Page 59, ligne 6: Un _honnête homme_.
Voici comment s'exprime l'auteur des _Lois de la Galanterie_ à
l'endroit cité: «Il faut que chacun sache que le parfait courtisan que
le comte Balthazar de Chastillon a voulu décrire en langage italien,
et l'honnête homme que le sieur Faret a entrepris de dépeindre en
français, ne sont autre chose qu'un vrai galant.» Le mot _gentleman_
en anglais correspond à plusieurs de ces significations vagues, et à
nuances diverses, du mot honnête homme dans le siècle de Louis XIV.
Page 60, ligne dernière: Boileau l'a cependant employée depuis.
Boileau a dit dans une de ses épîtres, longtemps après madame de La
Fayette:
Les yeux, d'un tel discours faiblement éblouis,
Bientôt dans ce tableau reconnaîtraient Louis.
Le poëte Lebrun a fait sur ces vers la remarque suivante: «Des yeux
éblouis d'un discours, c'est-il bien français? On n'est point ébloui
de ce qu'on ne voit pas. M. Auger s'étonne avec raison d'une telle
critique de la part d'un poëte, et répond que chaque jour on emprunte
des mots à un ordre de sensations, pour les appliquer à un autre. Mais
l'expression de madame de La Fayette, quoique en apparence semblable,
est tout autre et bien plus hardie que celle de Boileau; car c'est
réellement, et non pas au figuré, qu'elle affirme que madame de
Sévigné, par sa conversation, éblouissait les yeux.
Page 63, ligne 19.
Ma plume, pour rimer, rencontrera Ménage.
Presque tous les commentateurs de Boileau ont commis une erreur,
lorsqu'ils ont dit que ce vers et celui qui le précède n'avaient
existé qu'en manuscrit. Cette satire adressée à Molière parut pour la
première fois dans le _Recueil de Vers choisis_, imprimé en 1665, sans
nom de ville ni d'imprimeur, avec une sphère sur le titre. Les vers
sur Ménage s'y trouvent tels que nous les avons rapportés.
Page 63, ligne 23: Substitua l'abbé de Pure.
Si je veux d'un galant dépeindre la figure,
Ma plume, pour rimer, rencontrera de Pure.
Voyez _Nouveau Recueil_, etc., 1665, in-12, p. 24.
Page 68, ligne 3: L'interprétation que nous leur avons donnée.
M. Monmerqué (t. I, p. 39) fixe la date de la lettre que j'ai citée à
l'année 1655: je la crois postérieure. Cette lettre se rattache à
celle du no 29, p. 55, et à celle qui a été publiée dans les _Mémoires
de Coulanges_, p. 323; ce qui doit faire croire qu'il y est question
de Servien, et non de Fouquet. De même, la lettre du 12 janvier, t. I,
p. 16, que nous avons citée en second, classée par M. Monmerqué sous
l'année 1654, nous paraît devoir être placée sous l'année 1652,
lorsque madame de Sévigné revint de Bretagne après son veuvage,
Conférez Loret, _Muse historique_, t. I, p. 157, en date du 19
novembre 1651.
Page 70, note 2: BUSSY, _Histoire amoureuse des Gaules_.
L'édition que j'ai citée dans cette note et dans plusieurs autres me
paraît être l'édition originale du fameux ouvrage de Bussy. Elle est
in-18, sans date, sans nom de libraire ni d'imprimeur, et ayant
seulement une croix de Saint-André sur le frontispice. L'ouvrage
commence au haut de la page, sans que le titre soit répété. La
pagination se suit jusqu'à la page 190, puis elle recommence à
l'histoire d'Ardelise jusqu'à la page 69, et ensuite il y a une clef.
