CHAP. XVIII

SUR le point qu'il falut dire Adieu au Port Royal le sieur de

Poutrincourt envoya son peuple les uns apres les autres trouver le

navire à _Campseau_, qui est un Port entre sept ou huit iles où les

navires peuvent étre à l'abris des vents: & là y a une baye profonde de

plus de dix lieuës, & large de trois: ledit lieu distant dudit Port

Royal de plus de cent cinquante lieuës. Nous avions une grande barque,

Deux petites & une chaloupe. Dans l'une des petites barques on mit

quelques gens que l'on envoya devant. Et le trentiéme de Juillet

partirent les deux autres. J'étois dans la grande conduite par

Champ-doré. Mais le sieur de Poutrincourt voulant voir une fin de noz

blés semez, attendit la maturité d'iceux, & demeura encore onze jours

apres nous. Cependant nôtre premiere journée ayant été au Passage du

Port-Royal, le lendemain les brumes vindrent s'étendre sur la mer, qui

nous tindrent huit jours entiers, durant léquels c'est tout ce que nous

sceumes faire que de gaigner le cap de Sable, lequel ne vimes point.

En ces obscuritez Cymmeriennes ayans un jour ancré en mer à-cause de la

nuit, nôtre ancre ruza tellement qu'au matin la marée nous avoit porté

parmi des iles, & m'étonne que ne nous perdimes au choc de quelque

rocher. Au reste pour le vivre le poisson ne nous manquoit point. Car en

une demie heure nus pouvions prendre des Morues pour quinze jours, & des

plus belles & grasses que j'aye jamais veu, icelles de couleur de

carpes: ce que je n'ay oncques apperceu qu'en cet environ dudit cap de

Sable: lequel aprés avoir passé la marée (qui vole en cet endroit) nous

porta en peu de temps jusques à la Hêve, ne pensans étre qu'au port au

Mouton. Là nous demeurames deux jours, & dans le port méme nous voyions

mordre la Morue à l'ameçon. Nous y trouvames force grozelles rouges, &

de la marcassite de mine de cuivre. On y fit aussi quelque troquement de

pelleteries avec les Sauvages.

