Fénelon naquit d'une famille noble et militaire du Périgord vivant
tantôt dans les camps, tantôt dans le fond de cette province.
Son père, Pons de Salignac, comte de Fénelon, retiré du service, avait
eu plusieurs enfants d'un premier mariage avec Isabelle d'Esparbis.
Veuf et déjà avancé en âge, il avait épousé Louise de Saint-Abre, dont
il eut François de Fénelon.
Fils d'un vieillard et d'une jeune épouse, Fénelon reçut de la nature
la maturité de l'un et les grâces de l'autre. Il fut élevé jusqu'à
l'âge de douze ans dans la maison paternelle.
La littérature sacrée et les littératures grecque et latine, furent
sous un précepteur particulier les premiers aliments de son
imagination.
L'université de Cahors acheva son éducation.
I
Le bruit de ses heureuses dispositions parvint jusqu'à son oncle,
Antoine de Fénelon qui, arrivé au premier grade de l'armée, appela son
neveu auprès de lui à Paris.
On destinait l'enfant à l'Église. On lui fit poursuivre ses études
philosophiques et théologiques dans les hautes écoles de Paris. Son
génie précoce y éclata comme il avait éclaté à Cahors. La gloire
anticipée et la faveur générale qui entourait le jeune Fénelon,
firent craindre quelque enivrement du monde au vieil oncle, son
tuteur, qui se hâta de le faire entrer dans le séminaire
Saint-Sulpice, pour l'attacher au sacerdoce par des voeux.