SUR le point qu'il falut dire Adieu au Port Royal le sieur de
Poutrincourt envoya son peuple les uns apres les autres trouver le
navire à _Campseau_, qui est un Port entre sept ou huit iles où les
navires peuvent étre à l'abris des vents: & là y a une baye profonde de
plus de dix lieuës, & large de trois: ledit lieu distant dudit Port
Royal de plus de cent cinquante lieuës. Nous avions une grande barque,
Deux petites & une chaloupe. Dans l'une des petites barques on mit
quelques gens que l'on envoya devant. Et le trentiéme de Juillet
partirent les deux autres. J'étois dans la grande conduite par
Champ-doré. Mais le sieur de Poutrincourt voulant voir une fin de noz
blés semez, attendit la maturité d'iceux, & demeura encore onze jours
apres nous. Cependant nôtre premiere journée ayant été au Passage du
Port-Royal, le lendemain les brumes vindrent s'étendre sur la mer, qui
nous tindrent huit jours entiers, durant léquels c'est tout ce que nous
sceumes faire que de gaigner le cap de Sable, lequel ne vimes point.
En ces obscuritez Cymmeriennes ayans un jour ancré en mer à-cause de la
nuit, nôtre ancre ruza tellement qu'au matin la marée nous avoit porté
parmi des iles, & m'étonne que ne nous perdimes au choc de quelque
rocher. Au reste pour le vivre le poisson ne nous manquoit point. Car en
une demie heure nus pouvions prendre des Morues pour quinze jours, & des
plus belles & grasses que j'aye jamais veu, icelles de couleur de
carpes: ce que je n'ay oncques apperceu qu'en cet environ dudit cap de
Sable: lequel aprés avoir passé la marée (qui vole en cet endroit) nous
porta en peu de temps jusques à la Hêve, ne pensans étre qu'au port au
Mouton. Là nous demeurames deux jours, & dans le port méme nous voyions
mordre la Morue à l'ameçon. Nous y trouvames force grozelles rouges, &
de la marcassite de mine de cuivre. On y fit aussi quelque troquement de
pelleteries avec les Sauvages.
De là en avant nous eumes vent à souhait, & durant ce temps avint une
fois qu'étant sur la proue je criay à nôtre conducteur Champ-doré que
nous allions toucher, pensant voir le fond de la mer: mais je fus deceu
par l'Arc-en-ciel qui paroissoit avec toutes ses couleurs dedans l'eau,
causé par l'ombrage que faisoit sur icelle nôtre voile de Beau-pré
opposé au Soleil, lequel assemblant ses rayons dans le font dudit voile,
ainsi qu'il fait dans la nue, iceux rayons étoient contraints de
reverberer dans l'eau, & faire cette merveille. En fin nous arrivames à
quatre lieuës de _Campseau_ à un Port où faisoit sa pécherie un bon
vieillart de Saint-Jean de Lus nommé le Capitaine Savalet, lequel nos
receut avec toutes les courtoisies du monde. Et pour autant que ce Port
(qui est petit, mais tres-beau) n'a point de nom, je l'ay qualifié sur
ma Charge geographique du nom de Savalet. Ce bon personage nous dit que
ce voyage étoit le quarante-deuxiéme qu'il faisoit pardela, & toutefois
les Terreneuviers n'en font tout les ans qu'un. Il étoit
merveilleusement content de sa pécherie, & nous disoit qu'il faisoit
tous les jours pour cinquante escus de Morues & qu son voyage vaudroit
dix-mille francs. Il avoit seze homme à ses gages: & son vaisseau étoit
de quatre vints tonneaux, qui pouvoit porter cent milliers de morues
seches. Il étoit quelquefois inquieté des Sauvages là cabannez léquelz
trop privément & imprudemment alloient dans son navire, & lui
emportoient ce qu'ilz vouloient. Et pour eviter cela il les menaçoit que
nous viendrions & les mettrions tous au fil de l'épée s'ilz lui
faisoient tort. Cele les intimidoit; & ne lui faisoient pas tout le mal
qu'autrement ils eussent fait. Neantmoins toutes les fois que les
pécheurs arrivoient avec leurs chaloupes pleines de poissons, ces
Sauvages choisissoient ce que bon leur sembloit, & ne s'amusoient point
aux Morues, ains prenoient des Merlus, Bars, Fletans qui voudroient ici
à Paris quatre écus, ou plus. Car c'es un merveilleusement bon manger,
quand principalement ilz sont grands & épais de six doits, comme ceux
qui se péchoient là. Et eût été difficile de les empécher en cette
insolence, d'autant qu'il eut toujours fallu avoir les armes en main, &
la besogne fût demeurée. Or l'honneteté de cet homme ne s'étendit pas
seulement envers nous, mais aussi envers tous les nôtres qui passerent à
son port, car c'étoit le passage pour aller & venir au Port Royal. Mais
il y en eut quelques uns de ceux qui nous vindrent querir, qui faisoient
pis que les Sauvages, & se gouvernoient envers lui comme fait ici le
gen-d'arme chez le bon homme: chose que j'ouy fort à regret.
