manière, je connus

toutes les relations de M. Fouché, que je croyais bien plus nombreuses,

et surtout bien plus précieuses. Il m'est arrivé que, dans une maison où

il y avait deux noms semblables, le portier était nouveau et remit les

lettres aux deux personnes pour lesquelles il les croyait destinées.

Elles m'arrivèrent toutes deux; mais comme l'huissier connaissait la

bonne, je ne manquai pas de trouver dans la note statistique de l'autre

de quoi justifier son appel près de moi. J'employai encore un autre

moyen pour retrouver toutes les traces de mon prédécesseur: j'ordonnai à

mon caissier de m'avertir lorsque les habitués se présenteraient pour

toucher de l'argent; je n'entendais par habitués que ceux qui n'avaient

point de fonctions ostensibles. Le premier mois, la fierté eut le

dessus, je ne vis personne; mais le second, on reconnut qu'il n'y avait

pas de sot métier, et qu'il n'y avait que de sottes gens: on vint, sous

un prétexte quelconque, demander au bureau si on continuerait à payer;

je reçus tout le monde, ne diminuai les émolumens de personne, et

augmentai considérablement la plupart de ceux que j'employais, et de

tout ce qui travaillait sous moi. Ce petit noviciat, auquel je fus forcé

pour me créer des instrumens qu'on aurait dû me laisser, ne me nuisit

pas, mais ne m'avait pas découvert des sources d'informations bien

précieuses; je ne concevais pas qu'il n'y eût que cela, car je ne voyais

pas de quoi employer la moitié de la somme que l'empereur donnait pour

cet article, dont cependant il restait peu de chose à la fin de chaque

année.

Je tirai encore de cette petite ruse une autre leçon, c'est que j'appris

que l'on pouvait se mettre en relation avec la société sous mille

rapports dont, auparavant, je n'aurais jamais osé faire la proposition à

qui que ce fût. Cela me donna connaissance du degré d'estime qu'il faut

accorder aux hommes et le taux des complaisances de chacun, qui est

subordonné à leur position, à leur goût pour les désordres, et à leur

inclination pour l'inconduite.

Chez d'autres, je pris des moyens obliques pour arriver au même but; je

trouvais qu'un homme était déjà assez malheureux d'en être réduit là, et

je crus y gagner davantage en les obligeant d'une manière à leur relever

l'âme, au lieu de l'avilir. Chez plusieurs, cela m'a réussi; je recevais

leurs avis, et les rémunérais en les remerciant. Ceux-là sont venus me

voir lorsque la fortune m'a abandonné, et les autres ne m'ont pas donné

signe de vie; quelques-uns même m'ont calomnié.

Ce peu de connaissances que j'avais acquis m'avait donné la hardiesse de

chercher les moyens de l'étendre; je vis bientôt que je n'avais eu peur

que d'une ombre, car j'avais poussé les informations si loin, que

moi-même j'avais peine à y croire. Lorsque j'eus ainsi meublé mon

oratoire, je songeai à l'employer. La haute société, comme celle du

commerce et de la bourgeoisie, se divise aisément par coteries; je ne

mis pas long-temps à faire ma division, et j'étais parvenu à la faire

d'une manière assez juste pour me tromper rarement sur le nom des

personnes qui avaient composé une assemblée, un bal, ou ce que l'on

appelait alors une _bouillotte_, lorsque j'étais averti qu'il y en avait

une dans telle où telle maison[43]. Il ne faut pas croire que l'on

mettait pour cela de l'importance à savoir tout ce qui s'y disait; il y

aurait eu autant de peine à en recueillir quelque chose d'utile qu'à

compter les grains de sable du bord de la mer. Mais ce qui faisait le

sujet d'une observation constante, c'était l'attention de remarquer si

l'on ne venait pas profiter de ces réunions pour y répandre quelques

mauvais bruits, ou des nouvelles désastreuses, comme quelques projets de

guerre, ou de nouveaux plans de finance; les colporteurs malveillans

avaient ordinairement le soin de semer cela dans les cercles qu'ils

savaient composés des personnes dont les intérêts pouvaient en être le

plus aisément alarmés. Lorsque le cas se présentait, l'observateur

écoutait le conteur, et en le fréquentant, il manquait rarement de

découvrir où il avait pris la nouvelle dont il venait tourmenter les

paisibles citoyens. C'est ainsi que l'on était parvenu à former des

listes de tous les débiteurs de contes, et, lorsqu'ils se mettaient dans

le cas d'être réprimés, on leur faisait tout à la fois solder le compte

de leurs indiscrets bavardages.

