1657-1658.
Bussy poursuit son plan auprès de sa cousine.--Il savait
apprécier son style.--Il aimait à exercer sa critique sur les
auteurs les plus fameux.--Il se plaisait à faire confidence à sa
cousine de ses intrigues galantes.--Lettres de Bussy à madame de
Sévigné.--Ce qu'il a écrit à la marquise d'Uxelles.--Rupture
entre Bussy et madame de Sévigné.--Bussy déplaît à Turenne.--Il
fait sa cour à Mazarin et à Fouquet.--Sa galanterie lui fait des
rivaux et des ennemis.--Il contracte des dettes.--Il remet à
Fouquet la démission de sa charge.--Bussy reçoit de l'argent de
Fouquet.--Bussy s'adonne au jeu.--Il a besoin d'argent pour ses
équipages de campagne.--Madame de Sévigné consent à lui en
prêter.--Des formalités empêchent la délivrance de la
somme.--Bussy emprunte sur les diamants de madame de Monglat.--Il
part furieux contre madame de Sévigné.--Ses malheurs datent de sa
rupture avec elle.--Il se distingue à l'armée.--Il fait pendant
la semaine sainte une partie de débauche au château de
Roissy.--Bussy est disgracié pour cette orgie.--Il fait des vers
contre Mazarin et des personnes de la cour.--Il compose son
_Histoire amoureuse des Gaules_, et y place le portrait de madame
de Sévigné.--Il est mis à la Bastille pour ce libelle.--Supporte
mal l'infortune.--Comment se passa la fin de sa vie.--Personne ne
l'aimait, hors madame de Sévigné.--Cependant le souvenir de
l'injure qu'il lui a faite excite toujours ses craintes.--Bussy
se repent de ce qu'il a fait contre sa cousine.--Dans une
circonstance mémorable il se conduit à son égard avec générosité.
Bussy se flattait peu, après une aussi longue résistance, de pouvoir
triompher de sa cousine; mais il goûtait de jour en jour davantage le
commerce épistolaire qu'il entretenait avec elle. Homme de goût et
d'esprit, il se vantait avec quelque raison de son tact en littérature
et de l'indépendance de ses jugements. Chapelain, dont la haute
réputation avait résisté même à la publication de son poëme, n'était
pas à l'abri de ses critiques. Bussy appréciait parfaitement le
naturel, l'élégance, la variété et la vivacité des tours et toutes les
qualités du style de sa cousine. Il en était charmé, et ses lettres
lui causaient un plaisir toujours nouveau. D'ailleurs, il avait la
plus entière confiance dans sa prudence et dans sa discrétion. Obligé
de se soumettre à la défense qu'elle lui avait faite de ne jamais dans
sa correspondance l'entretenir de son amour, il s'en dédommageait en
lui faisant confidence de ses intrigues galantes avec d'autres femmes.
Dans une lettre qu'il lui adressa pendant cette campagne, il lui fait
part de sa correspondance avec la marquise d'Uxelles: