CHAPITRE XIII.

Page 164, ligne 3: Sa cour donnait le ton à la capitale et aux

provinces.

MADEMOISELLE, dans ses Mémoires, parle de deux jeunes femmes qu'elle

vit à Lyon, l'une veuve d'un officier, l'autre femme d'un lieutenant

général. Elles étaient accomplies sous le double rapport de l'esprit

et de la figure. MADEMOISELLE, pour en faire l'éloge, dit: «Elles sont

bien faites et spirituelles, pour femmes de province.» (Montpensier,

t. XLII, p. 38.) Ceci rappelle ce vers de Gresset, que j'avais à tort

attribué à Regnard dans la première édition de cet ouvrage:

Elle a de fort beaux yeux, pour des yeux de province.

Page 164, ligne 15: Ils furent en cela imités par les auteurs

dramatiques.

Les auteurs dramatiques mettaient alors dans la bouche des héros de

l'antiquité les discours de galanterie et les raffinements de

sentiments à la mode dans les ruelles. Ils travestissaient tous les

héros de l'antiquité en seigneurs de la Fronde. Ainsi l'_Amalasonte_

de Quinault, donnée en 1657, est une véritable précieuse; et cette

pièce valut à l'auteur une gratification du roi. _Le Mariage de

Cambyse_, du même auteur, est une pièce écrite dans ce style.

Corneille le jeune, dans sa tragédie de _Bérénice_, se vantait d'avoir

imité un roman de Scudéry.

Page 166, ligne 7: La plus galante personne du monde.

Nous voyons ici le mot _galante_ employé dans une signification qui

n'a plus cours que pour le genre masculin du même adjectif. C'est

dans ce sens qu'on dit un galant homme c'est-à-dire un honnête homme,

un homme qui sait vivre, qui a une conduite honorable; mais on ne dit

plus une galante femme, bien qu'on dise encore, mais dans un autre

sens, une femme galante.

Page 166, ligne 25: Donna à madame de La Fayette l'idée de tracer

le portrait de madame de Sévigné.

On a inséré ce portrait dans toutes les éditions de _Madame de

Sévigné_, mais aucun éditeur n'a indiqué où il a été imprimé pour la

première fois. Je n'ai pu remonter qu'à l'édition des _Lettres de

Madame de Sévigné_ de 1734. L'éditeur, le chevalier Perrin, en

l'insérant dans sa préface, dit: «J'ai heureusement trouvé le portrait

qu'en fit autrefois, sous le nom d'un inconnu, madame de La

Fayette...» Ces mots semblent indiquer que ce portrait a été trouvé

manuscrit dans les papiers de madame de Simiane, que Perrin a eus à sa

disposition pour la publication des lettres de madame de Sévigné, et

qu'avant ce portrait n'avait jamais été imprimé.

Page 171, avant-dernière ligne: La troisième édition de ces

poésies.

C'est dans cette troisième édition que Ménage fit paraître pour la

première fois ses poésies grecques et italiennes; cependant la seconde

édition (1656) contenait, p. 117, un sonnet italien à mademoiselle de

La Vergne.

Page 172, ligue 4: Un madrigal allégorique.

La fin du madrigal est jolie, mais elle est de Guarini, et non de

Ménage; et il est étonnant que celui-ci ait songé à s'approprier des

vers si connus. La muse de Ménage, quoique si souvent gratifiée des

dons de sa mémoire, n'en est pas devenue plus riche.

Page 172, lignes avant-dernière et dernière: La septième édition,

qui ne fut pas la dernière.

C'est la huitième qui est la dernière et la meilleure, et est

accompagnée d'excellentes tables. Toutes ces éditions sont rares. Il

est probable qu'elles furent tirées à petit nombre. La plus jolie de

toutes, celle imprimée par les Elzeviers, est celle que j'ai le plus

souvent rencontrée. J'ai donné une liste de toutes ces éditions à la

page 452 de la première partie de ces _Mémoires_.

Page 174, ligne 10: M. de Noirmoutier.

Louis de La Trémouille, duc de Noirmoutier, mourut en 1666, le 15

octobre, à l'âge de cinquante-quatre ans.

Mémoires touchant la vie et les écrits de Marie de Rabutin-Chantal, (2/6) · 第 97 / 146 题