Total égale 382

Les droits sur le sucre indigène ont, en 1842, rapporté au Trésor une

somme de 8.981.000 fr.

La betterave est cultivée dans quarante et un départements; mais le

rendement est loin d'être égal pour chacun d'eux. Il ne sera peut-être

pas sans intérêt de compléter le tableau suivant, que nous empruntons à

la _Statistique agricole de la France_, publié en 1840.

Nombre d'hect. Quintaux métr. Produit

Départements cultivés recueillis. par hectare.

Nord 12.244 5,145.599 420

Pas-de-Calais 7.167 2.316.123 525

Haut-Rhin. 1.757 602.454 347

Ardennes. 141 42.066 297

Puy-de-Dôme. 1,020 286.927 279

Aisne. 3.359 859.742 256

Bas-Rhin. 1,945 446.186 230

Ain. 216 27.917 129

Dans les départements où la terre est propice à la culture de la

betterave, un hectare rend 3.675 kilog. de sucre, et il pourrait en

donner jusqu'à 4,400. Dans le principe, on n'obtenait que 50 kilog. de

jus pour 100 kilog. de betteraves; mais on est parvenu à retirer 70 à 75

kilog. de premier jet.

Après ces données générales, nous pouvons exposer les procédés de la

fabrication actuelle du sucre de betterave. On met en pratique deux

modes principaux, celui dit _de la cristallisation lente_, et celui _de

la cristallisation prompte_ ou de _la cuite_. Ces deux modes ont été

décrits avec une telle précision par M. Crespel-Delisse, fabricant à

Arras, lorsqu'il fut entendu dans la dernière enquête sur les sucres,

que nous croyons devoir copier ici textuellement sa déposition. Nous le

faisons d'autant plus volontiers, que nous essaierions peut-être en vain

d'atteindre à l'exactitude de ses descriptions:

«Les manipulations, d'après le mode de la cristallisation lente, dit M.

Crespel-Delisse, sont: le lavage, le râpage, le pressurage,

l'acidification, l'évaporation, la clarification, la cristallisation et

l'extraction de la mélasse du sucre brut.

«La betterave, amenée des champs ou des magasins, est jetée dans de

grands baquets pleins d'eau; des hommes la frottent avec un balai, et la

retournent de tous les sens jusqu'à ce qu'elle soit propre. On la retire

de ces baquets avec une pelle de bois, percée de divers trous, de trois

centimètres de diamètre.

«Du lavoir, la betterave est portée à la râpe, cylindre armé de lames de

scie, et auquel on imprime un mouvement de rotation d'environ mille

tours par minute. Cette impulsion est donnée par des boeufs attelés à un

manège; la betterave est poussée contre la râpe, dans les coulisseaux,

par un sabot de bois; la pulpe est reçue dans un baquet de cuivre.

«La pulpe est prise de ce baquet avec une pelle de bois, et mise dans

une toile de chanvre un peu claire. Ce sac est étendu sur une claie en

osier, le bout du sac reployé de manière à ce que la pulpe ne s'en

échappe pas. On forme une pile de trente sacs, ainsi rangés, que l'on

soumet à l'action d'une presse hydraulique, en dix minutes, la pression

s'effectue, et on tire de cette pile un hectolitre et demi de jus,

environ 75 à 80 p. 100 du poids de la pulpe.

«Le jus est reçu de la presse dans des baquets doublés de plomb de la

contenance de 8 hectolitres. Aussitôt qu'un bac est plein, on y ajoute,

en le mêlant au liquide, deux hectogrammes d'acide sulfuriquc concentré

à 66 degrés, et préalablement étendu d'eau dans la proportion d'une

partie d'acide sur quatre parties d'eau. Ainsi préparé, le jus peut se

conserver vingt-quatre heures.

«Le jus est monté par une pompe dans la chaudière à défécation; sa

contenance est aussi de 8 hectolitres. On met le feu au fourneau; on

ajoute aussitôt au liquide 2 hectogrammes 50 grammes de chaux vive, que

l'on a fait éteindre pour former un lait de chaux. Un brosse le tout

fortement, et lorsque la masse est arrivée à 50 degrés de chaleur du

thermomètre de Réaumur, on y ajoute de nouveau 8 litres de sang de boeuf

ou de lait écrémé; ou pousse activement le feu et on le retire au

premier bouillon, c'est-à-dire quand le jus a atteint 80 degrés Réaumur.

