J’attendais avec une certaine impatience l’occasion de rencontrer des
représentants de la race noire.
Un des premiers avec qui je fus en contact personnel, est le cocher qui
me fit faire un tour dans Washington et me déclara qu’il avait lu «la
Vie simple». Il ajouta de si bons sourires à ses paroles, que sa figure,
illuminée par un éclair de ses dents blanches, me resta gravée dans le
souvenir.
Dans les familles, les restaurants, les chemins de fer, les nègres
chargés de quelque service, me paraissaient s’en acquitter toujours avec
soin et bonne humeur. On peut surtout les observer à l’aise pendant
qu’ils vous cirent les souliers. L’Amérique abandonne à chacun le soin
de ses souliers. Il est de règle de ne les cirer ni dans les familles,
ni dans les hôtels[8]. On les met le matin, tels qu’on les a ôtés le
soir, et à la première occasion on se confie aux soins d’un de ces bons
nègres qui répètent par les rues: Shine! shine! Ils vous offrent un
siège, fauteuil commode et souvent royal, rappelant les espèces de
trônes sur lesquels vous font monter les cireurs dans la bonne ville de
Lyon, et qui sont bien différents, en dignité, de la pauvre caisse
offerte comme piédestal par nos commissionnaires parisiens. Si vous
désirez être complètement à l’abri, vous êtes invités à pénétrer en
quelque sous-sol, ou le plus souvent en un rez-de-chaussée d’hôtel.
Pendant l’opération, le client, d’ordinaire pressé, lit son journal ou
se livre à quelque occupation urgente. De cela, je me gardai bien. Un
homme qui se fait servir doit quelque attention au frère qui lui
consacre un moment ses soins. Et quels soins! Ne vous imaginez pas
qu’une boîte à cirage et une brosse en représentent les seuls
instruments. Et d’abord l’homme noir qui se courbe vers vos bottes ne
fait pas la tête d’un individu qui va fournir une corvée quelconque. Il
vous considère comme un objet sur lequel son art et sa bonne volonté
vont s’exercer. Primo: nettoyage complet avec une brosse qui emporterait
plutôt le cuir lui-même que d’y laisser un atome de crotte. Après cela,
cirage délicat, et preste repassage avec des brosses plus douces. Puis
vernissage et polissage, au moyen de chiffons de laine et de flanelle,
de rudesse graduellement amoindrie. Cela coûte dix cents, cinquante
centimes. Le frère noir vous renvoie avec un bon sourire, et vous
partez, ayant aux pieds deux miroirs étincelants. Un bon cirage dure une
semaine... s’il ne pleut pas.
[8] Je m’en voudrais cependant de ne pas raconter que dans plusieurs
maisons nous avons surpris nos amis à cirer nos souliers eux-mêmes,
les domestiques n’en ayant pas l’habitude.
Dans les Pullman cars, aussitôt que le train s’approche de la station où
vous avez à descendre, le nègre s’empare de votre chapeau, de votre
pardessus, de votre parapluie même, il les effleure avec une époussette
en chiendent devant laquelle ne saurait subsister aucune poussière. Puis
il s’approche de votre personne qu’il invite à se lever et, depuis le
col jusqu’aux souliers, la brosse avec une impétueuse bonhomie.
En sleeping, pendant que vous dormez, le nègre veille. Préalablement, il
vous a fait votre lit. Le matin, il vous réveille, en vous tapant sur
l’épaule. Si le voyageur ne lui adresse pas la parole, le nègre reste
muet; si vous entamez une conversation, il répond volontiers. Après
avoir satisfait à vos questions, il vous en pose à son tour: échange de
bons procédés.