Nous fumes là quatre jours à-cause du vent contraire. Puis vimmes à
_Campseau_, où nous attendimes l'autre barque, qui vint dix jours aprés
nous. Et quant au sieur de Poutrincourt si-tôt qu'il vit que le blé se
pouvoit cuillir, il arracha du segle avec la racine pour en montrer
pardela la beauté, bonté & demesurée hauteur. Il fit aussi des glannes
des autres semences, froment, orge, avoine, chanvre, & autres, à méme
fin: ce que ceux qui sont allez ci-devant au Bresio, & à la Floride
n'ont point fait. En quoy j'ay à me rejouir d'avoir été de la partie, &
des premiers culteurs de cette terre. Et à ce je me suis pleu
d'autant-plus que je me remettoy devant les yeux nôtre Ancien pere Noé
grand Roy, grand Prétre, & grand Prophete, de qui le métier étoit
d'estre laboureur & vigneron: & les anciens Capitaines Romains
_Serranus_, qui fut mandé pour conduire l'armée Romaine: & _Quintus
Cincinnatus_, lequel tout poudreux labouroit quatre arpens de terre à
téte nue & estomach découvert, quand l'huissier du Senat lui apporta les
lettres de Dictature: de sorte que cet huissier fut contraint le prier
de vouloir se couvrir avant que lui declarer sa charge. M'étant pleu à
cet exercice, Dieu à beni mon petit travail, & ay eu en mon jardin
d'aussi beau froment qu'il y sçauroit avoir en France, duquel ledit
sieur de Poutrincourt me donna une glanne quand il fut arrivé audit Port
de _Campseau_, laquelle (avec une de segle) je garde avec son grain dés
il y a dix ans.
Il étoit prét de dire Adieu au Port Royal, quand voici arriver
_Membertou_, & sa compagnie, victorieux des Armouchiquois. Et pource que
j'ay fait une description de cette guerre en vers François, je n'en veux
d'ici remplir mon papier, étant desireux d'abbreger plutôt que de
chercher nouvelle matiere. A la priere dudit Membertou il demeura encore
un jour. Mais ce fut la pitié au partir, de voir pleurer ces pauvres
gens, léquels on avoit toujours tenu en esperance que quelques uns des
nôtres demeureroient auprés d'eux. En fin il leur fallut promettre que
l'an suivant on y envoyeroit des ménages & familles pour habiter
totalement leur terre, & leur enseigner des metiers pour les faire vivre
comme nous. En quoy, ilz se consolerent aucunement. Il y restoit dix
bariques de farines qui leur furent baillées avec les blez de nôtre
culture, & la passession du manoir, s'ilz vouloient en user. Ce qu'ilz
n'ont pas fait. Car ils ne peuvent étre constans en une place vivans
comme ilz font.
