Ces courants que j'ai étudiés pendant longtemps avec le galvanomètre

et qui ont été l'objet de quatre mémoires présentés par moi à

l'académie des sciences en 1872, n'ont généralement aucun rapport avec

l'électricité atmosphérique, comme le croit M. Gressier, et

proviennent soit d'actions thermo-électriques, soit d'actions

hydro-électriques. Ils se manifestent toujours et en tous temps sur

les lignes télégraphiques, qu'elles soient isolées à l'une de leurs

extrémités ou en contact avec la terre par les deux bouts. Dans le

premier cas, les électrodes polaires du couple sont constituées par le

fil télégraphique et la plaque de terre, ordinairement de la même

nature, et le milieu conducteur intermédiaire est représenté par les

poteaux souteneurs du fil et le sol qui complètent le circuit. Dans le

second cas, le couple est constitué à peu près de la même manière,

mais la différence de composition chimique des terrains aux deux

points où les plaques de terre sont enterrées, et souvent leur

différence de température, exercent un effet prédominant. Si l'on ne

considère que le premier cas, il arrive le plus souvent, par les beaux

jours de l'été, que les courants produits pendant la journée sont

inverses de ceux qui sont produits pendant la nuit, et varient avec la

température ambiante dans l'un et l'autre sens. La présence ou

l'absence du soleil, le passage des nuages, les courants d'air,

entraînent même des variations très-brusques et très-caractérisées que

l'on peut suivre facilement sur le galvanomètre et qui engendrent des

sons plus ou moins accentués dans le téléphone.

Pendant le jour, ces courants sont dirigés de la ligne télégraphique à

la plaque de terre, parce que le fil est plus échauffé que la plaque,

et _ces courants sont alors thermo-électriques_. Pendant la nuit, le

contraire a lieu parce que le serein, en tombant, provoque sur le fil

un refroidissement et y détermine une oxydation plus grande que celle

qui est effectuée sur la plaque de terre, et _les courants sont alors

surtout hydro-électriques_.

J'ai insisté un peu sur ces courants parce que, par suite d'une fausse

interprétation de leur origine, on a cru que le téléphone pourrait

servir à l'étude des variations de l'électricité atmosphérique

répandue normalement dans l'air; or, cette application du téléphone

serait dans ces conditions, non-seulement inutile, mais encore

pourrait égarer les observateurs en leur faisant faire des recherches

sur des phénomènes très-compliqués, dont l'étude ne conduirait à rien

de plus que ce que j'ai dit dans mes différents mémoires sur cette

question.

Il est aussi certaines actions locales qui peuvent déterminer des sons

sur le téléphone. Ainsi la distension du diaphragme sous l'influence

de la chaleur humide de la respiration, quand on porte l'appareil

devant la bouche pour parler, détermine un bruissement qui est facile

à percevoir.

En raison des réactions électro-statiques si énergiques déterminées

sur les câbles sous-marins par suite des transmissions électriques, on

pouvait craindre que l'on ne pût correspondre facilement à travers ces

sortes de conducteurs au moyen du téléphone, et pour s'en assurer, on

fit une expérience entre Guernesey et Darmouth à travers un câble de

soixante milles de longueur. On reconnut avec surprise et satisfaction

que les articulations de la parole étaient parfaitement effectuées,

seulement un peu voilées. D'autres expériences entreprises par MM.

Preece et Willmot sur un câble sous-marin artificiel placé dans des

conditions analogues à celui des États-Unis, démontrèrent que sur une

longueur de cent milles, on pouvait facilement entretenir une

correspondance téléphonique, bien que les effets d'induction fussent

manifestes. Sur une longueur de cent cinquante milles, il devint assez

difficile de s'entendre, et les sons étaient considérablement

affaiblis; il semblait qu'on parlait à travers une épaisse cloison.

Les sons diminuèrent rapidement jusqu'à deux cents milles, et à partir

de là, la parole devint complétement indistincte, quoique le chant pût

être encore perçu. On put même l'entendre sur toute la longueur du

câble, c'est-à-dire sur une longueur de trois mille milles; mais cela

tenait, suivant M. Preece, à l'induction du condensateur sur lui-même;

néanmoins M. Preece croit que le chant peut être entendu à une bien

plus grande distance que la parole, en raison de la plus grande

régularité dans la succession des ondes électriques.