J’ai beaucoup regardé la figure des nègres. A côté de certains types
lippus, aux traits plutôt empreints d’animalité, et qui font
merveilleusement pendant à nos abrutis blancs, j’ai rencontré beaucoup
de physionomies éclairées, marquées de tous les signes d’une
intelligence ouverte, d’une énergique spiritualité. Mais surtout j’ai
souvent rencontré une expression que je n’ai jamais observée au même
point chez aucun blanc, expression de fidélité, de dévouement, à
laquelle la couleur noire donne un cachet spécial et dont l’impression
sur mon esprit a été extraordinaire.
* * * * *
A New-York, un matin, pendant que je faisais une bonne causette avec
Maurice, magnifique nègre qui venait dès l’aube me sourire et me
demander si je n’avais besoin de rien, j’appris, non sans surprise, que
nous étions collègues. Maurice était prédicateur, chef d’une
congrégation, fondateur d’une école de théologie et, à ses heures, valet
de chambre; sa congrégation étant trop pauvre pour lui assurer la vie
matérielle, il gagnait sa subsistance en servant.
Le cumul de ces deux fonctions de serviteur et de prédicateur pourrait
bien avoir plusieurs inconvénients. Le verbe indépendant lié à une
situation de subalterne! Le loisir nécessaire à l’étude, pris par des
occupations ménagères! La pensée elle-même, suivant intérieurement son
cours, interrompue à chaque instant par un ordre ou un coup de
téléphone!
Mais ces inconvénients qui, certes, ne sont pas minces, laissent
entrevoir des avantages dont le poids pourrait faire baisser la balance
en leur faveur. Après tout, le prédicateur doit chercher la matière de
son enseignement dans la vie encore plus que dans les livres. Il lui est
moins préjudiciable de manquer d’érudition que d’expérience. Or
l’expérience n’est jamais gratuite. Elle se paie fort cher, chaque fois
qu’elle a une réelle valeur. La plupart d’entre nous ne sont guère
disposés à l’acheter son prix. Ils ne font donc directement que les
expériences pour ainsi dire imposées par la nécessité. Les obstacles et
les duretés de l’existence, ses douleurs inévitables, en nous coûtant de
la peine, augmentent notre faculté d’aider les autres à vivre. Mais il
est des expériences d’un genre un peu spécial et qui ne se font presque
jamais que par procuration. Tous les prédicateurs sont, en somme, des
bourgeois. Nous trouverions contraire à leur dignité qu’il en fût
autrement. Et s’ils sortent du peuple, si leurs pères furent paysans,
ouvriers, ou serviteurs, ils risquent de s’embourgeoiser. Or à toutes
les époques, et à la nôtre surtout, une des grandes questions que nous
avons à porter en chaire est la question sociale. Cette question, que
vous la regardiez par en dessus, du côté des patrons, ou par en dessous,
du côté des ouvriers et des serviteurs, vous ne la voyez que sous un de
ses aspects, et donc vous la voyez mal. Pour bien la comprendre, il est
nécessaire de se mettre à la fois à la place des uns et des autres. Mais
se mettre à la place d’un autre est une de ces opérations que l’on peut
bien tenter, ou même s’imaginer d’avoir mené à bonne fin, mais qui, en
somme, est du domaine de l’impossible. La meilleure volonté y rencontre
des résistances insurmontables. Si la place d’un autre ne devient en
toute réalité votre place personnelle, vous ne vous êtes pas
complètement mis dans sa situation et ne sauriez éprouver ce qu’il
éprouve. Je prends maintenant un homme équitable, ne cherchant que ce
qui est juste et droit, comme doit l’être celui qui se mêle de prêcher
aux autres; un homme, en outre, qui aime ses semblables, en raison de
leur qualité d’hommes, et non de leur classe particulière. Cet homme est
domestique, tout le long du jour. Il doit obéir à ses maîtres et il le
fait. Doué de clairvoyance, il considère le train de la maison et le
juge à la fois avec bienveillance et pénétration. Mais son rôle lui
impose le respect préalable et le silence. Le soir, il est libre; il est
même un maître, revêtu d’une grande autorité. Il parle au nom de Dieu et
de l’humanité; au nom de la sagesse condensée des traditions et de
l’expérience vivante du présent. Il a la parole, il dispose du champ
illimité de la pensée. Si cet homme a une âme, il est armé, comme nul
autre, pour dire des choses pratiques que l’on puisse penser et
s’assimiler. Il opère avec des réalités. On sent qu’il connaît le dessus
et le dessous des questions, parce qu’il a vécu et vit journellement les
deux. Et on ne dira jamais dans quelle forme de son activité il est le
plus intéressant, si c’est en qualité de prédicateur valet de chambre,
ou de valet de chambre prédicateur. Certes chacun de ces deux hommes a
fort besoin de l’autre. Je suis convaincu que le monde avancerait mieux,
si les grandes questions ne se débattaient pas, en général, comme par
dessus un fossé, entre gens qui ne sont renseignés que sur un des côtés.
