L'ardente imagination du jeune lévite devait naturellement le porter à
l'héroïsme de sa profession. Il forma la résolution de s'enrôler parmi
les missionnaires qui allaient convertir le Canada au christianisme,
et de se consacrer, comme les premiers apôtres de l'Évangile, à la
poursuite des âmes parmi les idolâtres, dans les forêts du nouveau
monde.
Le directeur de Saint-Sulpice, homme sage et prudent, avertit le
marquis Antoine de Fénelon de la résolution de son élève. On l'envoya
chez un autre de ses oncles, évêque de Sarlat, qui lui défendit, au
nom du ciel, de poursuivre ce dessein téméraire, et le fit rentrer au
séminaire de Saint-Sulpice.
Le jeune homme ne tarda pas à devenir prêtre, resta à Paris, et fut
employé, pendant trois ans, à expliquer les mystères aux enfants du
peuple, les jours de fête et les dimanches, dans la sacristie de
l'église Saint-Sulpice.