Dr. P. Lassablière. ‘Hygiène du premier âge’. 1913.
Bl. 109. „Dès les premiers jours, il convient d’habituer l’enfant à une
grande régularité dans ses repas. Ni ses cris ni les supplications de
l’entourage ne doivent faire fléchir cette règle absolue.
Le premier mois, l’enfant devra être mis au sein, à partir de cinq
heures du matin, toutes les deux heures et demie; il recevra ainsi neuf
tétées en vingt-quatre heures. Le deuxième mois, on supprimera une
tétée. À partir du sixième mois, il prendra sept tétées en vingt-quatre
heures, une tétée toutes les trois heures. Il faut, le plus tôt
possible, éviter à la mère la tétée de la nuit qui est pour elle
l’interruption d’un repos bien gagné et souvent une fatigue; l’intérêt
de l’enfant commande ce repos d’ou dépend la bonne qualité. Le nombre
et l’intervalle des tétées peuvent être modifiés cependant, par le
médecin suivant le cas.
La durée des tétées dépend de l’appétit de l’enfant et de la valeur de
la mère comme nourrice. En moyen, les tétées doivent être d’un quart
d’heure. Il y a intérêt à laisser reposer un peu l’enfant au milieu
d’une tétée. Si l’enfant est glouton, on suspendra la tétée au bout de
trois à cinq minutes.
La quantité de lait que doit prendre un enfant dépend également de sa
vigueur physique et de la richesse nutritive du lait maternel; il n’y a
donc pas de règle absolue pour fixer la quantité exacte de lait que
doit absorber un enfant.”
Bl. 194. „Allaitement artificiel. Le tableau suivant donne les
quantités de lait par biberon et par vingt-quatre heures. Là, plus
qu’ailleurs, il n’y a pas de règle absolue. C’est au médecin
d’apprécier.”
P. Nobécourt. ‘Conférences pratiques sur l’alimentation des
nourrissons.’ 2e Edition. 1914.
Bl. 33. „Allaitement naturel. Si on ouvre les ouvrages qui traitent de
l’allaitement, on est frappé par les divergences qui existent entre les
auteurs sur le nombre des tétées et sur les quantités de lait qu’il
convient d’autoriser. Elles se rencontrent non seulement dans des
livres d’époques différentes, mais encore dans ceux qui sont
contemporains. Comme, sans aucun doute, chaque auteur préconise les
règles, qui, dans sa pratique, lui ont donné de bons résultats pour
l’élevage des nourrissons, on serait tenté d’en conclure à l’absence de
toute règle véritable. Ce serait évidemment exagéré. Il existe des
données générales qui doivent guider le médecin; mais ces données n’ont
rien d’absolu et nous verrons, chemin faisant, les tempéraments qu’il
convient de leur apporter.”
Bl. 41. „Il ne faut donc pas s’attacher à fixer avec une trop grande
minutie la ration alimentaire d’un nourisson au sein; on aurait ainsi
bien des déconvenues. Il faut dire que l’enfant doit ingérer
approximativement telle quantité de lait; mais, prenant la ration
théorique comme base, procéder par tâtonnement, comme le conseillait
Budin, en tenant compte des fonctions digestives, de la croissance et
de l’état général. Il faut se garder toutefois d’être trop timoré; si
le bébé digère bien et se développe régulièrement, il faut le laisser
téter suivant son appétit, se bornant à le modérer, s’il est trop
vorace, à le stimuler, s’il prend trop peu. La quantité de lait qu’il
prendra sera pour lui, en général, la ration optima.”
Bl. 47. „Quand le bébé est normal et se développe régulièrement, il
importe moins de se préoccuper de la ration que de fixer le nombre et
les intervalles des tétées.”
Bl. 82. „Comme l’a exposé fort justement le Pr. Maurel, il n’y a pas de
rations normales, mais des rations conventionnelles moyennes,
appropriées à des sujets donnés dans des conditions convenues; la
ration est „toujours personnelle, de plus, même pour une personne, elle
ne correspond qu’à une période de temps divisée et quelquefois très
courte.” Quand on parle de rations trop fortes ou de laits trop riches,
il faut tenir compte des modalités particulières à chaque enfant. Tous
n’ont pas la même capacité digestive ni la même activité nutritive,
même à conditions égales d’âge, de taille ou de poids. „Chaque
organisme, écrit M. A. Lesage, à sa personnalité, son coefficient de
fixation. Chaque nourrisson tire un parti différent d’un même aliment.
Vouloir identifier tous les enfants est une utopie.”