De là en avant nous eumes vent à souhait, & durant ce temps avint une

fois qu'étant sur la proue je criay à nôtre conducteur Champ-doré que

nous allions toucher, pensant voir le fond de la mer: mais je fus deceu

par l'Arc-en-ciel qui paroissoit avec toutes ses couleurs dedans l'eau,

causé par l'ombrage que faisoit sur icelle nôtre voile de Beau-pré

opposé au Soleil, lequel assemblant ses rayons dans le font dudit voile,

ainsi qu'il fait dans la nue, iceux rayons étoient contraints de

reverberer dans l'eau, & faire cette merveille. En fin nous arrivames à

quatre lieuës de _Campseau_ à un Port où faisoit sa pécherie un bon

vieillart de Saint-Jean de Lus nommé le Capitaine Savalet, lequel nos

receut avec toutes les courtoisies du monde. Et pour autant que ce Port

(qui est petit, mais tres-beau) n'a point de nom, je l'ay qualifié sur

ma Charge geographique du nom de Savalet. Ce bon personage nous dit que

ce voyage étoit le quarante-deuxiéme qu'il faisoit pardela, & toutefois

les Terreneuviers n'en font tout les ans qu'un. Il étoit

merveilleusement content de sa pécherie, & nous disoit qu'il faisoit

tous les jours pour cinquante escus de Morues & qu son voyage vaudroit

dix-mille francs. Il avoit seze homme à ses gages: & son vaisseau étoit

de quatre vints tonneaux, qui pouvoit porter cent milliers de morues

seches. Il étoit quelquefois inquieté des Sauvages là cabannez léquelz

trop privément & imprudemment alloient dans son navire, & lui

emportoient ce qu'ilz vouloient. Et pour eviter cela il les menaçoit que

nous viendrions & les mettrions tous au fil de l'épée s'ilz lui

faisoient tort. Cele les intimidoit; & ne lui faisoient pas tout le mal

qu'autrement ils eussent fait. Neantmoins toutes les fois que les

pécheurs arrivoient avec leurs chaloupes pleines de poissons, ces

Sauvages choisissoient ce que bon leur sembloit, & ne s'amusoient point

aux Morues, ains prenoient des Merlus, Bars, Fletans qui voudroient ici

à Paris quatre écus, ou plus. Car c'es un merveilleusement bon manger,

quand principalement ilz sont grands & épais de six doits, comme ceux

qui se péchoient là. Et eût été difficile de les empécher en cette

insolence, d'autant qu'il eut toujours fallu avoir les armes en main, &

la besogne fût demeurée. Or l'honneteté de cet homme ne s'étendit pas

seulement envers nous, mais aussi envers tous les nôtres qui passerent à

son port, car c'étoit le passage pour aller & venir au Port Royal. Mais

il y en eut quelques uns de ceux qui nous vindrent querir, qui faisoient

pis que les Sauvages, & se gouvernoient envers lui comme fait ici le

gen-d'arme chez le bon homme: chose que j'ouy fort à regret.

Nous fumes là quatre jours à-cause du vent contraire. Puis vimmes à

_Campseau_, où nous attendimes l'autre barque, qui vint dix jours aprés

nous. Et quant au sieur de Poutrincourt si-tôt qu'il vit que le blé se

pouvoit cuillir, il arracha du segle avec la racine pour en montrer

pardela la beauté, bonté & demesurée hauteur. Il fit aussi des glannes

des autres semences, froment, orge, avoine, chanvre, & autres, à méme

fin: ce que ceux qui sont allez ci-devant au Bresio, & à la Floride

n'ont point fait. En quoy j'ay à me rejouir d'avoir été de la partie, &

des premiers culteurs de cette terre. Et à ce je me suis pleu

d'autant-plus que je me remettoy devant les yeux nôtre Ancien pere Noé

grand Roy, grand Prétre, & grand Prophete, de qui le métier étoit

d'estre laboureur & vigneron: & les anciens Capitaines Romains

_Serranus_, qui fut mandé pour conduire l'armée Romaine: & _Quintus

Cincinnatus_, lequel tout poudreux labouroit quatre arpens de terre à

téte nue & estomach découvert, quand l'huissier du Senat lui apporta les

lettres de Dictature: de sorte que cet huissier fut contraint le prier

de vouloir se couvrir avant que lui declarer sa charge. M'étant pleu à

cet exercice, Dieu à beni mon petit travail, & ay eu en mon jardin

d'aussi beau froment qu'il y sçauroit avoir en France, duquel ledit

sieur de Poutrincourt me donna une glanne quand il fut arrivé audit Port

de _Campseau_, laquelle (avec une de segle) je garde avec son grain dés

il y a dix ans.

Il étoit prét de dire Adieu au Port Royal, quand voici arriver

_Membertou_, & sa compagnie, victorieux des Armouchiquois. Et pource que

j'ay fait une description de cette guerre en vers François, je n'en veux

d'ici remplir mon papier, étant desireux d'abbreger plutôt que de

chercher nouvelle matiere. A la priere dudit Membertou il demeura encore

un jour. Mais ce fut la pitié au partir, de voir pleurer ces pauvres

gens, léquels on avoit toujours tenu en esperance que quelques uns des

nôtres demeureroient auprés d'eux. En fin il leur fallut promettre que

l'an suivant on y envoyeroit des ménages & familles pour habiter

totalement leur terre, & leur enseigner des metiers pour les faire vivre

comme nous. En quoy, ilz se consolerent aucunement. Il y restoit dix

bariques de farines qui leur furent baillées avec les blez de nôtre

culture, & la passession du manoir, s'ilz vouloient en user. Ce qu'ilz

n'ont pas fait. Car ils ne peuvent étre constans en une place vivans

comme ilz font.

