16 mai.

Aujourd’hui, ma femme va rendre visite dans l’anderoun à la sœur aînée

de Sardar Assad, Bibi Khanoum. Cette vieille femme est célèbre en Perse

par son énergie. C’est elle, dit-on, qui poussa son frère à marcher sur

Téhéran. C’est elle--je ne sais la vérité de cette histoire--qui jura de

venger la mort de son père, l’ilkhani des Bakhtyares que Zill es Sultan

fit mettre à mort, et peut-être tua lui-même, voici plus de trente ans,

à Ispahan. Bibi Khanoum reçoit les Bakhtyares chez elle à visage

découvert. Mais je suis un étranger et, même au Bakhtyari, l’étiquette

ne veut pas que je puisse voir cette vieille princesse.

Ma femme passe deux heures dans l’anderoun en compagnie de Bibi Khanoum

et de la femme de Zia Sultan. Puis, l’on me fait dire qu’une dame

bakhtyare vient me rendre visite, et voici que je vois soudain arriver

sous le portique où je prends le frais une dame entourée de serviteurs

et accompagnée du hakim. Elle est vêtue d’un justaucorps de soie couleur

aurore, d’une jupe de soie or à fleurs et un grand châle violet évêque

est drapé sur la tête. Des boucles de cheveux pendent des deux côtés de

la figure. Un petit enfant vêtu de vert, un séid, marche gravement à

côté d’elle.

C’est ma femme qui vient me voir, vêtue en grande dame bakhtyare. Les

princesses ont sorti de leurs coffres ce costume de mariage, se sont

amusées à l’en parer et lui en ont fait cadeau.

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Feuilles persanes; La route du Mazandéran, La femme lapidée, L'esprit persan · 第 26 / 33 题