La vie sociale aurait tout à gagner par la création de traits-d’union
humains, en qui vit la compréhension cordiale et profonde, le jugement
équitable sur la situation, les droits et les devoirs des deux partis en
question. Nous avons généralement deux fractions sociales dont les
intérêts semblent opposés: entre elles surgissent des intermédiaires
qui, le plus souvent, sont ignorants de l’une des fractions, à moins
qu’ils ne soient de simples excitateurs exploitant les deux antagonistes
à leur profit. Je voudrais des hommes, aimant et appréciant les deux, et
comprenant que les deux doivent ne faire dans le fond qu’un seul.
Une situation contradictoire comme celle du collègue noir que j’eus
l’avantage de connaître, pour douloureuse et émotionnante qu’elle soit,
peut donc se transformer en une source de progrès humain, à condition
que celui qui la subit, s’élève au-dessus de ses avatars momentanés et,
sous la livrée de domestique comme dans la chaire, demeure avant tout un
homme.
* * * * *
L’occasion de parler à des auditoires nègres, considérée par moi comme
un privilège, me fut accordée à Philadelphie, par deux fois. C’étaient
des assemblées où se mêlaient tous les âges. Sur les tribunes, une foule
d’enfants. Les cantiques furent exécutés avec un entrain merveilleux.
Ils adorent tous le chant, et plusieurs arrivent à un rare développement
musical. Assis sur la plate-forme, où m’avaient accompagné plusieurs
pasteurs nègres et John Wanamaker, je croyais rêver. Des petites têtes
crépues qui chantaient de si bon cœur, mes regards se tournaient vers
l’auditoire adulte. L’hymne montait, nourri, plein d’âme. Il y avait de
la sympathie dans l’air, et du bon accueil. Rarement je me suis senti
plus heureux de prêter ma voix à ces vieilles vérités que l’Évangile a
frappées à l’ineffaçable effigie de l’universelle humanité. Il me
paraissait grand d’une grandeur nouvelle, puisqu’il me servait, sur
l’heure, de parfait trait d’union avec les hommes d’une race jusqu’alors
inconnue pour moi et, dès le premier instant, l’étincelle heureuse, le
courant de vie supérieure que produit le contact des cœurs, se
produisirent avec une force toute spontanée. Mon discours terminé, je
m’assis, et tous les regards se tournèrent vers John Wanamaker. «Puisque
vous êtes parmi nous, lui dit le pasteur de l’Église, permettez-nous de
vous exposer quelques desiderata.» Et il lui parla de services, que dans
sa situation de négociant, occupant beaucoup de monde, il pourrait
rendre à ses paroissiens, en leur offrant du travail et des places. Dans
une partie du discours de ce pasteur, on sentait percer les sentiments
pénibles qui remplissent le cœur des noirs devant certaines hostilités
opiniâtres et certains préjugés de race.
John Wanamaker profita, avec une visible satisfaction, de l’excellente
occasion qui s’offrait à lui d’exprimer sa sympathie aux frères noirs.