L'onziéme d'Aoust ledit sieur de Poutrincourt partit lui neufiéme dudit

Port-Royal dans une chaloupe pour venir à _Campseau_: Chose

merveilleusement hazardeuse de traverser tant de bayes & mers en un si

petit vaisseau chargé de neuf persones, de vivres necessaires au voyage,

& assez d'autres bagages. Etans arrivés audit port de ce bon homme

Savalet, leur fit tout le bon accueil qu'il lui fut possible: & de là

nous vindrent voir audit _Campseau_, où nous demeurames encore huit

jours.

Le troisiéme de Septembre nous levames les ancres, & avec beaucoup de

difficultez sortimes hors les brisans qui sont aux environs dudit

_Campseau_. Ce que noz mariniers firent avec deux chaloupes qui

portoient les ancres bien avant en mer pour soutenir nôtre vaisseau, à

fin qu'il n'allât donner contre les rochers. En fin étans en mer on

laisse à l'abandon l'une dédites chaloupes, & l'autre fut tirée dans le

Jonas, lequel outre nôtre charge portoit cent milliers de Morues, que

seches que vertes. Nous eumes assez bon vent jusques à ce que nous

approchames les terres de l'Europe. Mais nous n'avions pas tout le bon

traitement du monde, par ce que, comme j'ay dit, ceux qui nous vindrent

querir presumans que nous fussions morts, s'étoient accommodez de noz

rafraichissemens. Nos ouvriers ne beurent plus de vin depuis qu'ilz nous

eurent quittés au Port-Royal: Et nous n'en avions gueres, par ce que ce

qui nos abondoit fut beu joyeusement en la compagnie de ceux qui nous

apporterent nouvelles de France.

Le vint-sixiéme Septembre nous eumes en veuë les iles de Sorlingues, qui

sont à la pointe de Cornuaille en Angleterre. Et le vint-huitiéme

pensans venir à Saint-Malo, fumes contraints de relacher à Roscoff en la

Basse Bretagne, où nous demeurâmes deux jours & demi à nous rafraichir:

Nous avions un Sauvage que se trouvoit assez étonné de voir les

batimens, clochers, & moulins à vent de France: mémes les femmes qu'il

n'avoit onques veu vétues à nôtre mode. De Roscoff nous vimmes avec bon

vent rendre graces à Dieu audit Saint-Malo. En quoy je ne puis que je ne

loue la prevoyante vigilance de nôtre Maitre de navire Nicolas Martin,

de nous avoir si dextrement conduit, en une telle navigation, & parmi

tant d'écueils & caphatées rochers dont est remplie la côte d'entre le

Cap d'Ouessans & ledit Saint-Malo. Que si cetui ci est louable en ce

qu'il a fait, le Capitaine Foulques ne l'est moins de nous avoir mené

parmi tant de vents contraires en des terres inconues où nous nous

sommes efforcés de jette les premiers fondemens de la Nouvelle-France.

