Le Lac Qu'Appelle, la Talle-de-harts-rouges, la Montagne-des-bois, la
Montagne Cyprès, Edmonton, Victoria, Battleford, le Lac-Labiche, les
Établissements du St. Laurent, Prince-Albert, demandèrent justice.
Respectueuses pourtant étaient leurs réclamations, mais elles furent
traitées avec mépris. On ne daignait même pas répondre. Respectables
pourtant étaient-elles, ces réclamations d'un peuple chez lui, demandant
humblement son propre bien aux intrus qui l'en avaient dépouillé. La
voix vénérable de l'évêque de St. Albert vibrait à l'unisson avec celle
de ses chers diocésains. Que d'instances Monseigneur Grandin n'a-t-il
pas faites auprès du ministre Fédéral, depuis sept ans surtout? Que de
lettres remplies de douceur et de force ne sont-elles pas parties de son
évêché contristé, et n'ont-elles pas sollicité le Gouvernement d'agir
équitablement vis-à-vis les Métis? La situation devenait de jour en jour
si déplorable, que tout le clergé fut contraint de mêler ses
représentations pressantes à celles du peuple. Le Grand Vicaire du
Diocèse de St. Albert, le Révérend Père Leduc, alla même en délégation
porter les plaintes et les pétitions à la Capitale. Le Supérieur des
Oblats de la Saskatchewan, le Révérend Père André, se rendit plusieurs
fois auprès du gouverneur de Battleford et fit connaître au prétendu
maître du Nord-Ouest ce que la population métisse disait et voulait
partout autour d'eux, jusque dans les forts de la Puissance; qu'il lui
fallait une compensation suffisante pour ses terres. Les représentations
du Révérend Père ne furent pas écoutées. Pas de réponse. Pas de
satisfaction.
Prince Albert, établissement métis bien avant que la Confédération se
formât, éleva la voix. M. James Isbester et d'autres métis que, les
premiers, avaient ouvert cette place, rédigèrent et firent rédiger
pétitions sur pétitions et les expédièrent à Ottawa. On n'en accusa même
même pas réception. Sur la