Page 50, ligne 26: Il séduisit la femme de chambre.
Dans le grand nombre de passages des Mémoires du temps où le nom de
Bartet se trouve, il est souvent défiguré, par la faute des imprimeurs
ou copistes, qui mettent Barlet ou Baret. Le conseiller au parlement
de Navarre chez lequel était la femme de chambre qu'épousa Bartet se
nommait Giraud.
Page 53, ligne 7: Candale avait rendu de grands services.
Certaines aventures du duc de Candale sont d'une nature si
extraordinaire et si tragique, qu'elles pourraient fournir la matière
de plusieurs romans. Un jour il court à franc étrier de Paris à
Bordeaux, pour aller joindre une maîtresse qui l'attendait; il arrive
à sa maison; il monte précipitamment les escaliers, trouve toutes les
portes ouvertes, se précipite dans sa chambre, préoccupé du plaisir
qu'il va éprouver en la serrant sur son sein. Là, il est frappé à la
vue du cadavre de celle qu'il aimait, posé sur un drap mortuaire,
entouré de six cierges, sur lequel se penchaient deux chirurgiens, qui
considéraient avec attention les entrailles déjà séparées du corps,
tandis que la tête, ensanglantée et défigurée, était d'un autre côté.
Deux religieux étaient auprès, et récitaient des prières. (Voyez
Chavagnac, _Mém._, t. I, p. 210.) Le portrait que Saint-Évremond nous
a laissé du duc de Candale est un des meilleurs morceaux de ce
spirituel écrivain. Sur ses amours avec madame d'Olonne, on peut
consulter Bussy. Madame de Saint-Loup avait été sa première maîtresse.
Il a terminé sa carrière galante par une intrigue avec la marquise de
Gange, objet d'un attentat qui surpasse ce que les romanciers ont
inventé de plus atroce.
Page 54, ligne 4: Bartet n'obtint aucune réparation.
Bartet avait été disgracié, et vécut trente ans exilé; mais Louis XIV,
sollicité par Villeroi, lui permit de reparaître à la cour. Voyez
_Dangeau_, sous la date du 16 janvier 1690, t. II, p. 251, édit. de
Paul Lacroix, 1830, in-8º. Bartet mourut à Neufville, près de Lyon, en
1707, âgé de plus de cent ans. Voyez CONRART, _Mém._, p. 270, note de
M. Monmerqué, qui cite les _Mémoires de_ CHOISY, t. II, p. 205;
Utrecht, 1727.
Page 55, ligne 7: Sa femme se fit connaître par des désordres
honteux.
La femme de Bautru (Nicolas Ier) se nommait Marie Coulon. Le valet
avec lequel fut surprise cette comtesse de Bautru fut condamné à être
pendu; la peine fut commuée. Marie Coulon n'aimait pas qu'on l'appelât
Bautru, mais Nogent, parce qu'Anne d'Autriche prononçait le premier
nom à la manière espagnole ou italienne. Nicolas Bautru mourut à
soixante dix-sept ans. Il disait souvent que si les Bautru étaient
c...., ils n'étaient pas _sots_, jouant ainsi sur l'ancienne et double
signification de ce dernier mot. Il ne faut pas confondre Marie Coulon
avec Marthe Bigot, femme de Guillaume Bautru, frère de Nicolas Ier.
Page 55, lig. 21: Madame de Roquelaure est revenue tellement belle.
MADEMOISELLE, dans ses Mémoires, dit, en parlant des personnes qui
vinrent la voir à Juvisy: «J'y vis aussi madame de Roquelaure, dont la
beauté faisait grand bruit: assurément c'était une belle créature.»
Page 57, ligne 1: Qu'il eut avec mademoiselle de Guerchy.
Les noms sont en blanc dans les Mémoires de Chavagnac; mais nous
apprenons par eux que mademoiselle de Guerchy fut piquée avec une
épingle empoisonnée; qu'elle entra en convulsion dans le moment, et
mourut dans les douleurs les plus horribles. Au sujet du nom de
Montjeu, que portait Jeannin de Castille, je remarque dans Loret, liv.
V, p. 22, que dans sa lettre en date du 7 février 1654 il est fait
mention d'une certaine madame Mondejeu qui s'enfuit un jour de chez
son mari et se retira au couvent. Mondejeu est-il le même nom que
Montjeu, et est-il question dans cette anecdote de Jeannin et de sa
femme? Je le crois.