Ou enlève toutes les parties hétérogènes qui se sont accumulées à la

surface du liquide. Ces eaux sont portées dans des sacs soumis aussi à

la pression d'une presse à vis, pour retirer toutes les parties

liquides, lesquelles sont reportées dans la chaudière d'évaporation.

«Le liquide, laissé en repos après la défécation, est tiré au clair par

un robinet placé au fond de la chaudière. Les huit hectolitres sont

partagés en deux chaudières d'évaporation. On ajoute au jus déféqué 5

hectogrammes de noir animal par hectolitre. On accélère, autant que

possible, l'évaporation par une ébullition forte et prolongée, jusqu'à

ce que le sirop marque 52 degrés à l'aréomètre de Beaume.

«Le sirop est reçu des chaudières d'évaporation dans un chaudière de

clarification, et lorsque plusieurs opérations réunies forment une

quantité de six hectolitres, on procède à la clarification en mettant au

sirop six à huit litres de sang de boeuf, ou de lait écrémé. On fait

faire un ou deux bouillons à la masse, on tire le feu du fourneau et

l'on fait rouler le sirop avec toutes ses impuretés dans des cuves de la

contenance de six hectolitres si on se dispose à faire cristalliser

lentement, et dans des filtres, si on veut procéder à la cristallisation

prompte.

«Après trois ou quatre jours de repos du sirop dans les cuves, on le

décante au moyen de robinets placés à différentes distances du fond de

ces cuves. Il est porté bien clair à l'étuve, et mis dans des

cristallisoirs placés sur des rayons. Ou entretient dans l'étuve une

chaleur de 50 degrés Réaumur, et par une évaporation lente que subit le

sirop, il se forme à la surface une couche cristalline que l'on a soin

de briser tous les deux jours.

Après six semaines de séjour à l'étuve, le sirop est complètement

cristallisé. On reprend alors les cristallisoirs, on le« pose debout

au-dessus d'un réservoir, pour laisser écouler le plus gros de la

mélasse. Le sucre reste en masse dans le cristallisoir; on l'en détache

pour le porter à deux cylindres à travers lesquels on le fait passer à

plusieurs reprises Cette manipulation a pour but de séparer les cristaux

qui adhèrent fortement les uns aux autres, et par le frottement de ces

cristaux les uns contre les autres, la mélasse qui se trouve desséchée à

leur surface s'en détache. Au sortir des cylindres, le sucre a

l'apparence d'une pâte; on le met dans des sacs entre deux claies

d'osier, ainsi qu'on le fait pour la pulpe, et on en soumet une pile

d'environ quarante sacs à l'action d'une presse hydraulique. Après

vingt-quatre heures, on le retire pour être livré à la consommation.»

[Illustration: Intérieur de la Sucrerie de betteraves de Château-Frayé,

près Villeneuve-Saint-Georges.--Première vue.]

Il nous reste actuellement à indiquer le second mode de fabrication;

celui _par la cristallisation prompte_, on _la cuite_.

Nous emprunterons encore à M. Crespel-Delisse la description des

procédés qui s'emploient le plus généralement:

«Jusqu'à la sixième manipulation, dit-il, la fabrication est conduite de

la même manière que dans la cristallisation lente. Arrivé là, le sirop

est coulé dans des filtres, et le sirop clair est reçu dans un réservoir

commun.

«Le sirop est monté par une pompe dans une chaudière de cuivre où on

lui fait subir une nouvelle évaporation par une forte ébullition, et

lorsqu'il a atteint une densité de 30 à 40 degrés de l'aréomètre de

Beaume, ou un degré de chaleur élevé dans la masse du sirop à 90 degrés

Réaumur, il est porté dans un rafraîchissoir. Après la réunion de

plusieurs cuites successives, ce sirop cuit est porté dans des formes

bâtardes: il s'y cristallise en vingt-quatre heures, et après ce temps

on débouche les formes pour opérer l'écoulement de la mélasse Les formes

sont placées sur des pots destinés à recevoir la mélasse Il faut trois

semaines à un mois pour obtenir la purgation des sucres lorsque, les

matières sont de bonne qualité, et jusqu'à deux ou trois mois

lorsqu'elles sont mauvaises.

