CHAPITRE XVII.

Page 212, ligne 3: Qu'en 1659, après la mort de son collègue.

Servien mourut le 16 février 1659.

Page 218, ligne 27: Le payement intégral de ces ordonnances.

Gourville avoue (en 1657) qu'il se fit par ce moyen de grandes

fortunes; puis il ajoute naïvement: «Ayant tous ces exemples devant

moi, j'en profitai beaucoup.»

Page 224, ligne 10: Aux femmes de cour intrigantes.

On trouve à l'endroit cité des Défenses de Fouquet un état duquel il

résulte qu'il avait payé 245,528 livres en gratifications, en une

seule année, à des dames de la cour, et une somme de 204,498 livres à

madame Duplessis-Bellière seule. On sait qu'elle était sa confidente

pour les affaires d'amour; aussi sa fille, la marquise de Créqui,

reçut de Fouquet 200,000 livres lorsqu'elle se maria.

Page 224, ligne 12: Et donnait sans cesse des fêtes et des repas

somptueux.

Mazarin lors de son départ pour Saint-Jean de Luz alla loger

familièrement chez lui, à Vaux, le 25 juin 1659.

Page 224, ligne 15: Il avait partout des agents.

Ainsi nous voyons qu'il était instruit de tout ce qui se passait à la

cour de Savoie, par une dame d'honneur qu'il pensionnait. Il avait

envoyé de Maucroix à Rome, qui sous le faux nom d'abbé de Crécy y

était son chargé d'affaires.

Page 226, ligne 4: Le Tellier allié à sa famille.

Le Tellier avait épousé la sœur de Jean-Baptiste Colbert, seigneur de

Saint-Pouange, cousin du Colbert qui fut ministre.

Page 226, ligne 6: Dans le mémoire où il lui exposait les

malversations de Fouquet.

C'est le 28 septembre 1659 que Colbert écrivit son mémoire. La copie

qui en fut trouvée dans les papiers de Fouquet a servi à convaincre

les juges de l'ancienne haine de Colbert contre Fouquet, et a

contribué beaucoup à adoucir la sentence.

Page 228, ligne 15: Dans une seconde lettre.

Les originaux de ces deux lettres de Colbert, avec les réponses à

mi-marge de la main de Mazarin, sont sous nos yeux: en les confrontant

avec la publication qu'en a faite Soulavie dans cet incohérent mais

curieux recueil d'extraits et de pièces qu'il a intitulé _OEuvres de

Saint-Simon_, on s'aperçoit qu'il les a mal lues, et qu'il a laissé

passer à l'impression une foule de fautes grossières. Ainsi, au

commencement de celle qui est datée du 28 octobre 1659, au lieu de ces

mots, «J'ai reçu à désir les dépêches, etc.,» on lit dans

l'autographe: «J'ai reçu à Decize les dépêches, etc.» Partout où se

trouve le nom d'Hervart, on a imprimé _Herveau_, etc.

Page 232, ligne 22: Toutes les instructions dont il avait besoin.

Deux jours avant sa mort, Mazarin entretint encore longtemps Louis XIV

de ces grands objets, et lui renouvela ses dernières recommandations.

Page 233, ligne 24: Il lui fit donation pleine et entière de tous

ses biens.

Si l'on en croit Fouquet dans sa défense, la fortune de Mazarin se

montait à 40 ou 50 millions (80 ou 100 millions de notre monnaie

actuelle).

Page 236, ligne 5: Mazarin environna le roi d'une cour brillante.

Ce fut en 1657 que Mazarin acheva d'organiser la maison du roi d'une

manière somptueuse. L'état des payements de tous ceux qui se

trouvaient gagés et employés au service du jeune roi fut alors dressé,

et ensuite imprimé dans un livre curieux, que j'ai souvent cité, mais

dont je donnerai ici le titre entier:

_Estat général des officiers, domestiques et commensaux de la Maison

du Roy. Ensemble l'ordre et règlement qui doit estre tenu et observé

en la Maison de Sa Majesté, tiré des mémoires de M. de Saintot,

maistre des cérémonies de France._ Mis en ordre par le sieur de LA

MARINIÈRE; Paris, chez Jean Guignard, 1660, in-8º.