Ayant demeuré trois ou quatre jours à Saint-Malo, nous allames le sieur

de Poutrincourt, son fils, & moy, au Mont saint-Michel, où nous vimes

les Reliques dudit lieu, fors le Bouclier de ce saint Archange. Il nous

fut dit que le sieur Evéque d'Avranches depuis quatre ans avoit deffendu

de le plus montrer. Quant au batiment il merite d'étre appellé la

huitiéme merveille du monde, tant il est beau & grand sur la pointe

d'une roche seule au milieu des ondes, la mer étant en son plein. Vray

est qu'on peut dire que la mer n'y venoit point quand ledit batiment fut

fait. Mais je repliqueray, qu'en quelque façon que ce soit il est

admirable. La plainte qu'il y peut avoir en ce regard est, que tant de

superbe edifices sont inutils pour le jourd'hui, ainsi qu'en la pluspart

des Abbaïes de France. Et à la mienne volonté que par les engins de

quelque Archimede ilz peussent étre transportés en la Nouvelle-France

pour y étre mieux employés au service de Dieu & du Roy. Au retour nous

allames voir la pécherie des huitres à Cancale; & delà à Saint-Malo: où

aprés avoir encore sejourné huit jours, nous vimmes dans une barque à

Honfleur: & en cette navigation nous servit de beaucoup l'experience du

sieur de Poutrincourt, lequel voyant que noz conducteurs étoient au bout

de leur Latin, quand ilz se virent entre les iles de Jerzey & Sart

(n'ayans accoutumé de prendre cette route, où nous avions été poussez

par un grand vent d'Est-Suest, accompagné de brumes & pluyes) il print

sa Charte marine en main, & fit le maitre de navire, de maniere que nous

passames le Raz-Blanchart (passage dangereux à des petites barques) &

vimmes à l'aise suivant la côte de Normandie audit Honfleur. Dont Dieu

soit loué eternellement. _Amen._

Estans à Paris ledit sieur de Poutrincourt presenta au Roy les fruits de

la terre d'où il venoit & specialement le blé, froment, segle, orge &

avoine, comme étant la chose la plus precieuse qu'on puisse rapporter de

quelque païs que ce soit. Il eût été bien-seant de vouer ces premiers

fruits à Dieu, & les mettre entre les enseignes de triomphe en quelque

Eglise, à trop meilleure raison que les premiers Romains, léquels

prsentoient à leurs dieux & déesses champestres _Terminus, Seia, &

Segesta_ les premiers fruits de leur culture par les mains de leurs

sacrificateurs des champs institués par _Romulus_, qui fut le premier

ordre de la Nouvelle-Rome, lequel avoit pour blason un chapeau d'épics

de blé.

Le méme sieur de Poutrincourt avoit nourri une douzaine d'Outardes

prises au sortir de la coquille, léquelles il pensoit faire toutes

apporter en France, mais il y en eu cinq de perdues, & les autres cinq

il les a baillées au Roy, qui en a eu beaucoup de contentement, & sont à

Fontaine-bleau.

Et d'autant que son premier but est d'établir la Religion Chrétienne en

la terre qu'il a pleu à sa Majesté lui octroyer, & à icelle amener les

pauvres peuples Sauvages, léquels ne desirent autre chose que de se

conformer à nous en tout bien, il a été d'avis de demander la

benediction du Pape de Rome premier Evéque en l'Eglise par une missive

faite de ma main au temps que j'ay commencé cette histoire, laquelle a

esté envoyée à sa Saincteté avec lettres de sadite Majesté, en Octobre,

mille six cens huit, laquelle comme Servant à nôtre sujet, j'ay bien

voulu coucher ici.

BEATISSIMO DOMINO NOSTRO PAPÆ PAVLO V. Pontifici Maximo.

BEATISSIME Pater, divina Veritatis, & vera Divinitatis oraculo scimus

Evangelium regni coelorum prædicandum fore in universo orbe in

testimonium omnibus gentibus, antequam veniat consummatio. _Unde

(quoniam in suum occasum ruit mundus) Deus his postremis temporibus

recordatus misericordiæ suæ suscitavit homines fidei Christiana athletas

fortissimos utriusque militia duces, qui zelo propangandæ Religionis

inflammati per multa pericula Christiani nominis gloriam non solum in

ultimas terras, sed in mundos no vos (ut ita loquar) deportaverunt. Res

ardua quidem: sed_:

Invia virtuti lulla est via...

_inquit Poëta quidam vetus. Ego_ JOANNES DE BIENCOUR, _vulgo_ DE

POUTRINCOUR _à vita religionis amator & assertor perpetuus, vestra

Beatitudinis servus minimus,_ pari (ni fallor) animo ductus, unus ex

multis devovi me pro Christo & salute populorum ac silvestrium (ut

vocant) hominum qui Nova Francia novas terras incolunt: eoque nomine iam

relinquo populum meum, & domum patris mei, uxoremque & liberos

periculorum meorum consortes facio, memor scilicet quod Abrahamus pater

credentium idem fecerit, ignotamque sibi regionem Deo duce peragrarit,

qui possessurus esset populus de femore eius veri Dei, veraque

religionis cultor. Non equidem peto terram auro argentoque beatam, non

exteras spoliare gentes mihi est in animo: Sat mihi gratia Dei (si hanc

aliquo modo consequi possim) terra que mihi Regio dono concessa, & maris

annuus proventus, dummodo populos lucrifaciam Christo._ Messis quidem

multa, operarii pauci. _Qui enim splendide vivunt, aurumque sibi

congerere curant hoc opue negligunt, scilicet hoc sæculum plus æquo

diligentes. Quibus vero res est angusta domitanta rei molem suscipere

nequeunt, & huic oneri ferendo certè sunt impares. Quid igitur? An

deferendum negotium vere Christianum & plané divinum. Ergo frustra sex

iam ab annus tot sustinuimus (dum ista meditamur) animi pertubationes?