«Quand vous aurez à faire à moi et à ceux, très nombreux en ce pays, qui
pensent comme moi, et vous portent un grand intérêt, dites-vous bien
ceci: il n’y a pas là de question de race, ni de face, ni de place, mais
purement une question de grâce, c’est-à-dire d’aptitudes et de
capacités. Vous serez toujours les bienvenus pour occuper une fonction.
Mais le tout n’est pas d’avoir la place, il faut la bien remplir. Si, à
l’essai, nous nous apercevons que vous avez demandé une situation où
vous êtes incapables de vous maintenir avec succès, nous sommes obligés
de vous renvoyer comme un vulgaire blanc. Dans ce cas, quelques-uns
d’entre vous diront que c’est la couleur de leur face qui leur a fait
perdre la place. Non, ils se trompent; ils avaient eu trop d’ambition.
Étant montés trop haut, il leur faut redescendre. Nous vous sommes
sympathiques, ayez confiance. Et s’il arrivait qu’une injustice se
commît envers l’un de vous, soyez certains que nous découragerions celui
qui, sous nos ordres et dans la limite de notre influence, aurait osé
manquer, à l’égard de l’un des vôtres, de respect ou d’équité.»
De telles paroles sont l’expression même du sentiment le plus profond. A
distance, sur la foi d’articles de journaux, relatant des faits
particulièrement odieux, où le préjugé de race s’étale dans sa laideur
entière, nous croyons que les noirs et les blancs, sur toute la surface
des États-Unis, sont entièrement séparés et ne se mêlent ni ne se
rencontrent, même dans les endroits publics, comme les théâtres, les
concerts, les églises, les tramways, les chemins de fer et surtout les
hôtels. Il y a à cela beaucoup d’exagération. Une foule d’Américains,
non seulement ne méprisent ni ne haïssent les nègres, mais se dévouent à
leur cause et leur prouvent leur sympathie par tous les moyens. Ces
hommes ne se dissimulent pas les difficultés de ce qu’on appelle la
question nègre. Mais ils ont un principe très juste en même temps que
très judicieux: Plus les questions sont difficiles, plus il faut
concentrer de bonne volonté sur leur solution.
Je m’estime heureux d’avoir rencontré un grand nombre de ces hommes,
parmi lesquels je nommerai en particulier Mr Robert C. Ogden, de
New-York.
Mr Ogden, associé de John Wanamaker, se trouve à la tête du grand
magasin que ce dernier possède à New-York. Très absorbé par des affaires
colossales, il n’en est pas moins constamment occupé d’œuvres sociales.
C’est un de ces hommes, nombreux en Amérique, qui font le plus grand
honneur à leur pays. Les affaires, pour eux, sont une fonction sociale.
Si elles leur procurent la fortune, la fortune en leur main est un
levier pour le bien. Mr Robert C. Ogden s’occupe beaucoup des nègres, en
particulier de Hampdenschool, établissement créé et dirigé jadis par le
général Armstrong, qui fut le père spirituel de Booker T. Washington.
Pendant de longs moments, dans son cabinet de Broadway, Mr Ogden me
renseigna sur l’œuvre éducative parmi les noirs, mettant entre mes mains
une foule d’ouvrages qui traitent de la question. Non seulement on sent
que, en sa qualité de Président du comité de Hampdenschool, il
s’intéresse à la maison, personnellement, mais cet intérêt, visiblement,
le touche aux entrailles mêmes. Quand il parle des noirs, ses yeux se
mouillent. Et cependant c’est un homme fort, d’une taille plus
qu’ordinaire et doué d’un grand sang-froid.
Par lui, je fus mis personnellement en rapports avec Booker T.
Washington, l’un des hommes que j’étais le plus impatient de rencontrer,
dont je me suis senti honoré de toucher la main et dont je me promets
bien d’aller plus tard visiter l’école à Tusgegee, dans le Sud. Cette
fois, je dus me borner à faire une conférence au profit de
Hampdenschool. Organisée par Mr Ogden, cette conférence eut lieu dans la
vaste maison, due comme tant d’autres à la générosité universellement
connue de Mr Andrew Carnegie, et qui se nomme, en raison de cette
origine, Carnegie-Hall.
