CHAQUE PEUPLE SOIT A L'AISE

dès son enfance, et qu'il ait de quoi bénir le nom de Dieu, tant pour

les faveurs qu'il reçoit de Lui, à son berceau, que pour les richesses

et l'opulence dont ses travaux et ses entreprises sont couronnés aux

autres époques de sa vie.

Je le demande à tous ceux que les notions de la vérité et de la simple

justice éclairent. Est-ce que l'honnêteté permet à un peuple plus grand

de ravir à un peuple plus petit sa patrie? L'humanité répond que non. La

conscience humaine déclare qu'un tel acte est criminel, et que ses

conséquences funestes sont nombreuses et malaisées à mesurer. C'est un

mal qui porte avec lui le meurtre. La patrie est la plus importante de

toutes les choses de la terre, et de plus, elle est sainte par les

ancêtre qui la transmettent. L'enlever au peuple qu'elle a produit est

aussi abominable que d'arracher une mère à ses petits enfants dans le

temps qu'il ont toujours besoin de ses services. Mais la patrie

s'appelle la patrie surtout parce qu'elle est le don de Dieu, notre

père; héritage sans prix, je dois dire plutôt, héritage divin! Le peuple

qui prend injustement à un autre peuple sa patrie, commet le sacrilège

le plus grand, parce que tous les autres sacrilèges ne me semblent que

des parties de celui-là.

Eh bien! le gouvernement d'Ottawa est coupable de tout cela vis-à-vis

des Métis.

Encore si en leur pillant leur patrimoine, il eut eu assez de conscience

pour leur remettre au moins un simulacre d'intérêt, d'année en année.

Il a bien eu la précaution de traiter avec les Sauvages; il a bien

reconnu tous leurs petit camps, avec leurs chefs. C'est vrai que la

Puissance a calomnié le «Gros-Ours» et sa tribu à la face de toute la

civilisation, parce que le _Gros-Ours_ et ses Cris, sans être assez

éclairés pour demander la valeur complète de leurs terres, avaient

néanmoins assez de bon sens et de connaissance des choses pour ne pas

vouloir les céder à moins d'une compensation moyennement utile.

C'est vrai qu'en reconnaissant les autres Indiens plus timides, et moins

clairvoyants que le «Gros-Ours», la Puissance avait eu la finesse de ne

leur reconnaître le droit ni d'estimer leurs terres, ni d'en faire le

prix. C'est vrai que ces

Louis Riel, Martyr du Nord-Ouest Sa vie, son procès, sa mort · 第 54 / 67 题