CHAPITRE III.

L'empereur à Valladolid.--Le général Legendre.--Députation de la ville

de Madrid.--Audience que lui accorde l'empereur.--Le roi Joseph entre à

Madrid.--Nouvelles de France.--Conversation avec l'empereur à ce

sujet.--Disposition des relais.--Retour de l'empereur à Paris.--M. de

Metternich.

L'empereur fit placer ses relais pour arriver à Valladolid dans un seul

jour; il ramena toute la garde à pied et à cheval dans cette ville, où

il resta quelque temps; il envoya de là le maréchal Lannes commander le

siége de Sarragosse, et il prit plusieurs autres dispositions relatives

à la sûreté de l'armée et à la promptitude de ses opérations.

Il reçut, à Valladolid, un officier de la cour de Milan, qui venait lui

apporter la nouvelle de la naissance d'un enfant du vice-roi d'Italie;

mais il eut de l'impatience en recevant un de ses anciens officiers

d'ordonnance qui, en remplissant une mission à la Corogne, au

commencement de l'insurrection, y avait été fait prisonnier: on l'avait

gardé prisonnier à bord d'un vaisseau pendant cinq ou six mois, et il

venait de recouvrer sa liberté, par l'entrée des troupes françaises à la

Corogne. Il vint nous apprendre que le jour où l'affaire qui avait eu

lieu entre le maréchal Soult et les Anglais, en avant de la Corogne, et

dans laquelle le général en chef de l'armée anglaise Moore avait été

tué; ce jour, dis-je, les transports de l'armée anglaise n'étaient pas

encore arrivés. L'empereur ne put être maître d'un mouvement d'humeur;

il renouvela encore sa plainte de n'avoir pas été prévenu comme il

aurait dû l'être de la présence des Anglais à Salamanque et à Zamora; il

aurait été à eux avant d'aller à Madrid, et il les aurait combattus avec

une supériorité de quatre contre un. Il gronda les uns et les autres,

mais il le faisait toujours en riant, et jamais il n'était si près

d'accorder une marque de bonté à quelqu'un que lorsqu'il venait de lui

bien laver la tête.

C'est aussi pendant qu'il était à Valladolid qu'il apprit du ministre de

la guerre l'arrivée à Toulon des généraux Dupont et Marescot, les mêmes

qui avaient signé la capitulation de Baylen. Cela lui échauffa de

nouveau la bile, et il donna des ordres sévères à leur égard.

Le général Legendre, qui était le chef d'état-major de ce corps d'armée,

était revenu en France quelque temps avant, et n'avait pas craint de

venir trouver l'empereur à Valladolid. L'empereur le reçut à une parade,

et ne voulut pas le voir auparavant; c'était le 17e régiment

d'infanterie qui était passé en revue ce jour-là. Il y avait trente

généraux et plus de trois cents officiers présens, lorsque l'empereur

fit approcher le général Legendre; il le traita sévèrement, et lui dit,

entre autres choses: «Vous étiez un des colonels de l'armée que

j'estimais le plus, et vous vous êtes rendu un des instrumens de cette

honteuse transaction de Baylen! Comment, vous, ancien soldat de l'armée

d'Italie! votre main n'a-t-elle pas séché avant de signer une pareille

iniquité? et, pour couronner l'oeuvre, vous vous rendez l'organe d'une

fourberie pour abuser votre camarade Videl qui était hors d'affaire, et

le forcer à subir le déshonneur imposé à ses troupes, sans lui dire

pourquoi vous veniez le chercher!»