L'onziéme d'Aoust ledit sieur de Poutrincourt partit lui neufiéme dudit
Port-Royal dans une chaloupe pour venir à _Campseau_: Chose
merveilleusement hazardeuse de traverser tant de bayes & mers en un si
petit vaisseau chargé de neuf persones, de vivres necessaires au voyage,
& assez d'autres bagages. Etans arrivés audit port de ce bon homme
Savalet, leur fit tout le bon accueil qu'il lui fut possible: & de là
nous vindrent voir audit _Campseau_, où nous demeurames encore huit
jours.
Le troisiéme de Septembre nous levames les ancres, & avec beaucoup de
difficultez sortimes hors les brisans qui sont aux environs dudit
_Campseau_. Ce que noz mariniers firent avec deux chaloupes qui
portoient les ancres bien avant en mer pour soutenir nôtre vaisseau, à
fin qu'il n'allât donner contre les rochers. En fin étans en mer on
laisse à l'abandon l'une dédites chaloupes, & l'autre fut tirée dans le
Jonas, lequel outre nôtre charge portoit cent milliers de Morues, que
seches que vertes. Nous eumes assez bon vent jusques à ce que nous
approchames les terres de l'Europe. Mais nous n'avions pas tout le bon
traitement du monde, par ce que, comme j'ay dit, ceux qui nous vindrent
querir presumans que nous fussions morts, s'étoient accommodez de noz
rafraichissemens. Nos ouvriers ne beurent plus de vin depuis qu'ilz nous
eurent quittés au Port-Royal: Et nous n'en avions gueres, par ce que ce
qui nos abondoit fut beu joyeusement en la compagnie de ceux qui nous
apporterent nouvelles de France.
Le vint-sixiéme Septembre nous eumes en veuë les iles de Sorlingues, qui
sont à la pointe de Cornuaille en Angleterre. Et le vint-huitiéme
pensans venir à Saint-Malo, fumes contraints de relacher à Roscoff en la
Basse Bretagne, où nous demeurâmes deux jours & demi à nous rafraichir:
Nous avions un Sauvage que se trouvoit assez étonné de voir les
batimens, clochers, & moulins à vent de France: mémes les femmes qu'il
n'avoit onques veu vétues à nôtre mode. De Roscoff nous vimmes avec bon
vent rendre graces à Dieu audit Saint-Malo. En quoy je ne puis que je ne
loue la prevoyante vigilance de nôtre Maitre de navire Nicolas Martin,
de nous avoir si dextrement conduit, en une telle navigation, & parmi
tant d'écueils & caphatées rochers dont est remplie la côte d'entre le
Cap d'Ouessans & ledit Saint-Malo. Que si cetui ci est louable en ce
qu'il a fait, le Capitaine Foulques ne l'est moins de nous avoir mené
parmi tant de vents contraires en des terres inconues où nous nous
sommes efforcés de jette les premiers fondemens de la Nouvelle-France.
Ayant demeuré trois ou quatre jours à Saint-Malo, nous allames le sieur
de Poutrincourt, son fils, & moy, au Mont saint-Michel, où nous vimes
les Reliques dudit lieu, fors le Bouclier de ce saint Archange. Il nous
fut dit que le sieur Evéque d'Avranches depuis quatre ans avoit deffendu
de le plus montrer. Quant au batiment il merite d'étre appellé la
huitiéme merveille du monde, tant il est beau & grand sur la pointe
d'une roche seule au milieu des ondes, la mer étant en son plein. Vray
est qu'on peut dire que la mer n'y venoit point quand ledit batiment fut
fait. Mais je repliqueray, qu'en quelque façon que ce soit il est
admirable. La plainte qu'il y peut avoir en ce regard est, que tant de
superbe edifices sont inutils pour le jourd'hui, ainsi qu'en la pluspart
des Abbaïes de France. Et à la mienne volonté que par les engins de
quelque Archimede ilz peussent étre transportés en la Nouvelle-France
pour y étre mieux employés au service de Dieu & du Roy. Au retour nous
allames voir la pécherie des huitres à Cancale; & delà à Saint-Malo: où
aprés avoir encore sejourné huit jours, nous vimmes dans une barque à
Honfleur: & en cette navigation nous servit de beaucoup l'experience du
sieur de Poutrincourt, lequel voyant que noz conducteurs étoient au bout
de leur Latin, quand ilz se virent entre les iles de Jerzey & Sart
