CHAPITRE VII

Page 85, ligne 4, note 1.

«Les quatre grands diseurs de bons mots de notre temps, dit Ménage,

étaient Angevins: M. le prince de Guémenée, M. de Beautru, M. le comte

de Lude, et M. le marquis de Jarzé.»

Page 88, ligne 14: Une ode de Racan adressée au père de Bussy.

Nous citerons ici une belle strophe de cette ode de Racan, dont Bussy,

puisqu'il l'admirait tant, aurait dû profiter.

Que sert aux courtisans ce pompeux appareil,

Dont ils vont dans la lice éblouir le soleil,

Des trésors de Pactole?

La gloire qui les suit après tant de travaux

Se passe en moins de temps que la poudre qui vole

Du pied de leurs chevaux.

Bussy fut reçu à l'Académie Française en 1665, à l'âge de

quarante-sept ans.

Page 91, ligne 9: Agé de près de vingt ans.

Bussy naquit à Épiry, en 1618; il eut quatre frères, et par leur mort

il resta l'unique rejeton de la descendance mâle des Rabutins dans la

branche cadette. Il entra dans la carrière militaire en 1634, et se

distingua au siége de La Motte en Lorraine. Il fut fait mestre de camp

d'infanterie en 1638, après trois campagnes. C'est en 1644 qu'il

acheta 12,000 écus la lieutenance des chevau-légers. C'était la

compagnie d'ordonnance de Henri de Bourbon, prince de Condé,

gouverneur de Bourgogne, père du grand Condé. C'est aussi en 1644 que

le père de Bussy mourut, et que, par la protection du prince de Condé,

il devint lieutenant du roi en Nivernais; il fit le 18 février 1645

son entrée dans cette province.

Page 91, ligne 11: Qui comptait environ vingt-cinq ans.

Bussy dit dans ses _Mémoires_ (t. I, p. 3, édit. in-12) qu'il est né à

Épiry, le vendredi saint, troisième avril 1618. Selon Monmerqué, on

devrait lire, d'après un manuscrit, le treizième d'avril: différence

peu importante. Cette date est confirmée par le tableau généalogique

des Rabutins, extrait de la bibliothèque de Dijon, publié dans les

_Lettres inédites_ (Paris, 1819, in-12), et aussi par son épitaphe,

composée par la comtesse d'Alets, qui donne à son père soixante-quinze

ans au moment de sa mort, arrivée le 9 avril 1693. Cependant Bussy,

dans ses Mémoires, dit, sous la date de 1638, en marge (t. I, p. 38 de

l'édit. in-12, et p. 47 de l'édit. in-4º): «Ma maîtresse avait

vingt-cinq ans; je n'en avais guère plus de seize;» et en 1640,

suivant toujours le même système, il ne se donne que dix-huit ans, et

il dit (t. I, p. 54 de l'édit. in-12, ou t. I, p. 67 de l'édit.

in-4º): «Avec tout cela, une femme de quinze ans n'en peut guère

savoir plus qu'elle n'en savait; pour moi, qui en avais dix-huit,

j'étais bien plus habile.» La marge porte en cet endroit 1640. Le

premier éditeur des Mémoires de Bussy s'est aperçu de cette

contradiction, et a cherché à y remédier dans l'errata. Il a corrigé

pour la page 3, c'est-à-dire à la date de la naissance, 1622 au lieu

de 1618; et à la page 6 il met dans le texte, en toutes lettres, «plus

de vingt» au lieu de plus de dix-huit. Ces deux corrections se

contredisent; il y en a une évidemment fausse. La première est pour

faire concorder la date de seize ans que Bussy se donne à la page 47,

et dont l'éditeur ne parle pas: et en effet, s'il était né en 1622, il

n'aurait eu que seize ans en 1638. La seconde correction, au

contraire, est pour faire concorder la date de la page 63 avec celle

qui a été donnée à la page 3 pour la naissance; car, né en 1618, Bussy

en 1640 avait vingt-deux ans, et non dix-huit, comme il le dit; mais

s'il était né en 1622, il n'en avait plus que dix-huit. On doit se

rappeler que les Mémoires de Bussy n'ont paru qu'en 1696, trois ans

après sa mort. S'il les avait publiés lui-même, il aurait achevé de

les rédiger, et il eût fait disparaître ces contradictions. C'est

probablement d'après ces erreurs de l'éditeur (qui est, je crois, le

père Bouhours) qu'Auger, dans son article Bussy (_Biographie

universelle_, t. VI, p. 374), fait débuter Bussy dans la carrière

militaire à l'âge de douze ans, ce qui est invraisemblable; il fit, au

contraire, des études brillantes et complètes, qui ne furent terminées

qu'à seize ans. Il ne commença sa carrière militaire, au siége de La

Motte en Lorraine, qu'en 1624. Mais je m'aperçois qu'Auger a puisé

cette erreur dans la notice de Grouvelle sur Bussy-Rabutin (Lettres de

Sévigné, édition d'Herhan; 1811, in-12, t. I, p. 134.)