Le général Legendre s'excusait du moins mal qu'il pouvait: il disait

qu'il n'avait rien pris sur lui; qu'il n'avait fait qu'exécuter les

ordres du général en chef. L'empereur eut l'air de se laisser persuader,

mais sans être dupe; il se fâchait d'autant plus fort qu'il y avait un

grand nombre d'officiers de tous grades qui l'écoutaient, et qui

pouvaient d'un jour à l'autre se trouver dans la même position où

s'étaient trouvées les troupes du général Dupont. Il ne punit pas le

général Legendre, parce que tel était l'empereur: quand un homme lui

était connu par plusieurs actions de courage, une faute ne le perdait

pas dans son esprit, surtout lorsque cet homme n'était, à proprement

parler, qu'un être obéissant. Un autre individu qui aurait eu pour lui

plus d'actions de courage que le premier, mais qui, n'agissant qu'avec

méditation et réflexion, aurait commis une faute semblable, il la lui

aurait comptée en raison des moyens que son jugement, son éducation et

sa position lui fournissaient pour l'éviter, en sorte que dans une

circonstance pareille, commune à deux hommes différens, l'un était

traité avec indulgence et l'autre perdu sans retour dans son esprit,

c'est-à-dire que, sans le priver de ce que ses services lui avaient

acquis, il ne fallait plus rien demander pour lui.

C'est à Valladolid que l'empereur reçut une députation considérable de

la ville de Madrid. Elle venait lui demander de permettre que le roi

Joseph entrât à Madrid; il était toujours resté au Pardo, parce que

l'empereur voulait voir comment les affaires d'Espagne se dessineraient

avant de faire entrer le roi dans une capitale d'où il aurait pu être

dans le cas de sortir une seconde fois.

J'étais présent lorsqu'il reçut cette députation. Il avait pour

interprète M. Hédouville, ministre de France près le prince primat

d'Allemagne, qu'il avait fait venir à son quartier-général, parce qu'il

parlait très-bien l'espagnol. Il aimait M. Hédouville, qu'il avait connu

avant la révolution.

L'empereur demanda à la députation «si c'était une démarche libre et

exempte de toute insinuation qu'elle faisait en ce moment, et ajouta

que, si cette mission n'était pas la suite d'un mouvement sincère de

leur part, elle ne pouvait lui être agréable, et qu'il leur rendait leur

liberté.»

Il aurait fallu les voir tous se prosterner et jurer qu'ils étaient

venus d'eux-mêmes, après s'être réunis entre eux à Madrid, avec

l'approbation du roi, dont ils avaient l'autorisation, pour venir près

de l'empereur exprimer leurs voeux.

L'empereur leur répondit: «Si c'est ainsi, votre démarche m'est

agréable, et je vais m'expliquer avec vous.

«Si vous désirez avoir le roi parmi vous pour l'aider à éclairer vos

compatriotes, et à éviter une guerre civile, pour le servir comme de

bons Espagnols et ne pas faire comme ceux qui, après lui avoir prêté

serment de fidélité à Bayonne, l'ont abandonné à la plus légère

apparence d'un danger, je consens à ce qu'il aille demeurer avec vous;

mais alors, messieurs, vous m'en répondez tous personnellement.

«Si, au contraire, vous ne demandez le roi que comme un moyen de vous

soustraire aux charges inséparables de la présence d'une aussi grande

armée, je veux vous désabuser. Tout ce que vous souffrez me fait

d'autant plus de mal, que je voulais l'éviter en faisant par vous-mêmes

les changemens que je suis obligé d'appuyer par les armes. La présence

du roi à Madrid ne changera rien à cette position-là, à moins que vous

ne vous hâtiez de lui rallier tous les hommes sensés de votre patrie,

lesquels, une fois qu'ils se seront prononcés, produiront bientôt un

grand changement et amèneront le calme, sans lequel il ne sera pas

possible de rétablir l'ordre dans vos cités, en proie aux agitations et

aux troubles.

«Réfléchissez-y bien, et ne vous exposez pas à quelques résultats

fâcheux, si vous n'avez pas la ferme résolution de le servir.»