«J'ai expérimenté aussi, dit M. Preece, des câbles souterrains entre

Manchester et Liverpool sur une longueur de trente milles, et je n'ai

rencontré aucune difficulté dans la correspondance que j'ai échangée;

il en a été de même sur le câble de Dublin à Holyhead ayant

soixante-sept milles de longueur. Celui-ci avait 7 fils conducteurs,

et quand le téléphone était réuni à l'un des fils, on pouvait entendre

la répétition des sons à travers tous les autres, mais à un degré plus

faible. Quand les fils fonctionnaient avec les courants des appareils

télégraphiques, l'induction était manifeste, mais elle ne suffisait

pas pour empêcher les communications téléphoniques.»

INSTALLATION D'UN POSTE-TÉLÉPHONIQUE.

Bien que le système télégraphique par le téléphone soit très-simple,

il exige pourtant, pour le service qu'on peut demander à cet

instrument, certaines dispositions accessoires qui sont

indispensables. Ainsi, par exemple, il est nécessaire que l'on soit

appelé au moyen d'un appareil d'alarme pour qu'on puisse savoir quand

l'échange des correspondances doit avoir lieu, et il faut également

que l'on soit prévenu si l'appel a été entendu. Une sonnerie

électrique est donc le complément indispensable du téléphone, et comme

le même circuit peut être employé pour les deux systèmes d'appareils à

la condition de se servir d'un commutateur, on dut, pour conserver au

système sa simplicité de manipulation qui en faisait le principal

mérite, rechercher un moyen de faire réagir ce commutateur

automatiquement et, pour ainsi dire, à l'insu de ceux appelés à faire

usage de l'appareil.

=Système de MM. Pollard et Garnier.=--Dès le mois de mars dernier, MM.

Pollard et Garnier avaient imaginé dans ce but un dispositif qui leur

a parfaitement réussi et qui utilisait le poids de l'instrument comme

moyen d'action sur le commutateur.

À cet effet, ils suspendaient l'instrument à l'extrémité d'une lame de

ressort fixée entre les deux contacts du commutateur. Le fil du

circuit correspondait à cette lame, et les deux contacts

correspondaient l'un avec le téléphone, l'autre avec la sonnerie.

Quand le téléphone pendait au-dessous du ressort-support, c'est-à-dire

quand il n'était pas mis en action, son poids faisait abaisser la lame

de ressort sur le contact inférieur, et la communication de la ligne

avec la sonnerie était établie; quand, au contraire, le téléphone

était soulevé pour s'en servir, la lame de ressort venait toucher le

contact supérieur, et la communication était établie entre la ligne et

le téléphone. Pour faire fonctionner la sonnerie, il ne s'agissait

donc que d'établir sur le fil de liaison de la ligne avec le contact

de sonnerie du commutateur, un interrupteur de courant à la fois

conjoncteur et disjoncteur, mis en rapport d'un côté avec le contact

de sonnerie, de l'autre avec la pile de cette sonnerie. Un simple

bouton de sonnerie électrique ordinaire pouvait suffire pour cela en y

adaptant un second contact; mais MM. Pollard et Garnier ont préféré

que cette action se fît aussi automatiquement, et ils ont en

conséquence combiné le dispositif que nous représentons fig. 47.

Dans ce système, comme du reste dans ceux qui ont été combinés depuis,

on met à contribution deux téléphones: l'un que l'on applique

constamment contre l'oreille, l'autre que l'on tient devant la bouche

pour être en mesure de parler tout en écoutant. Ces téléphones sont

soutenus par trois fils dont deux contiennent des conducteurs

souples; le troisième ne joue d'autre rôle que celui de soutien.

Des quatre fils des deux téléphones, deux sont réunis l'un à l'autre,

et les deux autres sont reliés à deux boutons d'attache du commutateur

_t_, _t'_; les cordons sans conducteurs sont suspendus aux extrémités

des deux lames flexibles _l_, _l'_ qui correspondent à la terre et à

la ligne.

