32.--VAINCU PAR L'EXEMPLE.

Un enfant pieux était placé dans un très mauvais atelier de tourneur;

c'était véritablement pour lui un enfer. Pour comble de malheur,

le patron avait un contrat passé avec les parents et ne voulut

pas entendre parler de rupture. Le jeune apprenti fut tenté de se

désespérer; mais soutenu par les conseils de son confesseur, il se

résigna. Les attaques allaient toujours croissant. Enfin, un dimanche,

le pauvre enfant vient se jeter dans les bras de l'aumônier, et,

fondant en larmes, lui fait part de ses nouveaux tourments; il se

plaint surtout d'un ouvrier qui s'acharne après lui plus que les

autres et le harcelle de ses impiétés. Quel remède à cette situation?

«Un seul, la prière! Priez pour la conversion de ce malheureux! Tout

est possible à Dieu.» lui dit le confesseur. Resté seul dans un petit

sanctuaire, l'enfant se prosterne devant une statue de la Sainte

Vierge, pleure à chaudes larmes et prie longtemps avec la plus grande

ferveur. Le samedi suivant, l'apprenti amenait aux pieds de l'aumônier

du Patronage le malheureux ouvrier sincèrement converti, autant par

les prières que par les bons exemples et la résignation de l'enfant.

Peu de temps après, tous les deux s'approchaient de la sainte Table,

comblés de grâces et de consolations. Cet ouvrier persévéra dans son

heureux retour et prit énergiquement la défense du pauvre apprenti. Ce

n'est pas tout. Quelque temps après, le patron lui-même vint trouver

le directeur du Patronage, lui avouant que l'exemple des vertus

simples et modestes de son apprenti, joint à des malheurs de famille,

avait profondément touché son coeur. «Je me suis déjà confessé à M.

le Curé, dit-il, et j'y retourne ce soir. Demain je fais mes Pâques.

Désormais je ne veux pas d'autres apprentis, ni d'autres ouvriers que

ceux du Patronage. Jamais je ne travaillerai le dimanche, jamais une

mauvaise parole ne sera prononcée chez moi. Veuillez, monsieur, me

considérer comme un des vôtres, comme tout dévoué à la religion et à

la moralisation de la classe ouvrière.»

Ne faut-il pas dire après cela que la prière et le bon exemple peuvent

convertir les coeurs les plus endurcis?

* * * * *

Les joies du pardon Petites histoires contemporaines pour la consolation des coeurs chrétiens · 第 38 / 61 题