Page 91, ligne dernière: François de L'Hospital.--Et page 92, ligne 12:

Elle vécut avec Louis de Lorraine.

François de L'Hospital, comte de Rosny, seigneur du Hallier, fut abbé

de Sainte-Geneviève et évêque de Meaux, sous Henri IV; il fut fait

maréchal de France le 23 avril 1643, et mourut le 20 avril 1660, âgé

de soixante-dix-sept ans; il était donc né en 1583, et avait

cinquante-cinq ans lors de la visite que lui fit Bussy en 1638. Sa

première femme, Charlotte des Essarts, était fille unique de François

des Essarts, seigneur de Sautour, qui fut tué à Trèves, en 1590. Ce

fut vers cette époque qu'elle vécut avec Henri IV. Elle en eut deux

filles légitimées, qui eurent le titre de princesses. La première,

Jeanne-Baptiste de Bourbon, mourut abbesse de Fontevrault, le 16

juillet 1680; la seconde, abbesse de Chilly, le 10 février 1680; elle

se nommait Marie-Henriette de Bourbon. On a prétendu que Charlotte des

Essarts avait été mariée clandestinement au cardinal de Guise, par

contrat de mariage du 4 février 1611. Ce fait est probable. Il en eut

cinq enfants: trois garçons et deux filles. La seconde, Louise de

Lorraine, dame de Romorantin, dont il est question dans les Mémoires

de Bussy, épousa, le 24 novembre 1639, Claude Pot, seigneur de Rhodes,

grand maître des cérémonies de France. Elle mourut sans enfants, à

Paris, le 15 juillet 1652. Il en sera souvent fait mention dans cet

ouvrage. La Borde (t. II, p. 200 de son édition _des Amours du grand

Alcandre_) inscrit deux fois, comme deux enfants différents, Louise de

Lorraine, dame de Romorantin, et Louise de Lorraine, sans titre. C'est

une erreur: il n'y en a qu'une. Le même confond les enfants de Henri

IV avec ceux du cardinal de Guise. Charlotte des Essarts, ou la

maréchale de L'Hospital, étant morte le 8 juillet 1651, le maréchal de

L'Hospital se remaria à Claudine-Françoise Mignot, fille d'une

herbière du Brachet, près de Grenoble, et alors veuve de Pierre de

Portes, trésorier de la province du Dauphiné. Ce mariage se fit le 24

août 1653. Après la mort du maréchal de L'Hospital, Claudine Mignot se

remaria une troisième fois, dans son hôtel, à Paris, rue des

Fossés-Montmartre, le 4 novembre 1672, à Jean-Casimir, autrefois roi

de Pologne, et alors abbé commendataire de Saint-Germain des Prés, de

Saint-Saurin à Évreux, et d'autres abbayes, et qui mourut le 16

décembre suivant. Claudine Mignot vécut jusqu'au 30 novembre 1711.

Page 94, ligne 11: Plus jeune que lui.

Bussy dit cependant: «Mademoiselle Romorantin avait vingt ans, et je

n'en avais pas dix-sept.» Mais il nous apprend que ce fut en 1639

qu'il passa l'hiver à Chalons. Né en 1618, il avait donc alors vingt

et un ans. On comprend cette préoccupation de Bussy, qui le porte à se

rajeunir toujours de trois ou quatre ans. Toutes les faiblesses qui

tiennent à l'orgueil ou à la vanité, il les avait.

Page 98, ligne 4: Elle devint veuve en 1650.

Pendant les grandes intrigues de madame de Rhodes à Paris, Bussy en

était absent, et suivait un autre parti. Fort liée avec mademoiselle

de Chevreuse, dont elle favorisa les amours avec le cardinal de Retz,

madame de Rhodes fut sur le point d'épouser, par l'entremise de

mademoiselle de Chevreuse, le président de Bellièvre.

Page 101, ligne dernière: Bussy épousa peu de temps après

mademoiselle de Toulongeon.

Bussy épousa Gabrielle de Toulongeon, fille d'Antoine de Toulongeon,

gouverneur de Pignerol, et de Françoise de Rabutin, fille du baron de

Chantal, à Alonne près d'Autun, le 28 mai 1643.

Mémoires touchant la vie et les écrits de Marie de Rabutin-Chantal, (2/6) · 第 50 / 146 题