Au repos, le poids des téléphones fait appuyer les deux lames _l_,

_l'_ sur les contacts inférieurs S, S'; mais lorsqu'on prend à la main

ces appareils, ces lames appuient contre les contacts supérieurs.

Les deux fils de la sonnerie aboutissent aux contacts inférieurs, ceux

des téléphones aux contacts supérieurs, et les pôles de la pile sont

reliés, l'un au contact inférieur de gauche S', l'autre au contact

supérieur de droite T.

Au repos, le système est sur sonnerie, et le courant envoyé de la

station opposée, suivrait le circuit L_l_SS'S'_l'_T'; on pourrait donc

être appelé; mais si on prend les deux téléphones à la main, le

circuit est coupé à travers la sonnerie et établi à travers les

téléphones; de sorte que le courant suit le trajet L_l_T_tt'_T'_l'_T.

Si on ne soulève qu'un téléphone à la fois, le courant est envoyé à la

sonnerie du poste opposé, et suit la route +P_t_LT_tl'_S'P-. On fait

donc ainsi, sans s'en douter, les trois manoeuvres nécessaires pour

appeler, correspondre et mettre l'appareil en position de fournir un

appel.

=Système de MM. Bréguet et Roosevelt.=--Dans le système établi par la

compagnie Bell à Paris, le dispositif est à peu près semblable au

précédent, seulement il n'y a qu'un commutateur à ressort, et c'est

avec un bouton de sonnerie ordinaire qu'on provoque les appels. Sur

une planchette d'acajou suspendue à la muraille, sont disposées

d'abord une sonnerie trembleuse ordinaire au-dessous de laquelle est

fixé un bouton transmetteur, et en second lieu deux fourches servant

de support aux deux téléphones et dont une est adaptée à la bascule

d'un commutateur disposé comme une clef de Morse. Les deux téléphones

sont reliés, par deux fils conducteurs disposés de manière à être

extensibles, à quatre boutons d'attache dont deux sont reliés

directement l'un à l'autre et les deux autres à la ligne, à la terre

et à la pile par l'intermédiaire du commutateur, du bouton

transmetteur et de la sonnerie. La figure 48 montre ce dispositif.

Le commutateur A se compose d'une bascule métallique ac portant

au-dessus de son point d'articulation, la fourche de suspension F' de

l'un des téléphones; elle se termine par deux taquets _a_ et _c_

au-dessous desquels sont fixés les deux contacts du commutateur, et un

ressort presse le bras inférieur de la bascule de manière à faire

appuyer constamment l'autre bras contre le contact supérieur. Pour

plus de sûreté, une languette d'acier _ab_ adaptée à l'extrémité

inférieure de la bascule, frotte contre une colonnette _b_ munie de

deux contacts isolés qui correspondent à ceux de la planchette. La

bascule est en communication avec le fil de ligne par l'intermédiaire

du bouton d'appel, et les deux contacts dont nous venons de parler,

correspondent l'un, le supérieur, avec l'un des fils des téléphones

qui sont intercalés dans le même circuit, l'autre avec la sonnerie S,

qui elle-même communique à la terre. Il résulte de cette disposition,

que quand le téléphone de droite appuie de tout son poids sur son

support, la bascule du commutateur est inclinée sur le contact

inférieur, et, par conséquent, la ligne est mise directement en

rapport avec la sonnerie, ce qui permet d'appeler la station. Quand,

au contraire, le téléphone est enlevé de son support, la bascule est

sur le contact supérieur, et les téléphones sont reliés à la ligne.

Pour appeler la station en correspondance, il suffit d'appuyer sur le

bouton transmetteur; alors la liaison de la ligne avec les téléphones

est brisée et établie avec la pile du poste, laquelle envoie un

courant à travers la sonnerie du poste correspondant. Pour obtenir ce

double effet, le ressort de contact du bouton transmetteur appuie en

temps ordinaire contre un contact adapté à une équerre qui l'enveloppe

par sa partie antérieure, et, au-dessous de ce ressort, se trouve un

second contact qui communique avec le pôle positif de la pile du

poste. L'autre contact correspond au fil de ligne, et une liaison est

établie entre le fil de terre et le pôle négatif de la pile du poste,

ce qui fait que ce fil de terre est commun à trois circuits:

1º Au circuit des téléphones;

2º Au circuit de la sonnerie;

3º Au circuit de la pile locale.

