CHAPITRE VII.

Page 69, ligne première: Elle fut donc témoin de toutes les fêtes.

Le duc de Gramont donna cette année une fête splendide. La reine

elle-même donna un ballet, à la suite d'un repas, veille des Rois, où

la fève échut au duc d'Amville. Les représentations du ballet de

_Psyché_ se continuèrent. Il y eut chez le cardinal de Mazarin un bal

masqué, ou les Trivelin et les Scaramouche amusèrent l'assemblée; puis

un concert, où chantèrent Baptiste, La Barre, Saint-Hilaire, la

signora Bergerota, le délicieux Sarcamanan. Ce furent les mêmes

virtuoses qui chantèrent Ténèbres aux Feuillants, pendant

l'interruption de tous les plaisirs. Le chancelier Seguier donna un

bal masqué, où le roi dansa.

Page 69, ligne 18: Le théâtre et les concerts publics.

Une petite comédie intitulée _Intrigue d'amour_, d'un nommé Lambert,

qui a échappé aux recherches exactes et minutieuses des auteurs de

l'_Histoire du Théâtre françois_, charma aussi le public de cette

époque. (Voyez Loret, liv. VII, p. 198, lettre en date du 16

décembre.)

Page 70, ligne 7: Les mariages.

Parmi les mariages notables que l'on vit cette année furent ceux du

marquis de La Luzerne avec la fille d'un fameux financier, nommé

Picard; du prince d'Harcourt avec mademoiselle de Bouillon, nièce de

Turenne; celui de Soyecourt avec la fille du président de Maisons; du

marquis de Rambures avec mademoiselle de Nogent; du marquis de Vardes

avec mademoiselle de Nicolaï (pauvre duchesse de Roquelaure!); de

Bignon avec mademoiselle de Pontchartrain. Parmi les exilés qui furent

rappelés, on remarqua le père George, capucin, ce fameux prédicateur

de la Fronde. Mademoiselle de Montpensier (t. XLII, p. 37) fait

mention des demoiselles d'Harcourt, privées de leur mère.

Alphonse-Henri-Charles de Lorraine, comte d'Harcourt, fut marié, le 2

février 1667, à mademoiselle de Brancas. Voyez _Sévigné_ (_Lettre_ en

date du 23 mai 1667), t. I, p. 163, édit. de G. de S.-G.

Page 72, ligne première: Le marquis de La Trousse.

Le nom du marquis de La Trousse était Philippe-Auguste Le Hardi. La

terre de La Trousse en Brie avait été érigée en marquisat sous son

père, par lettres patentes de 1605 (Monmerqué).

Page 72, ligne 14: Devant Capelle.

La Prise de Capelle eut lieu le 18 août.

Page 73, ligne 14: Bussy quitta l'armée le 2 novembre.

Bussy, à son passage à Paris, put assister au nouveau ballet royal qui

fut donné le 18 novembre.

Page 73, ligne 20: Après le départ du duc de Modène.

Aidé des troupes françaises commandées par le duc de Mercœur, le duc

de Modène s'empara de Valenza le 6 septembre, ce qui contribua à

augmenter en Italie la considération de la France. Monglat, t. LI, p.

19.

Page 81, ligne 17: L'intrigueuse vient là.

On ne dit plus aujourd'hui intrigueur et intrigueuse, mais intrigant

et intrigante. A l'époque où Saint-Évremond écrivait on ne disait ni

l'un ni l'autre; c'était un mot forgé ou un mot nouveau, mais non

encore adopté, et qui ne le fut de longtemps. Dans le Dictionnaire de

Nicot, imprimé en 1666, on ne trouve ni intrigueur ni intrigant; il en

est de même dans le Dictionnaire de Richelet, imprimé en 1680; mais on

trouve l'un et l'autre de ces mots dans la première édition du

Dictionnaire de l'Académie Française, qui remarque qu'intrigueuse est

plus souvent employé qu'intrigueur; et c'est ce féminin, dont la

désinence en _gueuse_ était désagréable, qui aura déterminé à préférer

intrigante et intrigant.

Mémoires touchant la vie et les écrits de Marie de Rabutin-Chantal, (2/6) · 第 91 / 146 题