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Le temps était propice: les superstitions populaires dont le moyen-âge

avait obscurci les sublimes vérités morales du christianisme; les

richesses démesurées du clergé, le luxe et la corruption des pontifes,

les scandales des évêques de cour; le progrès des sciences physiques

rendant aux miracles le caractère de phénomènes naturels; le nombre

des monastères d'hommes et de femmes possesseurs oisifs d'une partie

du territoire; les priviléges et les exemptions d'impôts de ces

corporations de célibataires substitués à la famille, source et but de

toute société durable, tout cela avait commencé contre les moeurs du

clergé une réaction qui devait aller jusqu'aux dogmes.

La cour, le parlement, la noblesse, le paysan, la bourgeoisie, le

clergé inférieur lui-même étaient les complices secrets de Voltaire

dans cette réforme des idées et des institutions religieuses qu'il

avait le premier provoqué par le ridicule; ensuite son scepticisme

flattait les impies, tandis que son théisme édifiait les sages et que

son esprit déridait tout son siècle.

Cours familier de Littérature - Volume 28 · 第 93 / 188 题