Bl. 139. „Technique de l’allaitement artificiel. L’allaitement
artificiel ne peut en effet réussir que s’il reste sous le contrôle
répété du médecin; comme je vous l’ai dit et comme nous allons le voir
encore, les quantités de lait nécessaires aux enfants ne sont pas
adéquates à les âges, elles doivent varier suivant les indications par
l’examen clinique.”
Bl. 141. „La tétée doit durer une dizaine de minutes.”
Bl. 145. „La radioscopie ayant montré à M.M. Leven et Barret que le
lait de vache quitte l’estomac, en général, aussi rapidement que le
lait de femme, on peut donner autant de biberons que de tétées dans
l’allaitement naturel, et aux mêmes intervalles, c’est-à-dire:
De la naissance à 3 mois 8 biberons espacés de 2h. 30.
,, 3 à 6 mois 7 ,, ,, ,, 3,,
,, 6 à 9 ,, 6 ,, ,, ,, 3,,
... il n’y a d’ailleurs pas de règle absolue: M. Marfan conseille 7
biberons jusqu’è cinq mois, 6 ensuite; M. Variot 9 biberons jusqu’à un
mois, 7 biberons jusqu’à quatre mois, 5 biberons ensuite.”
Bl. 148. „En présence des faits dissemblables que je viens de vous
exposer, la conclusion déjà posée à propos de l’allaitement naturel
s’impose: il n’y a pas de règle absolue pour l’alimentation
artificielle des nourrissons. Chaque nourrisson a son individualité
physiologique et demande une ration qui lui est particulière. Il faut
procéder par tâtonnements”.
Dr. J. Andérodias. ‘La pratique des maladies des enfants.’ 1909. I. par
A. B. Marfan, J. Andérodias et René Cruchet.
Bl. 244. „Pendant le période qui procède la montée de lait, il n’est
pas utile de mettre très souvent l’enfant au sein. La seconde tétée
aura lieu trois ou quatre heures après la première, et, jusqu’au
troisième jour, on laissera cet intervalle entre les tétées. Lorsque la
montée du lait s’effectue, les seins deviennent durs, tendus, et le
mamelon diminue de longueur. Dans ces conditions, il ne faut pas
laisser un intervalle aussi considérable entre les tétées; les seins
seront donc vidés plus souvent, afin que l’enfant n’ait pas de trop
grandes difficultés pour prendre le mamelon. On le mettra donc au sein
toutes les deux heures d’une façon très régulière. Cet intervalle doit
être considéré comme physiologique pendant le premier mois, car la
digestion dure un peu moins que ce laps de temps.... A partir du
deuxième mois, il sera bon d’espacer les tétées toutes les deux heures
et demie, de façon à laisser reposer la mère un peu plus longtemps.
Enfin, vers le quatrième mois, l’enfant ne prendra plus que toutes les
trois heures.”
Bl. 245. „Dans les premiers temps, certains enfants sont très paresseux
et mettent longtemps pour téter, plus d’une demi-heure quelquefois.
Dans ces conditions, il est très difficile de leur donner toutes les
deux heures: on espacera les tétées toutes les deux heures et demie ou
trois heures.”
Bl. 246. „Si on a affaire à un enfant bien portant, qui augmente d’une
façon régulière, et si la mère a suffisamment de lait, on peut se
dispenser de la réveiller. Si au contraire le nourrisson est petit,
tète mal et si la mère est médiocre nourrice, il faut réveiller
l’enfant trop dormeur.... Si, en effect, l’enfant dort trop pendant le
jour et n’a pas ses tétées réglementaires, la nuit il aura faim,
restera éveillé, criera, et l’on verra cette anomalie d’un enfant qui
dort une partie de la journée, ne tétant que quatre ou cinq fois, et
reste toute la nuit suspendu au sein.”
„Nous venons de dire que le nourrisson ne doit pas téter toute la nuit.
Mais est-il nécessaire de le faire téter à intervalles réguliers? Si
l’enfant ne se réveille pas, il est tout à fait inutile de lui donner
le sein, surtout quand il est vigoureux et bien portant. On l’habitue
ainsi a être sevré la nuit. Lorsque, au contraire, l’enfant se réveille
et crie, si on a affaire à un enfant chétif et qui se développe mal, on
lui donne une fois la nuit, à peu prés à intervalle égal entre la
dernière tétée du soir et la première du matin. Cette tétée de la nuit
sera continuée seulement pendant un mois ou deux. Si l’enfant se
réveille et crie plusieurs fois dans la même nuit, on n’hésitera pas,
s’il est suffisamment nourri, à le laisser crier.”
Dr. J. Donnadieu. ‘Pour lire en attendant Bébé’, 8ième édition. 1916.