«Comme il est impossible d'obtenir du premier jet tout le sucre que

contient le sirop soumis à la cuite, on reprend les mélasses provenant

de la purgation que l'on reporte à la chaudière de cuite. On obtient

encore de ces mélasses un sucre de seconde qualité.»

Le procédé _à la cuite_ a peu à peu prévalu, chez la plupart des

fabricants, sur celui de la cristallisation lente. Les motifs qui ont

déterminé leur préférence à cet égard sont consignés dans une déposition

de Ml. Blanquet (de Famars). Nous allons la transcrire ici, autant pour

compléter l'histoire de tous les procédés en usage, que pour faciliter

l'intelligence de ce qui va suivre.

[Illustration: Intérieur de la Sucrerie de betteraves de

Château-Frayé.--Deuxième vue.]

«Nous avons été effrayé, dit M. Blanquet, de la lenteur des opérations

pour obtenir le sucre par la cristallisation lente, et de l'apparence

toute particulière qu'il présentait après le pressurage, qui est une des

conditions nécessaires de ce mode de production. La quantité de

cristallisation nécessaire pour une grande fabrication, l'immensité des

locaux destinés à les recevoir, le séjour prolongé des cristallisoirs

dans les étuves, le broiement et le pressurage des cristaux péniblement

obtenus; toutes ces considérations nous ont fait rechercher avec soin

quelles étaient les causes qui, dans l'esprit du plus grand nombre des

fabricants, déterminaient une préférence prononcée pour ce genre de

fabrication, à l'exclusion du mode bien moins embarrassant de la

cristallisation par la cuite. Nous avons trouvé que la cuite, plus

simple dans l'exécution, était effectivement une opération plus

délicate, et qui exigeait une précision de laquelle on ne pouvait

s'écarter sans dommages notables; mais, en revanche, nous avons trouvé

aussi que le sucre obtenu de cette manière avait précisément le même

aspect que les moscouades ordinaires livrées au commerce par les

colonies. Nous avons alors examiné quelle influence pouvait exercer sur

les moscouades obtenues par ces deux procédés les agents de défécation

indiqués pour chacun d'eux. Nous avons vu que l'acide sulphurique était

employé simultanément avec la chaux dans la défécation, pour la

cristallisation lente, et que la chaux seulement était employée pour la

défécation dans le procédé à la cuite. Des considérations théoriques se

présentant en grand nombre pour proscrire l'acide de la fabrication du

sucre, nous avons suivi le sucre obtenu par la cristallisation lente

dans les ateliers du raffineur, et là, nous avons vu que ce sucre

travaillé pour faire les candis produisait au lieu de mailles à faces

bien prononcées, des candis appelés vulgairement _candis tremblés_,

c'est-à-dire dont la cristallisation est confuse au lieu d'être nette et

détachée. Nous avons entendu des raffineurs se plaindre de ce que les

suites, après la première cristallisation, étaient moins riches qu'elles

n'auraient dû être, par rapport à la nuance de la moscouade. Ces

observations étant parfaitement d'accord avec les données théoriques,

nous avons opté pour l'autre mode de travail, en nous proposant le

problème d'atténuer autant qu'il serait en nous les difficultés de la

cuite.»

Ces explications, empruntées aux hommes les plus compétents, permettront

facilement au lecteur de suivre sur le dessin que nous lui donnons, et

qui représente la sucrerie de Château-Frayé, près

Villeneuve-Saint-Georges, appartenant à Chaper, les diverses phases de

la fabrication.

Les betteraves, arrivées dans la cour de l'établissement, sont d'abord

posées sur un petit pont à bascule, puis arrivent dans un magasin

contigu au lavoir, dans lequel elles sont déposées par des enfants dont

le salaire est de 1 fr. par jour. Du lavoir elles passent dans le

coupe-racine ou râpe, mu par un manège qui les découpe en tranches de 2

millimètres d'épaisseur, et les rejette dans un bac à sec dans lequel se

trouve un filet ou poche de toile; cette poche reçoit les tranches et,

au moyen d'un treuil, les transporte d'abord dans les chaudières

d'amortissement chauffées au moyen de la vapeur, et successivement dans

six chaudières de macération à froid, où elles déposent leur jus jusqu'à

ce qu'il ait atteint une densité de 7 degrés.

