Au siècle dernier, _le Prêtre de Némi_ eût été, avec toutes les
différences que vous devinez sans peine, un conte philosophique de vingt
pages intitulé: _Antistius_, ou _Toute vérité n'est pas bonne à dire_.
Relisez quelques contes de Voltaire ou de Diderot; puis relisez
_Caliban_, _la Fontaine de Jouvence_ et _le Prêtre de Némi_: vous
pourrez mesurer de combien de notions et de sentiments s'est enrichie,
en cent ans, l'âme humaine; et vous déborderez de reconnaissance et
d'amour pour le plus suggestif et le plus ensorcelant de nos grands
écrivains.