(n'ayans accoutumé de prendre cette route, où nous avions été poussez
par un grand vent d'Est-Suest, accompagné de brumes & pluyes) il print
sa Charte marine en main, & fit le maitre de navire, de maniere que nous
passames le Raz-Blanchart (passage dangereux à des petites barques) &
vimmes à l'aise suivant la côte de Normandie audit Honfleur. Dont Dieu
soit loué eternellement. _Amen._
Estans à Paris ledit sieur de Poutrincourt presenta au Roy les fruits de
la terre d'où il venoit & specialement le blé, froment, segle, orge &
avoine, comme étant la chose la plus precieuse qu'on puisse rapporter de
quelque païs que ce soit. Il eût été bien-seant de vouer ces premiers
fruits à Dieu, & les mettre entre les enseignes de triomphe en quelque
Eglise, à trop meilleure raison que les premiers Romains, léquels
prsentoient à leurs dieux & déesses champestres _Terminus, Seia, &
Segesta_ les premiers fruits de leur culture par les mains de leurs
sacrificateurs des champs institués par _Romulus_, qui fut le premier
ordre de la Nouvelle-Rome, lequel avoit pour blason un chapeau d'épics
de blé.
Le méme sieur de Poutrincourt avoit nourri une douzaine d'Outardes
prises au sortir de la coquille, léquelles il pensoit faire toutes
apporter en France, mais il y en eu cinq de perdues, & les autres cinq
il les a baillées au Roy, qui en a eu beaucoup de contentement, & sont à
Fontaine-bleau.
Et d'autant que son premier but est d'établir la Religion Chrétienne en
la terre qu'il a pleu à sa Majesté lui octroyer, & à icelle amener les
pauvres peuples Sauvages, léquels ne desirent autre chose que de se
conformer à nous en tout bien, il a été d'avis de demander la
benediction du Pape de Rome premier Evéque en l'Eglise par une missive
faite de ma main au temps que j'ay commencé cette histoire, laquelle a
esté envoyée à sa Saincteté avec lettres de sadite Majesté, en Octobre,
mille six cens huit, laquelle comme Servant à nôtre sujet, j'ay bien
voulu coucher ici.
BEATISSIMO DOMINO NOSTRO PAPÆ PAVLO V. Pontifici Maximo.
BEATISSIME Pater, divina Veritatis, & vera Divinitatis oraculo scimus
Evangelium regni coelorum prædicandum fore in universo orbe in
testimonium omnibus gentibus, antequam veniat consummatio. _Unde
(quoniam in suum occasum ruit mundus) Deus his postremis temporibus
recordatus misericordiæ suæ suscitavit homines fidei Christiana athletas
fortissimos utriusque militia duces, qui zelo propangandæ Religionis
inflammati per multa pericula Christiani nominis gloriam non solum in
ultimas terras, sed in mundos no vos (ut ita loquar) deportaverunt. Res
ardua quidem: sed_:
Invia virtuti lulla est via...
_inquit Poëta quidam vetus. Ego_ JOANNES DE BIENCOUR, _vulgo_ DE
POUTRINCOUR _à vita religionis amator & assertor perpetuus, vestra
Beatitudinis servus minimus,_ pari (ni fallor) animo ductus, unus ex
multis devovi me pro Christo & salute populorum ac silvestrium (ut
vocant) hominum qui Nova Francia novas terras incolunt: eoque nomine iam
relinquo populum meum, & domum patris mei, uxoremque & liberos
periculorum meorum consortes facio, memor scilicet quod Abrahamus pater
credentium idem fecerit, ignotamque sibi regionem Deo duce peragrarit,
qui possessurus esset populus de femore eius veri Dei, veraque
religionis cultor. Non equidem peto terram auro argentoque beatam, non
exteras spoliare gentes mihi est in animo: Sat mihi gratia Dei (si hanc
aliquo modo consequi possim) terra que mihi Regio dono concessa, & maris
annuus proventus, dummodo populos lucrifaciam Christo._ Messis quidem
multa, operarii pauci. _Qui enim splendide vivunt, aurumque sibi
congerere curant hoc opue negligunt, scilicet hoc sæculum plus æquo
diligentes. Quibus vero res est angusta domitanta rei molem suscipere
nequeunt, & huic oneri ferendo certè sunt impares. Quid igitur? An
deferendum negotium vere Christianum & plané divinum. Ergo frustra sex
iam ab annus tot sustinuimus (dum ista meditamur) animi pertubationes?