Ainsi qu'on a déjà pu le remarquer, le procédé employé à Château-Frayé

est celui de la cuite; on n'y emploie point l'acide sulfurique, et le

pressurage, au lieu de s'opérer par la presse hydraulique, s'obtient par

les chaudières d'amortissement et de macération. Quand le jus est arrivé

à la densité voulue, on opère alors la défécation au moyen d'un lait de

chaux; vient ensuite l'évaporation. Le jus ainsi déféqué est, au moyen

d'un système de tuyaux de refoulement, renvoyé dans des bacs de dépôt

d'où il passe dans des filtres sur le noir animal en grain qui a la

propriété d'absorber la chaux et de colorer et dégraisser le jus. Cette

opération a pour but de clarifier le jus. Il ne reste plus alors qu'à

opérer la cristallisation. On y parvient de la manière suivante: après

le premier passage sur le noir, on évapore à 22 degrés, on passe une

seconde fois sur le noir pour que la clarification soit entière, et l'on

cuit dans une chaudière dans le vide, toujours au moyen de la vapeur.

Après la cuisson, le sirop est reçu dans des rafraîchissoirs, et, sans

qu'il soit besoin de le décanter, on le coule dans des formes, où sa

cristallisation s'opère en douze heures. La mélasse s'écoule entre les

cristaux, et laisse au fond des formes un résidu qui, vendu aux

distillateurs, produit des esprits qui, livrés au commerce, sont mêlés

aux 3/6 obtenus du raisin.

L'arrachement et la conservation des betteraves constituent une des

principales difficultés de l'industrie sucrière. Les plus grandes

précautions sont nécessaires pour empêcher la gelée ou la pourriture de

les attaquer, et dans certaines usines, c'est la seule cause qui ait mit

des bornes à l'extension de la fabrication. Frappé de ces inconvénients,

Schützenbach entreprit de dessécher la betterave et de la réduire en une

poudre qui pouvait alors non-seulement se conserver indéfiniment, mais

encore se transporter au loin sans beaucoup de frais et sans altération.

Le succès semblait, dès le principe, devoir couronner cette tentative;

100 de betteraves qui, par les anciens procédés, ne donnaient, après la

macération, que 5 à 6 au plus, ont rendu 7, 8 et quelquefois davantage

par le procédé Schützenbach. Toutefois, si nous en croyons certaines

personnes bien informées, ce succès n'aurait pas été de longue durée. Un

cessionnaire des procédés de Schützenbach en France, le propriétaire de

la Sucrerie de Vigneux aurait été obligé de renoncer, après des pertes

considérables, à ce procédé de fabrication, et lui-même, malgré tous les

soins qu'il devait naturellement apporter dans l'emploi de la méthode

dont il était l'inventeur, aurait été forcé de fermer l'usine qu'il

avait élevée à Carlsruhe. Quoi qu'il en soit, l'attention des savants

s'est alors éveillée; l'on a cherché si le procédé Schützenbach,

applicable à la dessiccation de la canne, ne produirait pas des effets

analogues. Les résultats, quoique conformes dans la théorie à ceux qu'on

avait reconnus dans le traitement de la betterave, ont laissé beaucoup à

désirer dans la pratique.

On conçoit cependant de quelle importance serait pour nos Antilles et

nos possessions à sucre l'application de ce procédé nouveau, si les

colons toutefois, sortis de la position précaire où les place depuis si

longtemps notre régime économique, étaient en état de faire des avances

nécessaires à toute industrie qui veut se transformer avec avantage; car

de deux choses l'une, ou les colons cultiveraient en cannes une moins

grande quantité de terres et laisseraient le reste à d'autre cultures

productives, ou bien ils en cultiveraient autant, et exporteraient ainsi

une plus grande quantité qu'ils ne le font aujourd'hui. Comme ces sucres

seraient obtenus avec moins de perte, par conséquent à plus bas prix,

leur placement serait plus facile sur le marché de la métropole, à

laquelle les colonies demanderaient dès lors une plus grande masse de

produits industriels. Ces sucres, obtenus ainsi à moins de frais, tout

en laissant aux colons un bénéfice raisonnable, permettraient d'abaisser

dans une proportion plus considérable la surtaxe qui grève les sucres

étrangers, et, en facilitant ainsi nos échanges avec des pays éloignés,

donneraient de nouveaux débouchés à notre commerce extérieur, de

nouveaux éléments de prospérité à notre navigation lointaine.

