Comme je cherche dans M. Verlaine, non ce qu'il a écrit de moins
imparfait, mais ce qu'il a écrit de plus singulier, je ne m'arrêterai
pas aux _Fêtes galantes_ ni à _la Bonne Chanson_,--_La Bonne Chanson_,
ce sont de courtes poésies d'amour, presque toutes très touchantes de
simplicité et de sincérité, avec, quelquefois, des obscurités dont on ne
sait si ce sont des raffinements de forme ou des maladresses.--Les
_Fêtes galantes_, ce sont de petits vers précieux que l'ingénu rimeur
croit être dans le goût du siècle dernier. Vous ne sauriez imaginer
quelle chose bizarre et tourmentée est devenu le XVIIIe siècle, en
traversant le cerveau troublé du pauvre poète. Je n'en veux qu'un
exemple:
Mystiques barcaroles,
Romances sans paroles,
Chère, puisque tes yeux
Couleur des cieux..
Puisque l'arome insigne
De ta candeur de cygne,
Et puisque la candeur
De ton odeur,
Ah! puisque tout ton être,
Musique qui pénètre,
Nimbe d'anges défunts,
Tons et parfums,
_À sur d'almes cadences_
_En ses correspondances_
_Induit mon cour subtil (?)_,
Ainsi soit-il!
Ce petit morceau est intitulé: _À Climène._ Il ne rappelle que de fort
loin Bernis ou Dorat.