Page 323, ligne 23: La cour même et la plus grande partie des
royalistes.
Loret emploie dans cet endroit le mot _royaliste_, que nous avons
conservé.
Page 327, note 1re: Chavagnac.
Ces _Mémoires_ de Chavagnac sont fort curieux, et ils auraient dû,
ainsi que ceux de Bussy et de Navailles, être insérés par Petitot dans
sa collection, plutôt que les Mémoires anonymes relatifs au
dix-septième siècle, qui sont supposés; compilation médiocre, qui
n'apprend rien qu'on ne trouve ailleurs.
Page 327, ligne 14: A lever un régiment pour ce prince.
Il y avait encore à cette époque un reste de ligue parmi les seigneurs
huguenots, puisqu'ils faisaient une pension de huit mille livres au
père du comte de Chavagnac. (Chavagnac, _Mémoires_, t. I, p. 141.)
Pages 328, lignes 13 et 14: C'est pourquoi il s'attachait à se
rendre maître de l'esprit du duc d'Orléans.
Il est difficile de deviner ce qui a pu porter Lemontey à faire du
cardinal de Retz un factieux dans la première partie de sa vie, un
héros dans la seconde, si ce n'est la manie d'établir des contrastes
piquants, et d'entasser des phrases ingénieuses aux dépens de la
vérité. Cependant la lecture seule des _Mémoires_ du cardinal de Retz,
faite avec discernement, suffit pour démentir l'idée que Lemontey veut
en donner. Cet auteur ne paraît avoir étudié l'histoire de la Fronde
que dans les _Mémoires_ de Retz; et il était difficile de choisir un
guide plus infidèle et plus partial.
Page 329, lignes 23 et 24: Et voulait brûler la maison où elles
s'étaient réfugiées.
Cette maison appartenait à un nommé Vaurouy.
Page 331, ligne 6: Cependant Innocent.
C'est par une distraction bien singulière qu'Anquetil a écrit (dans
l'_Intrigue du Cabinet_, t. IV, p. 145) _Léon X_, au lieu d'_Innocent
X_. Cette faute n'est point corrigée dans l'_errata_.
Page 333, ligne 8: La duchesse d'Aiguillon et Fabert.
Fabert était tout dévoué à Mazarin, qui lui avait confié l'importante
place de Sedan, et lui avait donné ses nièces à garder.
Page 334, ligne 7: Une autorité au moins nominale.
Condé adjoignit à son frère, pour commander sous son nom, le comte de
Marsin, un des généraux les plus expérimentés.
Page 334, lignes 9 et 10: A des libelles outrageants pour tous deux.
Conrart, à l'endroit cité, a le passage suivant: «On assure qu'ils
(Jarzé et Sarrazin) ajoutaient qu'étant survenu quelque chose de
pressé, où il fallait avoir les ordres du prince de Conti, on les
avait été chercher dans la chambre de madame de Longueville, où on les
trouva tous deux au même lit. Ces placards se sont vus imprimés.»
Page 334, ligne dernière: Négligeait par trop le soin de sa
personne.
Cette malpropreté était de famille; car le grand Condé, selon
_Mademoiselle_, était remarquable sous ce rapport. (Montpensier,
_Mém._, t. XLI, p. 314; t. XLII, p. 220.)
Page 336, ligne 8: A la muse spirituelle de Benserade.
Cette chanson de Benserade commençait ainsi:
Châtillon, gardez vos appas
Pour une autre conquête:
Si vous êtes prête,
Le roi ne l'est pas.
Bussy, dans son _Histoire amoureuse des Gaules_, rapporte le premier
vers de cette chanson, et nomme l'auteur, Prospère. Ce qui prouve
encore que les éditeurs de l'édition de 1754 ont mis les noms d'après
la clef de la première édition, c'est que cette clef ne contenait pas
l'explication du nom de Prospère, et qu'ils ont laissé ce nom sans
explication. Loménie de Brienne nomme Benserade au lieu de Prospère,
et dans l'édition de l'_Histoire amoureuse de France_ de 1710 le nom
de Benserade est substitué à celui de Prospère. Les éditions récentes
de l'_Histoire amoureuse des Gaules_, sous format in-8º, ne sont que
des réimpressions de l'édition de 1754, avec de nouvelles fautes
d'impression.
Page 336, ligne 20: Cambiac se retira lorsqu'il sut que Condé
était son rival.
Lenet dit: «La princesse (de Condé la mère) tint un conseil composé de
Roquette, de la duchesse (de Châtillon), de madame de Bourgneuf, de
Cambiac, et de moi.» Ce passage prouve que Cambiac était du conseil
intime de la princesse douairière, et confirme tout ce que Bussy en
dit, page 181. On doit remarquer que MADEMOISELLE et Lenet confirment
ce que Bussy dit sur Cambiac; ce qui vient à l'appui de l'assertion de
Bussy dans sa lettre au comte du Saint-Aignan, où il affirme que dans
l'_Histoire amoureuse des Gaules_ il n'a fourni que la broderie, mais
que pour les faits, il n'a écrit que ce qui était connu à la cour. Il
y a ici de notables différences entre les diverses éditons de ce
livre. Celle de 1710, intitulée _Histoire amoureuse de France_, donne
sans déguisement le nom de Cambiac.
Page 338, ligne 15: Publiaient l'un contre l'autre des libelles
anonymes.
Gondi répondit à tous les écrits de Chavigny par un petit écrit
intitulé _les Contre-temps du sieur de Chavigny_; pamphlet plein de
sel et de gaieté, qui fit, dit-on, pleurer de rage celui contre lequel
il était dirigé.
Page 339, lignes 12 et 13: En empêchant les troupes du roi de
pénétrer dans Orléans.
On fit alors une estampe satirique qui représentait MADEMOISELLE en
amazone, armée d'un grand balai, et balayant, comme une ordure,
Mazarin hors des portes d'Orléans.
Page 341, ligne 19 et 20: Qu'il protégeait contre tous les maux
de la guerre-civile.
Brienne dit: «On eût bien pu trouver des endroits convenables, en
Normandie, au séjour de la cour; mais on craignait de donner de la
jalousie et du soupçon à M. de Longueville, qui faisait en sorte que
le roi y jouissait d'une partie de ses revenus, qui empêchait qu'on
s'y soulevât, et qu'on y causât le moindre préjudice au service de S.
M.; mais il donnait assez à entendre qu'il ne fallait pas en demander
davantage de lui.»
Page 342, lignes 4 et 5: Et une hideuse famine.
Balzac écrivait à Conrart, le 20 novembre 1651: «Quand la paix se
ferait demain, cette courte guerre y laissera une longue mémoire des
maux qu'elle a faits. Si on réforme et si on règle ainsi les États,
bien heureux sont les États qu'on laisse dans le désordre et la
corruption.»