Tous protestèrent de leurs sentimens, et furent étonnés de la franchise

du discours de l'empereur. Ils le supplièrent de croire à la sincérité

avec laquelle ils serviraient le roi, ajoutant que jamais ils ne

prendraient aucune part directe ni indirecte aux agitations politiques

dont le pays était affligé: enfin ils renouvelèrent leurs instances pour

avoir le roi.

L'empereur leur répondit qu'il se fiait à leur parole; qu'ils pouvaient

s'en retourner et voir le roi au Pardo; qu'il allait lui écrire et lui

faire connaître qu'il ne mettait plus aucun obstacle à son entrée à

Madrid. Elle eut effectivement lieu, et l'administration espagnole se

mit en devoir de s'établir et de faire respecter son autorité. Si, avant

cela, on eût pu joindre l'armée anglaise et la forcer à une bataille

qu'elle eût infailliblement perdue, l'administration du roi Joseph

aurait fait plus de prosélytes; mais, faute de ce succès, les Espagnols

restèrent froids. D'un autre côté, nos troupes devenaient tellement à

charge par leur exigence et par les vexations de beaucoup d'officiers

supérieurs, et même de généraux, que les habitans se livrèrent au

désespoir.

Ils commencèrent par opposer de l'inertie à ce qu'on leur demandait; les

difficultés de vivre et de communiquer, au lieu de s'aplanir,

s'accrurent; les plus forts voulurent être obéis en conquérans, et les

Espagnols, que l'on aurait pu persuader, ne voulurent point être

asservis. On s'excita des deux côtés, et bientôt tout fut en armes. Il

ne faut pas mettre en doute que la mauvaise conduite d'une bonne partie

des officiers qui ont exercé des commandemens particuliers en Espagne, a

plus contribué au soulèvement absolu du pays que les événemens de guerre

qui nous ont été défavorables.

L'empereur attendit à Valladolid la nouvelle de l'entrée du roi à

Madrid. Il y reçut plusieurs courriers de Paris qui lui donnèrent de

l'humeur. Il me fit un jour appeler pour me questionner sur des choses

dont il supposait que je serais informé.

C'est le cas de dire ici qu'avant de partir de Paris il avait eu plus

d'un motif pour faire partir le grand-duc de Berg. Je partageais

l'opinion de ceux qui lui supposaient le projet de succéder à

l'empereur; son esprit avait assez de complaisance pour se laisser aller

à cette illusion, et des intrigans en France n'auraient pas demandé

mieux que de voir à la tête du gouvernement un homme qui aurait eu

continuellement besoin d'eux, et dont ils auraient tiré tel parti que

bon leur eût semblé. Je ne crois pas que le grand-duc de Berg se fût

jamais prêté à quelque tentative sur la personne de l'empereur; mais

comme les machinateurs d'intrigues avaient mis en principe que

l'empereur périrait ou à la guerre ou par un assassinat, chaque fois

qu'on le voyait partir pour l'armée, on tenait prêt quelque projet qui

était toujours désappointé par son heureux retour.

Lorsqu'on le vit partir pour l'Espagne, cela fut bien pis; ces mêmes

hommes parlaient qu'il y serait assassiné avant d'avoir fait dix lieues;

et comme ils savaient que l'habitude de l'empereur était d'être à cheval

et partout, ils se plaisaient à n'entrevoir aucun moyen pour lui

d'éviter un malheureux sort. En conséquence, ils mirent les fers au feu

de plus belle. Voilà pourtant comment l'empereur était servi par des

hommes dont le devoir était de rassurer l'opinion et de l'éclairer, au

lieu de la laisser errer en lui donnant eux-mêmes l'exemple d'une

vacillation qui ne put jamais s'arrêter.

Chaque fois qu'ils voyaient l'empereur revenir heureusement, ils ne

trouvaient d'autre moyen de se tirer du mauvais pas où ils s'étaient mis

qu'en se dénonçant réciproquement.

