Il fit ensevelir cette femme amie dans l'église des Français,
Saint-Louis, et quitta Rome pour aller pleurer à Naples.
Peu de temps après, il reçut de M. de Talleyrand sa nomination au
poste de ministre plénipotentiaire à Sion, bourgade des Alpes,
capitale de la petite république du Valais.
Il accepta et alla remercier Napoléon.
Le duc d'Enghien ayant été fusillé quelques jours après, il donna sa
démission.
Madame Bacciochi et M. de Fontanes vinrent lui faire les reproches de
l'amitié épouvantée. Il ne rétracta rien de son imprudence et de son
indignation. Son royalisme, dont il s'est trop vanté, date de ce
jour-là. Bonaparte ne témoigna aucun ressentiment. Les amis mêmes du
prochain empire ne se retirèrent pas. M. Pasquier vint l'embrasser.
Chateaubriand ne lui rendit pas assez, plus tard, le souvenir de ce
généreux courage.