Le caractère est beau et semblable à celui des Elzevirs. Il y a du
même ouvrage une autre édition pareillement indiquée comme étant
imprimée à Liége, sans date ni nom d'imprimeur, mais avec un grand
fleuron triangulaire sur le frontispice: ce volume, moins bien imprimé
que le précédent, a 208 pages, sans la clef; la pagination se suit, et
l'historiette de Ménage est à la page 189. Barbier a commis une faute
grave, dans son Dictionnaire des Anonymes, en confondant, t. I, p. 46,
l'_Histoire amoureuse des Gaules_ de Bussy avec le recueil intitulé:
_les Amours des Dames de notre siècle_, recueil de libelles composés
par différentes mains, la plupart de Sandraz de Courtils. A la vérité,
dans l'édition de 1754, en 4 volumes, on a compris toutes ces petites
chroniques scandaleuses sous le titre général d'_Amours des Gaules_,
et on a attribué le tout à Bussy; mais il n'y a de lui dans ces 4
volumes que le 1er; et cette édition de ses _Amours des Gaules_,
quoique la plus connue, n'est pas bonne. Nous reviendrons sur ce
recueil au sujet d'une autre édition, où les vrais noms sont mieux
indiqués que dans l'édition de 1754, et que nous avons découverte
depuis. Nous prouverons aussi que les _Amours des Gaules_ de Bussy ont
été composées en 1659 et 1660, mais n'ont été imprimées qu'en 1662.
Les diverses pièces renfermées dans le recueil intitulé _les Amours
des Dames de notre siècle_ sont toutes postérieures à cette époque.
(Voyez la IIIe partie de ces _Mémoires_, p. 445.)
Page 75, ligne 10: Telle était Montreuil.
On ne voit point mes vers, à l'envi de Montreuil,
Grossir impunément les feuillets d'un recueil.
BOILEAU, _satire_ VII.
M. de Saint-Surin, dans son commentaire, a dit à tort que le Montreuil
dont parle Boileau fut de l'Académie Française. Il le confond avec son
frère, qui en fut, et mourut en 1650 sans avoir rien publié.
Pellisson, dans son _Histoire de l'Académie Française_, et Saint-Marc,
probablement d'après Pellisson, prétendent que le véritable nom est
Montreul. Cela se peut; mais dans les deux éditions que Mathieu
Montreuil a publiées lui-même de ses ouvrages, l'i s'y trouve; il y a
Montreüil, et jamais Montreul. Voyez _OEuvres de Montreuil_, édit.
1666, p. 5, et édit. 1671, p. 4.
Page 75, ligne dernière: Ce chansonnier de la Fronde, gros, court.
Le poëte Saint-Amand, dans son poëme sur la Vigne, s'exprime ainsi sur
Marigny, dont il était l'ami:
Marigny, rond en toute sorte,
Qui parmi les brocs te transporte,
Et dont l'humeur, que je chéris,
M'a pu faire quitter Paris.
La petite seigneurie de Marigny était située près de Nevers.
Page 76, ligne 11: Saint-Pavin, le petit bossu.
Le nom de Saint-Pavin était Denis Sanguin de Saint-Pavin. Titon du
Tillet (_Parnasse Français_, 1722, in-folio, p. 298) nous apprend que
de son temps la maison de Saint-Pavin appartenait au duc de Lorges. Je
ne sais où M. Durozoir (_Biographie universelle_, t. XL, p. 36) a
trouvé que Saint-Pavin le poëte avait été pourvu de l'abbaye de Livry,
et qu'il avait précédé l'abbé de Coulanges à cette abbaye. Je crois
qu'il a confondu avec le poëte Saint-Pavin Denis Sanguin de
Saint-Pavin, évêque de Senlis, qui en effet fut pourvu de l'abbaye de
Livry après, et non avant, l'abbé de Coulanges. L'abbé Le Bœuf dit
avoir vu dans l'église Notre-Dame de Livry la tombe d'un M. Sanguin,
seigneur de Livry, mort en 1650. C'était peut-être celle de Christophe
Sanguin, seigneur de Livry. (Voyez _Histoire du Diocèse de Paris_, t.
VI, p. 197.) M. Gault de Saint-Germain, dans une note sur les Lettres
de madame de Sévigné, t. III, p. 275, a dit que Saint-Pavin était abbé
de Livry; et c'est probablement dans cet auteur, si rempli
d'inexactitudes, que M. Durozoir aura puisé ce fait.
Page 77, ligne 11: Amenant avec lui ses compagnons de plaisir.
Parmi les joyeux convives qui fréquentaient le plus la maison de
Saint-Pavin et venaient avec lui chez l'abbé de Coulanges, madame de
Sévigné nomme Saint-Germain.
Page 79, ligne 7: Sont faits égaux comme de cire.
Vers de Marot dans l'épigramme qui commence ainsi:
Monsieur l'abbé et monsieur son valet
Sont faits égaux tous deux comme de cire.
Page 79, avant-dernière ligne: Les éloges que dans la suite Boileau.
Que Segrais, dans l'églogue, en charme les forêts.