Chaque jour je la vois, charmante, gracieuse
Au milieu de ses fleurs, sous l'oranger fleuri;
Mais quand de son doux chant la note harmonieuse
Vient raviver des feux de mon coeur attendri,
Pourquoi, timide, il faut qu'en mon ivresse extrême
Je ne puisse jamais dire à celle que j'aime:
Chante toujours,
O mes amours!
Chante, chante toujours.
Ravi, brûlant d'amour à ses côtés, j'admire
Ses grâces, sa beauté, son regard enchanteur.
Pourtant, quand de sa lèvre un suave sourire
Comme un reflet du Ciel vient embraser mon coeur,
Pourquoi, timide et faible, en mon extase même
Je n'ose dire, hélas! à la dive que j'aime:
Souris toujours
O mes amours!
Souris, souris toujours.
Le soir dans son hamac, j'aime à la voir rêveuse,
Oh! quand elle murmure en un souffle amoureux
Un nom, un tendre aveu qu'en mon âme joyeuse
J'écoute avec amour comme un chant des cieux,
Pourquoi, croyant, doutant, à ce moment suprême,
Je ne puisse, oh! mon Dieu, dire à l'ange que j'aime:
Rêve toujours,
O mes amours!
Rêve, rêve toujours.