Minivé vero. Cum enim_ timentibus Deum opmnia cooperentur in bonum, non
est dubium quin Deus, pro cuius gloria Herculeaum istud opus aggredimur,
adspiret votis nostris, qui quondam populum suum Israelem_ portavit
super alas aquilarum, & _perduxit in terram melle & lacte fluentem. Hac
spe fretus, quicquid est mihi seu facultatum, seu corporis vel animi
virium in re tam nobili libenter & alacri animo expendere non vereor,
hoc praefertim tempore quo silent arma, nec datur virtuti suo fungi
munere, nisi si in Turcas mucrones nostros convertiremus. Sed est quod
utilius pro re Christiana faciamus, si populos istos latissimé patentes
in Occidentali plaga ad Dei cognitionem adducere conemur. Non enim
armorum vi sunt ad religionem cogendi. Verbo tantum & doctrina est opus,
juncta bonorum morum disciplina: quibus artibus olim Apostoli,
sequentibus signis, maximam hominum partem sibi, Deoque, & Christo eius
concilia verunt: itaque verum extitit illud quod scriptum est:_ Populus
quem non cognovi servivit mihi, in auditu auris obedivit mihi, &c. Filii
alieni mentiti sunt mihi, &c. _Filii quidem alieni sunt populi
Orientales iam à fide Christiana alieni, in quos propterea torqueri
potest illud Evangelii quod iam adimpletum videmus:_ Auferetur vobis
regnum Dei & dabitur genti facienti fructus eius. _Nunc autem ecce
tempus acceptabile, ecce nunc dies salutis, qua Deus visitabit & faciet
redemptionem plebis sua, & populus qui eum non cognovit serviet ipsi,
sed & in auditu auris obediet, si me indignum servum tanti nuneris ducem
esse patiatur. Qua in re Beatitudinis vestra charitatem per viscera
misericordia Dei nostri deprecor, auctoritatem imploro, adjuro
sanctitatem ut mihi ad illud opus iam jam properanti, uxori charissima,
ac liberis; nec non domesticis, socusque veis vestra benedictionem
impertiri dignemini, qua certa fide credo nobis plurimum ad salutem non
solum corporis, sed etiam anima, addo & ad terræ nostræ ubertatem &
propositi nostri felicitatem, profuturum. Faxit Deus Optimus Maximus,
Faxit Dominues noster & Salvator Jesus Christus, Faxit una & Spiritus
sanctus, ut in altissima Principis Apostolorum puppi sedentes per multa
sæcula Ecclesia sancta. Et a clavum tenere possitis, & in diebus vestris
(qua vestra sanè maxima gloria est) illud adimpletum videre quod de
Christo à sancto Propheta a vaticinatum est:_ Adorabunt eum omnes Reges
terræ: omnes gentes servient ei.
Vestræ Beatitudinis filius humillimus ac devotissimus
IOANNIS DE BIENCOUR.
[Illustration: 010.png]
CINQUIEME
LIVRE DE L'HISTOIRE
DE LA NOUVELLE-FRANCE.
Contenant ce qui s'y est exploité
depuis nôtre retour en l'an 1607.
_Mention de nôtre grand Roy HENRI sur le sujet des grandes entreprises:
Ensemble des Sieurs de Monts & de Poutrincourt. Revocation du privilege
de la traite des Castors. Reponse aux envieux. Dignité du caractere
Chrétien. Perils du sieur de Monts._