Environ six mille noms de personnes se trouvent inscrits et classés

dans ce livre, avec les sommes qu'elles recevaient annuellement. Mais

«_le surintendant au gouvernement et à la conduite de la personne du

Roy et celle de monseigneur le duc d'Anjou, monsieur le cardinal_

MAZARIN,» s'y trouve porté, p. 113, sans désignation d'appointements.

Cet ouvrage démontre que près de six mille personnes, appartenant

presque toutes à la classe des bourgeois et des industriels, étaient

salariées par le roi, et que les gages et les profits qu'elles

tiraient de leurs places n'étaient pas le seul motif d'intérêt qui les

attachait aux soutiens du trône. En vertu de lettres patentes de

Charles IX, d'Henri III, renouvelées et confirmées par Henri IV, Louis

XIII et Louis XIV, tous ces salariés formaient, en leurs qualités

d'_officiers, domestiques, commensaux et marchands suivant la cour_,

une classe privilégiée comme la noblesse sous le rapport des impôts,

jouissant, comme disent les lettres patentes, eux et leurs veuves

pendant leur viduité, «des exemptions, franchises, libertés,

affranchissements de contributions et subventions généralement

quelconques faites et à faire.» Toutes ces lettres patentes sont

imprimées _in extenso_, et à la suite de _l'ordre et règlement qui

doit estre tenu et observé en la Maison du Roy_; Paris, 1657, in-8º. A

Paris, chez Marin Leché, imprimeur du Roi.

L'état donné par La Marinière offre de singuliers contrastes

relativement aux appointements. Le maître à danser de Sa Majesté a

2,000 livres, son maître d'écriture 300 livres, son maître de dessin

1,500 livres, les _galopins_ qui servaient dans la cuisine sous les

officiers de bouche, au nombre de trois seulement, ont chacun 300

livres, etc., etc.

Page 237, ligne 20: Le soupçonneux Mazarin.

La partie des Mémoires de Brienne citée ici en note en est la plus

curieuse. Les détails sur les derniers moments de Mazarin sont d'un

grand intérêt. C'est une belle leçon de morale que la mort de ce

ministre, soupçonnant tout ce qui l'environne, sachant qu'il est

condamné par les médecins; semblable à un spectre, promenant ses

regards, dans son palais, sur ses beaux tableaux, ses riches

ameublements; puis, disant arec amertume: «Il faut quitter tout cela,

_Guénaud l'a dit_.»

Page 240, ligne 17: L'importance des affaires dont il était chargé.

Louis XIV se servit de Fouquet pour les négociations avec le roi

d'Angleterre. Louis XIV voulait, malgré la clause du traité des

Pyrénées, secourir le Portugal contre l'Espagne. Pour que ses ruses ne

fussent pas découvertes, il trompa d'Estrades, son propre ambassadeur

en Angleterre. C'était se montrer de bonne heure un vrai disciple de

Mazarin.

Page 241, ligne 1: Le Tellier, son ennemi secret.

Pomponne écrivait à son père, aussitôt après la mort de Mazarin: «M.

le procureur général et M. Le Tellier paraissent fort unis; j'espère

qu'ils le seront toujours, c'est leur intérêt.»

Page 241, lignes 17-21: Offrit à la reine d'employer ses bons

offices pour l'influence que Mazarin lui avait fait perdre.

Ceci occasionna un refroidissement entre la reine mère et Mazarin,

dont on s'aperçoit dans une lettre que la reine mère écrivit à ce

ministre; lettre curieuse, qui donne beaucoup à penser sur la nature

de leur ancienne liaison. Nous avons imprimé cette lettre à la fin de

la troisième partie de ces _Mémoires_, p. 471.

Mémoires touchant la vie et les écrits de Marie de Rabutin-Chantal, (2/6) · 第 101 / 146 题