L'empereur me demanda si j'étais dans l'habitude de recevoir des lettres

de Paris. Je lui répondis que non, hormis celles de ma famille, qui ne

me parlait jamais d'affaires. C'est dans cet entretien qu'il me dit

qu'on le servait mal; qu'il fallait qu'il fît tout, et qu'au lieu de lui

faciliter la besogne il ne rencontrait que des gens qui avaient pris

l'habitude de le traverser. Il ajouta: «C'est ainsi que ces gens-là

entretiennent les espérances des étrangers, et me préparent sans cesse

de nouveaux embarras, en leur laissant entrevoir la possibilité d'une

désunion en France; mais qu'y faire? ce sont des hommes qu'il faut user

tels qu'ils sont.»

Je lui disais tout ce que je pensais, et mon opinion sur cette matière

était formée sur la manière de voir de plusieurs bons serviteurs qui

désiraient autant que moi la continuation de ses succès, et auxquels je

faisais part de mes craintes sur les résultats de toutes ces intrigues.

Il ne me dit pas un mot de son retour prochain à Paris. Il me dit qu'il

allait envoyer un officier d'ordonnance à Saint-Pétersbourg; c'est ce

qui me fit penser que ce retour à Paris avait été résolu dans sa rêverie

de Benavente à Astorga, d'autant plus que le courrier dont il avait lu

les dépêches sur le grand chemin était expédié par M. de Champagny. Je

sus par le prince de Neuchâtel, qui avait reçu une lettre du roi de

Bavière, que ce souverain avait mandé à l'empereur de se mettre en

mesure vis-à-vis de l'Autriche, qui armait et préparait tous les

ressorts de la monarchie; c'était la première fois qu'elle levait la

landwehr. Il lui envoyait copie de la dépêche que lui avait adressée son

ministre à Vienne. Je m'expliquai alors tout ce que j'avais remarqué

depuis huit jours, et je devinai la cause de l'envoi d'un officier

d'ordonnance à Saint-Pétersbourg.

L'empereur donna ses instructions sur la marche qu'il voulait que l'on

suivît pour les opérations militaires tant en Navarre qu'en Aragon et en

Catalogne; il organisa la formation de l'armée mobile, pour l'emploi de

laquelle il laissa une instruction générale, et fit partir la garde pour

Burgos, où elle devait rester jusqu'à de nouveaux ordres. Il ne l'emmena

pas d'abord, parce qu'il ne savait encore rien de positif sur ce qu'il

ferait; ses projets étaient subordonnés à ce qu'entreprendraient les

ennemis.

Il fit mettre ses chevaux de selle en relais sur le chemin de Valladolid

à Burgos, avec un piquet de chasseurs à chacun des relais, de manière à

n'avoir que trois à quatre lieues d'un relais à l'autre. Ces

dispositions se prenaient souvent et sans bruit chez l'empereur. Pour

les comprendre, il faut savoir que son écurie de chevaux de selle était

divisée par brigades de neuf chevaux, dont deux étaient pour lui, et les

sept autres pour les personnes de son service qui ne le quittaient pas.

L'écurie des chevaux de traits était divisée par relais; un relais était

composé de trois attelages. Il y avait un piquet attaché à chaque

brigade, comme à chaque relais. Ainsi, lorsque l'empereur avait vingt

lieues à parcourir à cheval, c'était ordinairement six brigades qui

allaient se placer sur le chemin à faire. Les chevaux des palefreniers

portaient des porte-manteaux où étaient des rechanges complets et des

portefeuilles avec papier, plume, encre et cartes de géographie; ils

portaient aussi des lunettes d'approche. S'il fallait faire vingt lieues

en calèche ou en voiture, c'étaient six relais qui marchaient au lieu de

six brigades de chevaux de selle. Les uns et les autres étaient

numérotés ainsi que les piquets d'escorte, et pouvaient s'assembler la

nuit sans que cela causât le moindre mouvement.

Les aides-de-camp de l'empereur étaient tenus d'avoir dans ces cas-là un

cheval à chaque brigade; mais lorsque l'on voyageait en voiture, ils y

avaient place.