On avait envoyé de Virginie huit élèves de l’école, entre 20 et 25 ans,
afin de chanter devant le public, avant et après la conférence.
Comme on nous présenta les uns aux autres, quelques minutes avant le
début, je leur dis, dans le cabinet où nous attendions l’heure de
commencer: «Chers amis, si vous voulez me faire un immense plaisir,
chantez-moi un morceau dès maintenant.» Immédiatement ils se rangèrent
et entonnèrent un double quatuor. Alors il me sembla que le parquet
vibrait et que le son magnifique de leurs voix me montait à travers les
os et courait dans mes moelles. Jamais je n’ai entendu cette ampleur de
basse sortir de poitrines humaines. C’était un orgue vivant.
Quelques instants plus tard, ils se firent entendre dans la grande
salle, où ils donnèrent entre autres des mélodies telles que leurs pères
en chantaient dans les plantations, du temps de l’esclavage. A travers
la mélancolie de ces complaintes, la détresse humaine s’exprime en
accents si douloureux et si vrais qu’on oublie presque la musique pour
ne penser qu’aux situations dont elle est l’écho.
Je ne suis pas documenté pour aborder le problème nègre. C’est une
grande montagne qui pèse sur la conscience des États-Unis. Mais ce qui
me rassure, c’est qu’aucune question, quelle qu’elle soit, surgissant
dans les limites de la destinée d’une nation, n’est au-dessus des forces
de cette nation, si tant est qu’elle est abordée avec tous les moyens de
bon sens, de clairvoyance pratique d’une part, et d’autre part, avec
équité, bienveillance véritable et fraternelle bonté. Or, de ces
qualités pratiques et de ces qualités de cœur, l’Amérique tient en
réserve des provisions intarissables. Aucun obstacle, aucune difficulté,
aucune fatalité du sang ne prévaudra contre elles.
En attendant, je m’estime heureux de connaître l’homme dont le nom,
aujourd’hui, personnifie les espérances comme les charges des frères
noirs, l’homme vers qui, de tous les points du territoire américain et
du monde, vont les sympathies que nous leur vouons: j’ai nommé Booker T.
Washington. Je noterai ici un fait mémorable entre tous et qui doit être
conservé.
Le soir du 7 octobre 1904, nous étions réunis dans un banquet final,
dernier acte du Congrès de la Paix, de Boston. Six cents convives de
tous les États de la République, de tous les pays du monde, se
trouvaient à table, dans une salle de fêtes. Nous étions assis, tous
ceux qui devaient prendre la parole dans la soirée, à une table
spéciale, d’où les orateurs seraient aisément aperçus. Booker Washington
était à trois places de moi. Quand vint son tour de parler et qu’il se
leva, toute l’immense salle, comme mue par un même sentiment spontané,
se leva, afin de lui rendre un hommage unique, un hommage qui, à ce
moment, par la qualité des délégués réunis là, devenait une
manifestation universelle de toute la Terre civilisée et pacifique.
Booker Washington est un homme de taille moyenne, trapu, à la figure
énergique. Quand il se lève pour parler, on sent qu’il porte sur ses
épaules le fardeau de sa race. Sa parole est claironnante, chaude, et va
droit au but. Il est éloquent, de cette éloquence supérieure
qu’inspirent le courage, la sincérité, l’absolu dévouement à une cause.
Images parlantes, geste sobre, modération persuasive. On sent que cet
homme est une voix au service d’un principe.
Après certaines phrases où il met son énergie totale, quand il ferme la
bouche, qu’il a puissante, décidée, on sent à quel point ce qu’il vient
de dire est positif et inattaquable. Le geste de son large menton, joint
à l’éclair de ses yeux, rappelle alors la parole magnifique de Luther:
_Das Wort sie sollen lassen stahn!_