La seconde fourche qui sert de support au téléphone de droite est

fixée sur la planchette et n'a aucun rôle électrique à remplir.

Il est facile de comprendre que ce dispositif peut être varié de

mille façons différentes, mais nous nous bornerons au modèle que nous

venons de décrire qui est le plus pratique.

=Système de M. Edison.=--Avec les téléphones à pile, le problème est

plus complexe, à cause de l'emploi d'une pile qui doit être commune à

deux systèmes d'appareils, et de la bobine d'induction qui doit être

intercalée dans deux circuits distincts. La figure 49 représente le

modèle qui a été adopté pour le téléphone de M. Edison. Dans ce

dispositif, la planchette d'acajou porte au milieu une petite étagère

C pour y poser les deux téléphones par leur partie plate. La sonnerie

S est mise en action par un parleur électro-magnétique P qui peut

servir, par l'adjonction d'une clef Morse M au système, à l'échange

d'une correspondance en langage Morse, si les téléphones faisaient

défaut, ou pour l'organisation de ces téléphones eux-mêmes.

Au-dessous de ce parleur, est disposé un commutateur à bouchon D pour

mettre la ligne en transmission ou en réception, avec ou sans

sonnerie, et enfin au-dessous de la planchette étagère C, est

disposée, dans une petite boîte fermée E, la bobine d'induction

destinée à transformer les courants voltaïques en courants induits.

Quand le commutateur est placé sur réception, la ligne correspond

directement soit au parleur, soit au téléphone récepteur, suivant le

trou dans lequel le bouchon est introduit; quand, au contraire, il est

placé sur transmission, la ligne correspond au circuit secondaire de

la bobine d'induction. Dans ces conditions, la manoeuvre ne peut plus

être automatique; mais comme ce genre de téléphone ne peut être

appliqué avec avantage que pour la télégraphie et que ce sont alors

des personnes habituées aux appareils électriques qui en font usage,

cette complication ne peut présenter d'inconvénients.

SONNERIES D'APPEL ET AVERTISSEURS.

Les sonneries d'appel appliquées aux services téléphoniques ont été

combinées de diverses manières. Quand on emploie les sonneries

trembleuses, comme dans les cas dont il a été question précédemment,

il devient nécessaire d'employer une pile, et le grand avantage que

présente le téléphone à courants induits se trouve ainsi notablement

amoindri. On a donc cherché à se passer de pile et on a imaginé

d'employer des sonneries magnéto-électriques.

Ce sont généralement deux timbres entre lesquels oscille un marteau,

dont le support est constitué par l'armature polarisée d'un

électro-aimant. Au-dessous de ce système, est disposé l'appareil

magnéto-électrique qui, étant tourné à l'aide d'une manivelle, envoie

les courants alternativement renversés, nécessaires pour communiquer

au marteau un mouvement vibratoire, et ce mouvement est suffisant pour

faire carillonner les deux timbres. Au-dessous de la manivelle de ce

système magnéto-électrique, se trouve un commutateur à deux contacts

qui dispose l'appareil pour la réception ou la transmission.

Dans un autre système imaginé en Allemagne, on utilise le téléphone

lui-même pour l'avertissement, et voici comment.

À l'état de repos, le téléphone transmetteur est remplacé par un

système semblable qui est terminé par un cornet allongé en forme de

porte-voix. Au poste opposé se trouve un timbre en acier de 12

centimètres environ de diamètre, qui peut être frappé aisément par un

marteau en bois dur monté sur un ressort. Perpendiculairement à la

direction du choc et un peu au-dessous du timbre, est placé, en face

de son ouverture, un barreau aimanté qui est en communication avec la

ligne téléphonique par des bobines d'induction. Lorsque le timbre

frappé par le marteau entre en vibration en rendant un son strident,

le barreau aimanté est influencé, et transmet à l'autre station ce son

qui a une intensité beaucoup plus grande que la voix humaine, et le

pavillon du porte-voix concentrant les vibrations aériennes

résultantes, fait entendre ce son dans toute l'étendue de

l'appartement où est l'expérimentateur; on est ainsi dispensé de

l'emploi de la sonnerie électrique et de sa pile qui sont étrangères

au téléphone.

