M. de Chateaubriand, sollicité par le duc d'Orléans de s'unir à lui
pour sauver la France, ne sauva que son honneur en donnant sa
démission entre les mains de l'anarchie qu'il avait appelée. Il fit à
la Chambre des pairs un discours équivoque, où il insultait les
vaincus des trois journées de Juillet, tout en refusant sa complicité
aux vainqueurs.
Cet apparat de fidélité le réconcilia avec les royalistes pour le
disculper auprès des Bourbons. Il promit à la France de vaincre à lui
seul la révolution, à l'aide de la liberté de la presse.
On la lui laissa, et il n'en fit usage que pour flatter les
républicains par ses injures à Louis-Philippe et par ses caresses
officielles à la monarchie exilée: sans dignité dans son style, sans
sincérité dans ses démonstrations; ami de Carrel et de Béranger en
France, et ami des Bourbons exilés en Allemagne, flairant la
popularité sur les débris du trône légitime et sur les pressentiments
de la démocratie prochaine, faux des deux côtés.