Page 265, lignes 17 et 18: Pomponne resta dix-huit mois à la
Ferté-sous-Jouarre.
Les affaires qui appelaient Pomponne à la Ferté-sous-Jouarre
concernaient la succession que Nicolas Ladvocat, son beau-père, avait
laissée à sa femme. Fouquet avait contribué au mariage de Pomponne
avec mademoiselle Ladvocat. La belle-mère de Pomponne se nommait
Marguerite de Bouillé.
Page 270, ligne 13: Dîner à l'hôtel de Nevers; et note 458:
Cet hôtel.
Ma note et mes nombreuses citations ne peuvent suffire pour redresser
toutes les erreurs auxquelles l'hôtel de Nevers a donné lieu. Madame
de Sévigné, Pomponne, et plusieurs de leurs contemporains, désignent
toujours l'hôtel qu'habitait madame de Guénégaud par le nom d'_hôtel
de Nevers_, parce qu'en effet c'était cet hôtel, situé près des fossés
de l'ancienne enceinte de la ville et de la porte de Nesle, où est
actuellement l'hôtel des Monnaies, que Henri de Guénégaud, ministre et
secrétaire d'État, avait acheté, en 1641, de la princesse Marie de
Gonzague de Clèves, veuve du duc de Nevers. Guénégaud embellit et
rebâtit presque en entier cet hôtel; il l'agrandit, en y joignant un
autre hôtel, plus petit, qui se trouvait voisin. Cependant on
continuait toujours à appeler cet hôtel _hôtel de Nevers_, quoique sur
les plans gravés de Paris, de l'année 1654, il eût déjà pris le nom
d'_hôtel de Guénégaud_ (voyez le plan de Berey, celui de Gomboust, et
celui de Builet). La rue des Deux-Portes, qui longeait les murs de cet
hôtel, avait pris le nom de _rue de Nevers_, qu'elle a conservé.
Trompé par ce nom d'hôtel de Nevers, appliqué par continuation à
l'hôtel Guénégaud, M. Monmerqué a quelquefois cru qu'il était
question, dans les écrits du temps, d'Anne de Gonzague ou de la
princesse Palatine, quand il s'agissait de madame Duplessis-Guénégaud;
ce qui l'a fait tomber dans quelques erreurs. (Voyez _Lettres de
Sévigné_, t. I, p. 81, note _a_; _Mémoires de Coulanges_, 1820,
in-8º, p. 383; _Biographie Universelle_, t. XXXV, p. 321, article
POMPONNE.) Ainsi, c'est chez madame de Guénégaud qu'allait madame de
Sévigné lorsqu'elle se rendait à l'hôtel de Nevers. C'est chez madame
de Guénégaud que Pomponne se rendit lorsqu'il vint à Paris, au retour
de son exil. C'est chez madame de Guénégaud, et non chez la princesse
Palatine, qui n'habitait plus alors Paris, que Boileau lut ses
premières satires, et Racine sa première tragédie (_Alexandre_). M. de
Saint-Surin est donc dans l'erreur aussi à cet égard (voyez _OEuvres_
de Boileau, édit. de 1821, t. I, p. 41 de la notice biographique).
L'hôtel de Nevers, situé à côté de la tour de Nesle, et près des
fossés de la ville et de l'ancienne enceinte, avait remplacé l'hôtel
de Nesle. L'hôtel de Guénégaud remplaça l'hôtel de Nevers en 1652. En
1670 le prince de Conti l'acheta, et alors il devint l'hôtel de Conti;
et l'édifice actuel de la Monnaie a remplacé l'hôtel de Conti. Marie
de Gonzague, qui épousa successivement Wladislas IV, et Casimir, roi
de Pologne, a bien possédé et occupé l'hôtel de Nevers; mais il est
douteux que sa sœur cadette, Anne de Gonzague, qui fut mariée à
Édouard, prince palatin de Bavière, et qu'on nommait la princesse
Palatine, ait jamais logé dans cet hôtel. Il y a trois vues
intéressantes gravées de l'hôtel de Nevers avant qu'il eût été abattu
en tout ou en partie pour devenir l'hôtel Guénégaud, dans Martin
Zeiler, _Topographia Galliæ_; _Francofurti_, in-folio, t. I, pages 58,
59 et 60.
Duplessis-Guénégaud acheta non-seulement l'hôtel de Nevers, mais il
acquit encore de la ville de Paris tous les terrains vagues laissés
par les fossés de la ville, qui se trouvaient derrière. C'est sur ces
terrains que l'on construisit depuis le collége des Quatre-Nations (le
palais de l'Institut) et la rue Mazarine, tracée exactement dans la
direction de ces anciens fossés. Les nouvelles constructions de
l'Hôtel de Guénégaud paraissent avoir été terminées avant qu'on eût
rien bâti sur ces anciens fossés; car ils sont tracés encore sur le
plan de Berey en quatre feuilles, où le nom d'hôtel Guénégaud a
remplacé celui d'hôtel de Nevers. Ce nom d'hôtel Guénégaud est aussi
le seul qu'on trouve en cet endroit sur le grand plan de Paris de
Gomboust, fait sous la direction de Petit, maître des fortifications
de Paris. Il en est de même du plan de Builet, en douze feuilles; mais
on voit que dans l'usage on continuait d'appeler cet hôtel hôtel du
Nevers; car de Joly, dans ses _Mémoires_ (t. XLVII, p. 213), en
racontant une émeute de la populace qui eut lieu en 1652, et qu'on fut
obligé de réprimer par la force, dit: «Son Altesse Royale fut obligée
d'envoyer des gardes et de faire armer des bourgeois pour dissiper une
troupe de canaille qui voulait piller l'_hotel de Nevers_, appartenant
au sieur de Guénégaud, secrétaire d'État.»
