Ce n'est donc pas l'utile qui constitue la poésie, c'est le beau.
L'épi est utile, mais l'alouette vit, le grillon rappelle, la brise
représente, le coeur sympathise, la mémoire se déplie, l'image surgit,
l'émotion naît, avec l'émotion naît la poésie dans l'âme. Vous pouvez
chanter l'alouette, le grillon, la brise dans le chaume, je vous défie
de chanter le champ de blé, la meule de gerbes, le sac de froment,
cela se compte, cela ne se chante pas. L'instrument humain n'a point
d'écho pour le chiffre.