L'empereur partit donc ainsi de Valladolid de grand matin, par une belle

gelée, et vint au grand galop de chasse jusqu'à Burgos. Il y arriva en

cinq ou six heures: jamais souverain n'a fait autant de chemin à cheval

aussi rapidement. Il avait également fait placer des relais d'attelage

depuis Burgos jusqu'à Bayonne, en sorte qu'il n'arrêta qu'un moment à

Burgos et alla à Bayonne sans sortir de sa voiture. Il n'y resta qu'une

matinée, et partit de suite pour Paris. Il allait si vite, que personne

ne put le suivre. Il y arriva seul vers les derniers jours de janvier.

Son retour aussi subit fut un événement: on ne l'attendait pas de tout

l'hiver; les plaisirs de cette saison y occupaient la société, et en

général celle de Paris tourne peu ses regards vers les affaires; une

comédie nouvelle y fait parler bien plus que dix batailles perdues ou

gagnées. Un étranger apprend à Paris tout ce qu'il veut savoir, et un

Français y peut ignorer tout ce qui l'intéresse, sans pour cela cesser

d'avoir sa journée bien employée.

C'était M. le comte de Metternich qui était dans ce moment-là

ambassadeur d'Autriche en France. Il était revêtu de ce caractère depuis

à peu près 1806. Il y avait eu, entre la paix qui a terminé la campagne

de 1805 et son arrivée, un intérim rempli par le général baron de

Vincent. Je ne suis pas bien fixé sur l'époque à laquelle il présenta

ses lettres de créance; mais il n'y avait pas fort long-temps qu'il

était parmi nous, qu'il avait déjà une connaissance très approfondie de

toutes les intrigues dont le pavé de Paris fourmille toujours. L'on eut

beau appeler l'attention de M. Fouché sur les personnes qui

fréquentaient les intimités des ambassadeurs; on n'en obtint rien, et

j'ai connu tels ambassadeurs qui avaient à Paris un espionnage monté

dans toutes les parties; politique, administration, opinion et

galanterie, tout y était soigné. Ils s'en servaient habilement pour

faire lancer des sornettes au ministre de la police, qui a été souvent

leur dupe.

M. de Metternich avait poussé ses informations si loin, qu'il serait

devenu impénétrable pour un autre que l'empereur. Il était parvenu à

faire arriver à l'oreille du ministre de la police tout ce qu'il lui

convenait de lui faire dire, parce qu'il disposait en dominateur d'une

personne (la discrétion m'empêche de la nommer, ce serait une révélation

inutile) dont M. Fouché avait un besoin indispensable.

De sorte que c'était souvent lui qui était l'auteur de quelques contes

dont M. Fouché venait entretenir l'empereur. Il se persuadait qu'il le

mettait dans une lanterne; mais il y avait longtemps que l'empereur ne

croyait plus à ses informations. L'on ne tarda pas à voir l'aigreur se

manifester dans nos relations avec l'Autriche; cette puissance fit

paraître (je crois dans le courant de février ou vers la fin de ce mois)

une sorte de manifeste dans lequel elle déclarait que, dans le but

d'assurer son indépendance, elle allait prendre des mesures propres à la

mettre à l'abri de toutes les entreprises qui pourraient être formées

contre elle. Cette déclaration en pleine paix, lorsque la France venait

de retirer ses armées de l'Allemagne, ne pouvait assurément pas reposer

sur des motifs d'inquiétude raisonnables; elle paraissait plutôt être le

signal d'une nouvelle croisade dans une circonstance que l'on

considérait comme favorable au recouvrement de ce que cette puissance

avait perdu dans les guerres précédentes. C'est ainsi que cela fut

envisagé.

Mémoires du duc de Rovigo, pour servir à l'histoire de l'empereur Napoléon, Tome 4 · 第 8 / 48 题