Il y a à Paris une classe d'hommes qui vivent aux dépens de la crédulité

et de la bonhomie des autres: ceux-là ont un grand intérêt à être

informés de tout, vrai ou faux; ils ont un compte courant qu'ils

chargent de tout ce qu'ils apprennent; c'est avec ces gentilles

bagatelles qu'ils paient leur dîner ou leur place au spectacle; ils

portent une nouvelle pour en écouter une autre. Ce sont des hommes

précieux pour un ministre de la police; il les a sans peine en les

tirant des mauvaises affaires où ils ne manquent jamais de se jeter. On

s'en sert pour donner de la publicité à ce qu'on veut répandre, pour

découvrir d'où part la publicité que l'on donne à ce qu'il faut taire.

L'intrigue marche toujours, parce qu'elle à des besoins continuels qui

l'obligent à avoir l'esprit toujours dans l'activité. Un intrigant sans

activité est bientôt à l'hôpital, et celui qui a de l'activité

trouverait moyen de tondre sur un oeuf.

Un intrigant connaît les liaisons de coeur de tous ses amis; il conseille

l'amant et l'amante, les brouille, les réconcilie; il étudie les haines,

les passions; il observe les dérangemens de conduite des autres, en les

associant à ceux de la sienne propre; il y a peu de lieux intéressans où

il n'ait pas les yeux ou les oreilles. Cherchez-vous le soir un homme de

plaisir? il sait dans quelle partie galante on doit le trouver, chez

quel restaurateur il aura dîné, à quel spectacle il aura été. Est-ce une

étourdie? il la connaît de même à l'étiquette du sac.

Il n'y a pas dans le monde une petite ville où l'on trouve plus vite un

individu que l'on cherche qu'à Paris.

L'été, lorsque toute la haute société est dans ses châteaux, on sait

moins promptement ce que l'on veut savoir; mais il y a aussi un moyen

infaillible de découvrir ce qu'on croit utile de savoir. Les parties de

château ont des charmes de bien des espèces. Avec un peu d'habitude de

la bonne compagnie, on connaît, avant la fin de la mauvaise saison,

toutes les parties de campagne qui doivent avoir lieu depuis la fin de

juin jusqu'en novembre. On sait que dans tel mois c'est telle société

qui est à tel château, d'où elle va le mois suivant à tel autre, et où

elle est remplacée par telle autre. On fait ainsi le tour de toute une

province, et il arrive rarement que les personnes qui ont fait cette

promenade ne disent pas à leur retour tout ce qu'elles ont vu ou

entendu; et si l'on a un motif d'être informé de ce qui s'est passé dans

une de ces maisons, il est bien rare que ce qui vous revient innocemment

ne vous mette pas sur la trace de ce qu'il y aurait de plus important à

connaître.

La plupart de ces châteaux ont des messagers qui portent et rapportent

les lettres de leurs sociétés du bureau de poste le plus voisin. S'il y

avait quelque chose de sérieux, on aurait cent moyens d'en être prévenu,

parce que l'innocence ne se déguise pas, et que, quand elle se trouve à

côté des coupables, elle les décèle ingénument. On a attribué à une

inquisition de la part de l'empereur tout ce que l'imagination de

quelques esprits faibles ou déraisonnables croyait apercevoir ou

éprouver en tracasseries, tandis que ce n'étaient que les effets de

l'animosité de quelques esprits particuliers, qui, pour mieux se venger,

se donnaient le manteau de l'autorité. J'ai connu des individus qui

croyaient l'empereur indisposé contre eux, et j'ai su depuis que même il

ne connaissait pas leurs noms, ou n'avait d'eux qu'une bonne opinion.