Minivé vero. Cum enim_ timentibus Deum opmnia cooperentur in bonum, non

est dubium quin Deus, pro cuius gloria Herculeaum istud opus aggredimur,

adspiret votis nostris, qui quondam populum suum Israelem_ portavit

super alas aquilarum, & _perduxit in terram melle & lacte fluentem. Hac

spe fretus, quicquid est mihi seu facultatum, seu corporis vel animi

virium in re tam nobili libenter & alacri animo expendere non vereor,

hoc praefertim tempore quo silent arma, nec datur virtuti suo fungi

munere, nisi si in Turcas mucrones nostros convertiremus. Sed est quod

utilius pro re Christiana faciamus, si populos istos latissimé patentes

in Occidentali plaga ad Dei cognitionem adducere conemur. Non enim

armorum vi sunt ad religionem cogendi. Verbo tantum & doctrina est opus,

juncta bonorum morum disciplina: quibus artibus olim Apostoli,

sequentibus signis, maximam hominum partem sibi, Deoque, & Christo eius

concilia verunt: itaque verum extitit illud quod scriptum est:_ Populus

quem non cognovi servivit mihi, in auditu auris obedivit mihi, &c. Filii

alieni mentiti sunt mihi, &c. _Filii quidem alieni sunt populi

Orientales iam à fide Christiana alieni, in quos propterea torqueri

potest illud Evangelii quod iam adimpletum videmus:_ Auferetur vobis

regnum Dei & dabitur genti facienti fructus eius. _Nunc autem ecce

tempus acceptabile, ecce nunc dies salutis, qua Deus visitabit & faciet

redemptionem plebis sua, & populus qui eum non cognovit serviet ipsi,

sed & in auditu auris obediet, si me indignum servum tanti nuneris ducem

esse patiatur. Qua in re Beatitudinis vestra charitatem per viscera

misericordia Dei nostri deprecor, auctoritatem imploro, adjuro

sanctitatem ut mihi ad illud opus iam jam properanti, uxori charissima,

ac liberis; nec non domesticis, socusque veis vestra benedictionem

impertiri dignemini, qua certa fide credo nobis plurimum ad salutem non

solum corporis, sed etiam anima, addo & ad terræ nostræ ubertatem &

propositi nostri felicitatem, profuturum. Faxit Deus Optimus Maximus,

Faxit Dominues noster & Salvator Jesus Christus, Faxit una & Spiritus

sanctus, ut in altissima Principis Apostolorum puppi sedentes per multa

sæcula Ecclesia sancta. Et a clavum tenere possitis, & in diebus vestris

(qua vestra sanè maxima gloria est) illud adimpletum videre quod de

Christo à sancto Propheta a vaticinatum est:_ Adorabunt eum omnes Reges

terræ: omnes gentes servient ei.

Vestræ Beatitudinis filius humillimus ac devotissimus

IOANNIS DE BIENCOUR.

[Illustration: 010.png]

CINQUIEME

LIVRE DE L'HISTOIRE

DE LA NOUVELLE-FRANCE.

Contenant ce qui s'y est exploité

depuis nôtre retour en l'an 1607.

_Mention de nôtre grand Roy HENRI sur le sujet des grandes entreprises:

Ensemble des Sieurs de Monts & de Poutrincourt. Revocation du privilege

de la traite des Castors. Reponse aux envieux. Dignité du caractere

Chrétien. Perils du sieur de Monts._

Histoire de la Nouvelle-France (Version 1617) · 第 222 / 303 题