M. Darcy tressaillit.

--Elle aussi? s’écria-t-il; quoi! madame la baronne Louis! Eh bien!

j’avais meilleure opinion de sa raison. Pauvre femme! ils vont la

préparer au ciel d’après la méthode recommandée par Pascal, en

l’abrutissant.

--Ah! pas d’impiété dans un pareil moment, docteur, interrompit madame

de Luxeuil.

--Vous avez raison, reprit Darcy en s’inclinant; la maladie est une

royauté, et jamais royauté n’a été tenue d’avoir le sens commun. Aussi,

ne ferai-je à la baronne aucune objection.

--Elle attend de vous davantage, Monsieur, reprit Vorel; elle espère que

vous ne refuserez point de l’assister dans cette dernière épreuve.

--Comment?

--Elle désire que vous vous trouviez là... avec son confesseur.

Darcy fit un soubresaut.

--Moi! s’écria-t-il.

--C’est une idée de malade, continua Vorel; elle assure que votre

présence lui donnera plus de calme... de résolution; qu’elle accomplira

avec moins de tremblement ses derniers devoirs religieux.

--C’est-à-dire que je l’encouragerais à se livrer aux prêtres?

interrompit le docteur avec une sorte d’indignation; mais elle ne me

connaît donc pas, Monsieur? Elle ignore donc mon mépris pour les parades

de la superstition?

--Vos opinions resteront libres, fit observer le médecin de Bourgueil,

il s’agit seulement d’être présent. Pour les spectateurs, tout se borne

à un signe de croix et à une génuflexion.

Les réprouvés et les élus (t.1) · 第 17 / 87 题