On croyait que l'empereur mettait un grand intérêt à connaître des

détails de ménage, ainsi que toutes les particularités qui les

concernaient; je sais même qu'il est arrivé à M. Fouché de se servir, en

parlant de cela, de cette expression: «L'empereur! vous ne le connaissez

pas; il voudrait pouvoir faire la cuisine de tout le monde.» Il m'a tenu

à moi-même ce propos. Certainement de tous ceux qui ont occupé le

ministère de la police, s'il y a eu quelqu'un que l'empereur n'eût pas

craint de charger des menus détails qui auraient excité sa curiosité, ce

quelqu'un c'était moi. Or, je déclare que, dans les quatre années que

j'ai occupé cette charge, jamais il ne m'a demandé aucune particularité

sur l'intérieur de qui que ce soit, excepté lorsqu'il était question de

pourvoir quelqu'un d'un emploi auquel était attaché une considération

qui entraînait les hommages d'une portion de la société ou d'un pays

entier, comme une préfecture, par exemple; alors il voulait absolument

que l'on fût sans reproche, et j'ai vu quelques cas où la

déconsidération que des écarts avaient attirée sur un intérieur privait

une famille d'une aisance qui lui serait arrivée sans cet inconvénient.

Cependant on était étonné que l'empereur connût une assez bonne quantité

de petites histoires amusantes, que l'on croyait ne pouvoir être

arrivées jusqu'à lui que par le ministre de la police. Avant de l'être

moi-même, je le croyais aussi; mais voici où l'empereur puisait des

informations. Il n'était pas toujours dans son cabinet; il voyait du

monde; il aimait la société, et particulièrement celle des femmes, et il

faut convenir que, depuis vingt-cinq ans, ce sexe a adopté un genre de

passe-temps et d'occupations si différent de celui auquel il se livrait

dans les cercles, où, avec les mêmes agrémens, il cultivait et meublait

davantage son esprit, qu'il n'est presque plus possible de faire parler

une femme sur le compte d'une autre, sans que la médisance n'ait une

grande part à la conversation. Il résultait de là, que la jalousie et la

rivalité, pour obtenir des grâces, faisaient commettre des

indiscrétions, ou débiter des calomnies. Il y avait l'hiver des bals

masqués de cour, qui étaient les seuls amusemens dans lesquels

l'empereur avait les avantages de l'incognito, et où il pouvait causer à

son aise; j'ai souvent fait partie de sa suite dans ces sortes

d'occasions. J'ai même été avec lui à ceux du grand Opéra, à ceux de

cour. La société, quoique nombreuse, était choisie; tout le monde se

savait dans la meilleure compagnie, et malgré cela il y a eu plusieurs

tours de joués qui étaient de véritables guet-apens. L'empereur avait-il

besoin de charger le ministre de la police de le mettre au courant de

toutes ces misères? Il avait bien d'autres soins à lui confier, et il ne

manquait pas de courtisans pour lui en dire plus qu'il n'aurait voulu en

entendre, si une fois il avait permis que l'on fatiguât son oreille de

semblables narrations. Je dois cependant un hommage à la vérité: il m'a

quelquefois demandé des détails concernant des familles, et cela à deux

époques de l'année, à Noël et le jour du 15 août, qui était sa fête. Il

indiquait lui-même les noms des familles, et il n'avait d'autre but que

celui de connaître l'état de malaise de chacune, pour saisir cette

occasion de venir à leur secours. J'ai connu beaucoup de dons de cent

mille francs, qu'il a donnés à la fois dans un seul ménage, et beaucoup

d'une somme moindre. Ce n'est pas mon secret; je n'ai pas le droit de le

divulguer, mais ceux qui les ont reçus et qui me liront pourront juger

si je ne dis pas la vérité.

J'ai reçu vingt lettres de lui, par lesquelles il m'ordonnait

fréquemment des rapports sur l'état de fortune des familles

d'officiers-généraux des services desquels il était satisfait.

Les premières lettres que j'ai reçues de lui étaient relatives aux

exilés et aux prisonniers d'État. J'en parlerai plus tard.

Il est néanmoins juste de dire, à la louange de la société des femmes de

Paris, qu'elle gagne beaucoup à être connue dans ses détails intérieurs.

J'ai eu maintes preuves des calomnies dont elle était chargée, et je ne

crois pas que, hormis un petit nombre de femmes pour lesquelles la

célébrité est un besoin de l'âme, il y ait un pays où l'on trouve autant

de coeurs élevés qui ont placé leurs affections dans l'accomplissement de

leurs devoirs, et j'ai vu aussi que ceux qui s'arrogeaient le droit de

les décrier étaient toujours ceux qui en étaient le moins distingués.

Mémoires du duc de Rovigo, pour servir à l'histoire de l'empereur Napoléon, Tome 4 · 第 39 / 48 题