La Compagnie du téléphone Bell à Paris a disposé encore un petit

système d'appel, qui est bien suffisant et qui a l'avantage de servir

de téléphone eu même temps. C'est un modèle analogue à celui que nous

avons désigné sous le nom de téléphone à tabatière, et qui possède un

commutateur à bouton au moyen duquel la ligne est mise en rapport avec

le système électro-magnétique de l'appareil, ou avec une pile capable

de faire vibrer assez énergiquement ce genre de téléphone. Quand on

appelle, on presse le bouton, et le courant de la pile est envoyé à

travers l'appareil correspondant qui se met à vibrer sous l'influence

d'un cri que l'on émet, et quand on est prévenu que le signal est

reçu, on abandonne le bouton, ce qui permet de parler et de recevoir

comme avec des téléphones ordinaires.

=Système de M. de Weinhold.=--M. Zetzche parle avec éloge d'un

avertisseur, combiné par le professeur A. de Weinhold qui est, du

reste, analogue à celui de M. Lorenz que nous représentons fig. 50, et

dont l'organe sonore est un timbre d'acier T de 13 à 14 centimètres

de diamètre accordé à environ 420 doubles vibrations par seconde. «Ce

diamètre et cet accordement, dit-il, ne semblent pas sans quelque

importance, et l'on ne peut s'en éloigner beaucoup sans nuire à

l'effet. Le timbre a son orifice tourné en bas, et est fixé par son

milieu sur un support. Ce dernier est traversé par une barre aimantée

recourbée légèrement, pourvue à ses deux extrémités d'appendices en

fer entourés de bobines d'induction N, S. Le barreau aimanté du

téléphone se termine également par un appendice en fer renfermé dans

une bobine. Dans les deux cas, les changements qui se produisent dans

l'état magnétique, paraissent être plus intenses que dans les aimants

dépourvus d'appendices. La barre aimantée est placée à l'intérieur de

la cloche dans le sens d'un de ses diamètres, de sorte que les

appendices en touchent presque la paroi.

«Lors donc que le timbre vient à être frappé à un endroit distant

d'environ 90° de ce diamètre, au moyen d'un battant en bois M, mu par

un ressort et que la main ramène en arrière en tendant le ressort

(comme avec les timbres de table) pour le relâcher ensuite, les

vibrations qui lui sont communiquées envoient des courants dans les

bobines, et ces courants produisent dans la plaque de fer du téléphone

des vibrations identiques, qu'un résonnateur conique adapté au

téléphone renforce suffisamment, pour qu'on puisse encore les entendre

facilement à quelques pas de distance. Pour les usages ordinaires, la

bobine du timbre est fermée à court circuit au moyen d'un ressort

métallique R, et par conséquent, lorsqu'on frappe le timbre, ce

ressort doit être baissé pour faire cesser cette fermeture à court

circuit. Un appareil du même genre a encore été combiné par M. W. E.

Fein à Stuttgart.»

=Système de MM. Dutertre et Gouhault.=--Une des plus jolies solutions

du problème de l'avertissement téléphonique, est celle qu'ont

présentée récemment MM. Dutertre et Gouhault et que nous représentons

fig. 51 et 52, l'appareil étant vu sur ses deux faces opposées. C'est

une sorte de téléphone en tabatière analogue à celui que nous avons

représenté fig. 25 et qui est disposé de manière à transmettre ou à

recevoir l'avertissement, suivant la manière dont il est posé sur son

support, lequel n'est autre qu'une petite console ordinaire pendue à

la muraille. Quand il est posé sur cette console de manière à

présenter extérieurement l'embouchure téléphonique, il est dans la

position de réception, et alors il peut fournir l'appel. Quand, au

contraire, il est renversé sur son support de bas en haut, il fournit

l'appel à l'autre station en déterminant, sous l'influence d'une

pile, les vibrations d'un trembleur, et ces vibrations se trouvent

assez fortement répercutées dans l'appareil en correspondance pour

fournir l'appel. En appuyant alors le doigt sur un petit bouton à

ressort, et en le prenant à la main, on peut s'en servir comme d'un

téléphone ordinaire.