Nous lisons dans les _Mémoires de Gourville_ (t. LII, p. 330) qu'il se
rendit à Paris, dans une maison que madame Duplessis-Guénégaud lui
avait fait bâtir. En effet, dans le _Paris ancien et nouveau_ de Le
Maire, édition de 1685, t. III, p. 269, il est dit que l'hôtel de
Sillery a été bâti, il y a environ trente ans, dans un cul-de-sac de
l'hôtel de Conti, c'est-à-dire de l'hôtel de Guénégaud. Gourville
était fort lié avec madame Duplessis-Guénégaud; et ce fut chez elle
qu'il déposa ses papiers et son argent quand il partit pour faire le
voyage de Nantes. (_Mémoires de Gourville_, t. LII, p. 354.)
Après la mort de Mazarin, il y eut un autre hôtel de Nevers; ce fut la
partie du palais Mazarin qui échut en partage à son neveu le marquis
de Mancini, duc de Nevers. C'est celui qu'occupe aujourd'hui la
Bibliothèque du Roi, rue de Richelieu. (Voyez _Piganiol de La Force_,
t. III, pages 57, 58 et 140.) Je n'ai pas besoin de dire que cet hôtel
n'a d'autre rapport que le nom avec celui qui fut occupé par les
anciens ducs de Nevers, et dont je viens de tracer les diverses
transformations. Madame Duplessis-Guénégaud était sœur de la
maréchale d'Étampes, dame d'honneur de la duchesse d'Orléans
douairière.
Page 273, ligne 3: M. de Neuré, fameux astrologue.
Ce Neuré ne pouvait être soupçonné de vouloir favoriser Fouquet.
Gourville en parle comme d'un vieux philosophe qui avait pris à ferme
un petit domaine du marquis de Vardes. C'est dans ce domaine, et par
conséquent chez Neuré, que Vardes mit Gourville, qui y resta quelque
temps, caché sous un nom supposé, lorsqu'on 1662 Gourville, poursuivi,
par suite de l'affaire de Fouquet, par la chambre de justice, se
rendit en secret à Paris, sur l'invitation de Vardes, qui avait besoin
de conférer avec lui relativement à la fausse lettre du roi d'Espagne
à la reine de France, écrite par Vardes et remise à la Molina, femme
de chambre de cette dernière. Gourville raconta plaisamment comment le
bonhomme Neuré, de fort mauvaise humeur contre les financiers et les
traitants, louait fort la chambre de justice et la rigueur qu'elle
mettait dans ses poursuites contre de telle gens. «Parmi ceux, dit
Gourville, qui lui blessèrent le plus l'imagination, il me nommait
souvent, surtout parce qu'il avait vu chez M. de La Rochefoucauld une
pendule de grand prix, qui allait six mois, laquelle m'appartenait. Je
ne manquais pas de l'applaudir, et de renchérir sur tout ce qu'il
disait, et même contre moi en particulier.»
Page 274, ligne 11: A la condamnation à la peine capitale.
«Contre toute espérance, dit Loménie de Brienne, Fouquet eut la vie
sauve.»
Page 276, ligne 17: Ces deux vers du Tasse me reviennent en
mémoire.
La fin de l'affaire du procès de Fouquet n'a pas dû être la fin de la
correspondance de madame de Sévigné avec Pomponne. Elle aimait à
écrire, et sa tendresse pour sa fille n'a pas été le seul motif qui
l'ait rendue si active dans sa correspondance épistolaire. Voici ce
qu'elle répond aux remercîments que Pomponne lui fit sur son
exactitude à l'instruire de tout ce qui avait concerné Fouquet: «Il me
semble, par vos beaux remercîments que vous me donnez mon congé; mais
je ne le prends pas encore. Je prétends vous écrire quand il me
plaira; et dès qu'il y aura des vers du Pont-Neuf ou autres, je vous
les enverrai fort bien.» (Lettre en date de janvier 1665.) Et en
effet, dans un _post scriptum_ de cette même lettre, écrit plusieurs
jours après, elle demande à Pomponne son avis sur les stances, les
couplets qu'elle lui a envoyés. Il est probable que c'étaient quelques
vers des nombreuses chansons que l'on fit alors contre Colbert et
autres ennemis du surintendant, et contre les juges qui avaient opiné
à mort.
Page 278, ligne 3: Ce Puiguilhem, ce cadet de Gascogne.
Lauzun était Périgourdin. Puiguilhem (l'orthographe de ce nom est
presque toujours défigurée) est une paroisse du Périgord, à trois
lieues au sud-ouest de Bergerac. (Conférez le _Nouveau Dénombrement du
Royaume_, 1720, in-4º, p. 226; d'Expilly, _Grand Dictionnaire des
Gaules et de la France_, in-folio, t. V, p. 1014.)