Nous ne parlons pas ici des autres végétaux qui contiennent en eux le

principe saccharin, et pourraient facilement être convertis en sucre,

tels que le mais, le melon, la citrouille. Nous ne dirons rien non plus

du sucre de l'érable. Nous nous contenterons de quelques mots sur le

sucre de pomme de terre ou de fécule, dont la fabrication a pris depuis

quelque temps une extension considérable pour que l'on évalue de 4 à 5

millions de kilog. la production de 1842. Ce sucre s'obtient par le

traitement des fécules, mais on n'a pu lui donner la consistance des

autres sucres. Aussi est-il principalement livré aux distillateurs et

aux épiciers, qui l'emploient surtout dans la confection des liqueurs,

des confitures et autres préparations analogues. La pharmacie peut aussi

s'en servir pour édulcorer des breuvages ou des potions. Quant aux

sucres produits par les végétaux que nous avons cités plus haut, ils

n'ont donné que des essais, mais il n'en est pas entré dans la

consommation. Nous ne devons donc point nous en occuper.

Caricatures par Bertal.

M. Bertal est un jeune artiste qui doit, je ne dirai pas donner de

brillantes espérances, mais inspirer des craintes sérieuses à ses

concitoyens; car il se moque impitoyablement de tout: hommes, bêtes ou

choses. Ce redoutable critique n'écrit pas, il dessine; mais ses

victimes n'en sont que plus à plaindre; il les fait si ressemblantes,

qu'il leur est impossible de ne pas se reconnaître. Malheur aux

ridicules que rencontre M. Bertal! ils sont aussitôt signalés à la risée

publique.--Souvent même,--comment peut-on avoir un semblable

courage?--le cruel jeune homme,--cet âge est sans pitié,--nous fait rire

malgré nous aux dépens des individus les plus inoffensifs et les moins

comiques qui se puissent voir.

Quelquefois, mais rarement, il se contente de nous représenter, d'après

nature, un père de famille lisant, pendant sa promenade, un délicieux

numéro de _l'Illustration_,

[Illustration.]

et contemplant la machine aérienne de M. Henson, qui transporte

rapidement de Paris à Saint-Cloud une cargaison de touristes; mais

bientôt le naturel reprend le dessus, et M. Bertal est sans pitié: nous

n'oserions ajouter sans remords.

[Illustration.]

N'a-t-il donc jamais pris plaisir à entendre Duprez chanter son bel air:

_Asile héréditaire_, qu'il nous le montre courant à perdre haleine après

son _ut_ de poitrine?

[Illustration.]

Si ressemblantes qu'elles paraissent, mademoiselle Rachel et

mademoiselle Georges ne sont réellement ni aussi maigres, ni aussi

grasses que ces deux caricatures:

[Illustration.]

Que M. Bertal se moque de certains tableaux exposés au Salon, je le lui

pardonne,--surtout lorsqu'il nous représente une vue de la Hougue (effet

de nuit), par M. Jean-Louis Petit (n° 958).

[Illustration.]

ou Napoléon en raccourci, par M. J.-B. Mauzaisse (n° 844), et le

portrait de madame la marquise de......., par Lehmann.

[Illustration.]

_Les Buses-Graves_, je les lui abandonne encore; car ces infortunés

vieillards, au lieu de se retirer dans leur burg, persistent à se faire

siffler jusqu'à la 40e représentation par un auditoire de moins en moins

géant.

[Illustration.]

Mais est-il juste de traiter avec la même sévérité que ces vieillards

stupides, la noble et chaste Lucrèce et la pâle Judith?--La caricature,

me répondra M. Bertal, a le droit de se moquer de tout, du laid, du beau

et du médiocre. Heureusement pour lui nous n'avons pas le temps de

discuter,--et nous reconnaissons, après tout, que notre critique a fait

des charges fort spirituelles des plus belles scènes de la remarquable

tragédie de M. Ponsard. Voyez Valére et Brute causant politique:

[Illustration.]

L'Illustration, No. 0011, 13 Mai 1843 · 第 21 / 24 题