Dans cet appareil, l'aimant NS, fig. 51, est disposé en forme de

limaçon, comme ceux dont il a déjà été question, mais le noyau de fer

doux S sur lequel est adaptée la bobine E peut déterminer à ses deux

extrémités deux effets différents. D'un côté, il réagit sur la lame

vibrante LL de l'appareil téléphonique, comme dans les appareils

ordinaires, de l'autre, il réagit sur une petite armature adaptée à

l'extrémité d'une lame vibrante C, fig. 52, qui, étant tendue contre

un contact fixé au pont B, constitue un trembleur électro-magnétique.

À cet effet, ce pont communique métalliquement avec le fil de la

bobine dont l'autre bout correspond au fil de ligne, et le ressort C

est monté sur une pièce A qui porte en même temps un autre ressort DG

agissant sur deux contacts, l'un situé en G et qui correspond au fil

de terre, l'autre situé en H et qui est réuni au pôle positif de la

pile. Un petit bouton mobile qui dépasse le couvercle de la boîte en

passant à travers un trou, est fixé en G, et toute cette partie de

l'appareil fait face au fond de la boîte. La lame vibrante et son

embouchure constituent la partie supérieure, de sorte que tout les

mécanismes que nous venons de décrire sont montés sur une cloison

intermédiaire entre les deux fonds de la boîte.

Quand cette boîte est appuyée sur son fond, du côté de la fig. 52, le

petit bouton adapté en G appuie sur le ressort DG et en le soulevant

rompt la communication avec la pile; la bobine de l'appareil est alors

simplement réunie au circuit, et elle peut en conséquence recevoir les

courants transmis qui suivent le chemin suivant: le fil de ligne,

bobine E, pont B, ressort C, ressort DG, contact de terre. Si ces

courants sont transmis par un trembleur, ils sont assez forts pour

déterminer un bruit capable d'être entendu de tous les points d'une

pièce, et en conséquence l'avertissement peut être donné de cette

manière. Si ces courants résultent d'une transmission téléphonique, on

place l'appareil à l'oreille en ayant soin de pousser avec le doigt le

bouton en G, et l'échange des correspondances se fait comme avec les

appareils ordinaires; mais il est plus simple d'avoir pour cet usage

un second téléphone intercalé dans le circuit et qui est plus

maniable. Quand la boîte est renversée sur son embouchure, le bouton G

ne pressant plus le ressort DG, le courant de la pile réagit sur le

trembleur de l'appareil et transmet l'appel à la station

correspondante en suivant la route: I D A C B E, ligne, terre et pile,

et cet appel subsiste jusqu'à ce que le correspondant ait coupé le

courant en prenant lui-même son appareil, ce qui prévient l'autre

qu'on est prêt à entendre.

=Système de M. Puluj.=--Voici encore un système avertisseur proposé

par le docteur Puluj. Il se compose de deux téléphones sans

embouchure, reliés entre eux et dont les bobines sont placées en face

des branches de deux diapasons, accordés le plus exactement possible

sur le même ton. Une sonnette en métal est adaptée à la face opposée

de chacun des diapasons, et un fil suspendu à leur portée, est munie

d'une petite boule en contact avec leurs branches. Dès que, à la

station de départ on fait vibrer le diapason en le frappant avec un

marteau de fer recouvert de peau, le diapason de l'autre station se

trouve mis en vibration, et sa boule fait retentir la sonnette. Dès

que la première station a reçu le même signal de la seconde, on adapte

aux téléphones des embouchures à membranes de fer, et l'on entame la

correspondance. On peut, paraît-il, en se servant d'un résonnateur,

renforcer le son parvenu à la station de réception au point de le

rendre perceptible dans une grande salle, et le signal par la sonnerie

peut être entendu dans une pièce attenante, même à travers une porte

fermée.

APPLICATIONS DU TÉLÉPHONE.

Le Téléphone, le Microphone et le Phonographe · 第 13 / 19 段