17 mai.

Cette nuit j’ai été réveillé de grand matin; il était quatre heures. Me

souvenant que nous étions dans les jours de la comète, je me suis levé

et j’ai ouvert la porte-fenêtre donnant sur le portique. La nuit était

fraîche à en être froide; un vent léger, vif, venait de la montagne et

j’ai cherché dans le ciel la place où devait apparaître la comète. Je me

tourne vers l’est--et voici dans le ciel étincelant d’étoiles un astre

prodigieux dont la tête se trouve toute voisine de Vénus et dont la

queue monte en poussière d’or dans le ciel. Rien ne peut donner une idée

de la magnificence des belles nuits de Perse. Nous sommes en pleine

montagne à plus de deux mille mètres; l’air est pur comme le cristal; la

voûte des cieux d’un violet profond et doux; des étoiles la peuplent,

cent fois plus nombreuses et plus brillantes que celles de notre ciel

d’Europe.

L’apparition de la comète au milieu des multitudes infinies d’étoiles

est un spectacle saisissant. Nous n’avons pas besoin de lunettes pour en

jouir. Le voilà, le signe de Dieu dans le ciel. La Perse entière en est

alarmée; on dit que, si elle revient encore une fois au-dessus de la

montagne, elle annoncera la fin du monde. Près de la comète, Vénus est

plus éclatante que ne le fut jamais Jupiter aux plus beaux de nos soirs

occidentaux.

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Feuilles persanes; La route du Mazandéran, La femme lapidée, L'esprit persan · 第 27 / 33 题