CHAPITRE VI.

Page 60, ligne dernière: Protégea contre la main scrupuleuse d'un

monarque.

La circonstance des pincettes paraît avoir été inventée à plaisir.

Elle ne se trouve pas dans le premier passage cité de Sauval, mais

dans l'autre du même volume; et elle est reproduite en outre dans une

estampe, aussi ridicule que le conte. L'abbé de Bois-Robert a fait

des vers à la louange de la gorge de madame de Schomberg, au sujet

d'une perle tombée dans son sein.

Page 61, ligne 7: La confidente la plus intime.

La pièce de Scarron intitulée _Étrennes_ doit dater du temps de la

jeunesse de l'auteur, et est de l'époque de l'amour de Louis XIII pour

mademoiselle de Hautefort. Elle commence ainsi:

Visible déité d'un monarque amoureux.

Elle est d'un style tout différent de celui qui est ordinaire à

l'auteur. Il est probable que ce n'est que plus tard, et pour se

distraire de ses infirmités, que Scarron adopta le burlesque, où il

eut tant de succès.

Page 61, ligne 20: Chemerault, autre dame de la reine.

La Porte dit que les lettres de Chemerault au cardinal de Richelieu

relatives à son espionnage auprès de mademoiselle de Hautefort sont au

nombre de dix-sept, et qu'elles furent imprimées pendant les troubles

de la Fronde. Je suis informé qu'il existe une vie manuscrite de

madame la maréchale de Schomberg, et des lettres du maréchal à la

suite de celles de son père, à la Bibliothèque royale.

Page 63, ligne 27: Qu'elle ne se fît religieuse.

C'est à cause de sa dévotion que Scarron la nomme souvent dans ses

vers sainte Hautefort, et qu'il lui dit Votre Sainteté.

Page 64, lignes 3: Elle épousa en 1646.

Mademoiselle de Hautefort, qu'on appelait madame de Hautefort parce

qu'elle était dame d'atour, avait été exilée avec sa sœur

mademoiselle d'Escars en 1644.

Page 64, note 118: Scarron, _épithalame_.

Scarron dit du maréchal de Schomberg, dans cet épithalame:

Il a l'âme savante et bonne

Autant qu'un docteur de Sorbonne,

L'esprit à son courage égal,

Adroit à pied comme à cheval,

Faisant toute chose sans peine,

Où les autres perdent haleine.

S'il chante, les plus entendus

Au métier en sont confondus;

S'il danse, c'est la même chose.

. . . . . . . . . . . . . . . . . .

Mais dans la paix, s'il est aimable,

Dans la guerre il est effroyable. (P. 254)

Remarquons que le mot _effroyable_ est employé ici dans le sens de ce

qui cause et produit l'effroi, dans le sens direct et favorable, et

non dans le sens réfléchi et défavorable; et à cet égard je dirai

aussi que le mot _pitoyable_ appliqué à quelqu'un ne signifiait pas

autrefois celui ou celle qui inspire la pitié, mais une personne

susceptible de pitié, capable de se laisser fléchir. Jean-Jacques

Rousseau, dans sa _Nouvelle Héloïse_, a encore employé ce mot dans ce

sens.

Page 66, ligne 5: La file des carrosses s'étendait.

On y voyait, dit Loret,

Plusieurs gens de mérite exquis,

Des ducs, des comtes, des marquis.

Puis parmi les femmes il cite la duchesse de Liancourt, connue par sa

vertu et sa dévotion; la maréchale de La Mothe, la duchesse de

Roquelaure, la duchesse de Choiseul-Praslin, madame Desmarest,

accompagnée de sa fille, une des plus jolies personnes de cette

époque; madame de Toussy, madame de Bonnelle. Le maréchal de Schomberg

et sa femme allèrent loger à l'hôtel de Liancourt ou de La

Rochefoucauld, rue de Seine (détruit de nos jours pour construire la

rue des Beaux-Arts). La date de l'arrivée du duc et de la duchesse de

Schomberg à Paris n'est pas celle de la lettre de Loret; car il est

dit p. 64:

Ledit Schomberg et son épouse,

Depuis des jours environ douze,

Sont dans l'hôtel de Liancour.

Ainsi la lettre de Loret étant du 22 avril, il en résulterait que le

maréchal de Schomberg et sa femme entrèrent dans Paris le 10 avril,

qui est le jour de la mort de madame de La Flotte.

Mémoires touchant la vie et les écrits de Marie de Rabutin-Chantal, (2/6) · 第 90 / 146 题