BRANCHE SUD DE LA SASKATCHEWAN

s'étaient fixés des Métis canadiens-français. Leur colonie datait de

1868. Elle s'était fondée nombreuse d'environ deux cents famille. Dans

cette colonie existait le gouvernement métis, dont la Confédération ne

pouvait devenir dépositaire que par le consentement des gens. Parce que

ce consentement n'a été ni demandé ni donné, le conseil des Métis de la

Saskatchewan et leurs lois de la prairie ont continué d'être le vrai

gouvernement et les vraies lois de cette contrée, et le sont encore

virtuellement aujourd'hui. A leur tête était un homme dévoué, toujours

prêt à rendre service, hospitalier, affable, un caractère loyal et franc

qu'il faisait avoir pour ami; un chasseur renommé dans tout le

Nord-Ouest, un voyageur capable; mais aussi un guerrier terrible à

rencontrer, noble à émouvoir. Les Pieds-Noirs l'ont connu intrépide et

vaillant. Les Cris l'ont respecté dans la guerre et aimé dans la paix.

Sa réputation est assise depuis longtemps au milieu des tribus qui sont

aux pieds des Montagnes de Roche, dans les Prairies, sur les bords de la

Rivière Rouge, au-delà des lignes, depuis les sources de la Rivière au

Lait jusqu'en bas et le long du Missouri, un des hommes les plus

chevaleresques du Nouveau-Monde, Monsieur Gabriel Dumont, mon parent.

Dans le temps où les Indiens étaient à craindre, les Métis de la

Branche-Sud s'étaient bâti proche à proche, sur des lots beaucoup plus

longs que larges. Ils demandèrent au gouvernement d'Ottawa d'arpenter

ces lots tels quels. Ces arpentages ne leur furent pas accordés.

Les Métis avaient des places à foin. La Puissance les en dépouilla.

Ils avaient des communes et des endroits de pacage pour leurs chevaux et

pour leurs bestiaux. Elle leur ôta.

Ils avaient des terres à bois. La Puissance s'en empara. Ils ne

pouvaient plus avoir le bois qui leur était nécessaire, sans payer une

taxe spéciale, sans acheter un permis.

Les terres qu'ils avaient en leur possession, et qui leur appartenaient

une fois par le titre indien; deux fois pour les avoir défendues au prix

de leur sang; trois fois pour les avoir bâties, cultivées, clôturées,

travaillées et habitées, leur étaient laissées comme préemption,

moyennant deux piastre l'acre.

Louis Riel, Martyr du Nord-Ouest Sa vie, son procès, sa mort · 第 57 / 67 题