Bl. 31. „De très bonne heure, dès la fin de la première semaine, vous
réglerez rigoureusement l’heure des repas de l’enfant; vous le mettrez
au sein toutes les deux heures le jour. Pendant le premier mois
seulement vous lui donnerez deux tétées par nuit, dès le second mois,
une seule.
Si vous ne suivez pas courageusement cette règle, votre enfant sera
difficile à élever, il passera ses jours et surtout ses nuits à pleurer
et à téter, vous privant ainsi de tout repos, et compromettant
directement votre santé et indirectement la sienne.”
Bl. 32/33. „C’est surtout la nuit que vous apprécierez le repos que
vous laissera votre enfant en dehors de l’unique tétée que vous lui
donnerez jusqu’à l’âge de quatre mois.
.... Des le cinquième mois, l’enfant ne tétera plus la nuit.”
Bl. 34. „Quand l’enfant aura près de trois mois, pendant le jour,
éloignez le moment des tétées; un repas toutes les deux heures et demie
d’abord, puis toutes les trois heures, sera suffisant, d’autant plus
qu’à cet âge, son estomac s’étant développé, il prendra chaque fois une
plus grande quantité de lait qui demandera un temps plus long pour la
digestion.”
Bl. 35. „On rencontre quelquefois des mamans qui vous disent: „Docteur,
il m’est impossible de faire téter mon enfant toutes les deux heures,
car il fait des sommeils ininterrompus de quatre et cinq heures.” On
est tenté d’ajouter: qui dort dîne. Le proverbe est ici en défaut, et
pour ces enfants paresseux, dormeurs, je réclame plus énergiquement
encore la régularité des repas, toutes les deux heures d’abord, toutes
les trois heures ensuite.
.... Quand l’heure du repas a sonné, levez votre petit endormi,
secouez-le un peu pour l’éveiller, mettez-le au sein, qu’il tète et se
rendorme après, il n’a pas autre chose à faire, téter et dormir.
En résumé, un tout jeune enfant doit téter une disaine de fois dans les
24 heures, puis, à mesure qu’il grandit, on diminue le nombre des
tétées ou des biberons, en les espaçant, de façon que, vers la fin du
huitième mois, il ne tète plus que six fois.
Un enfant vigoureux doit faire son repas en dix ou douze minutes.”
Bl. 38. „Donnerez-vous les deux seins à chaque tétée? Oui, car il est
inutile de laisser distendre un sein en le laissant se remplir de lait
pendant quatre heures, il vaut mieux les vider tous les deux à moitié à
chaque tétée.”
Bl. 66. „Allaitement au biberon. 1er jour: nombre des tétées 10; 4me
jour, 10; 2me semaine 10; 3me et 4me semaine 9; 2me mois, 9; 3me mois
8; 4me mois 8; 6me mois 7; 9me mois 6.”
Prof. Dr. A. Pinard. ‘La Puériculture du premier âge’. 1916.
Bl. 68. „Le nombre des tétées doit être de six à huit dans les 24
heures. Elles doivent être espacées de la façon suivante: toutes les
deux ou trois heures pendant la journée avec un repos, pour la maman et
le bébé, de six à huit heures pendant la nuit.”
Bl. 69. „La durée de chaque tétée doit être d’un quart d’heure environ.
D’une façon générale, on ne doit pas interrompre le sommeil d’un
nouveau-né bien portant pour le faire téter. Si le sommeil a duré plus
de trois heures dans la journée, on rapprochera ensuite les tétées.
Rien n’est plus variable que la quantité de lait prise au sein de sa
maman par chaque bébé.”
Prof. Dr. A. Auvard. ‘Le nouveau-né’ 7ième édition. 1917.
Bl. 196. „Allaitement naturel. A partir du quatrième jour, régler
autant que possible les tétées de la façon suivante:
Premier Semestre:
Trois premiers mois { Le jour, une tétée toutes
{ les deux heures.
{
{ La nuit (c’est-à-dire
{ environ de 8 heures du
{ soir à 8 heures du matin),
{ une tétée toutes les
{ quatre heures.
Trois mois suivants { Le jour, une tétée toutes
{ les trois heures.
{
{ La nuit une tétée toutes
{ les six heures.
Second Semestre: Le jour, une tétée toutes
les trois heures;
remplacer deux tétées par
une soupe chaque fois.
(Par exemple, 8 heures
matin: tétée.—11 heures:
soupe.—2 heures soir:
tétée.—5 heures: soupe.—8
heures: tétée.
La nuit, une seule, tétée,
qu’on peut même arriver à
supprimer.
Troisième Semestre: Le jour, une tétée toutes
les trois heures; en
remplacer deux à trois par
les aliments, qui seront
indiqués ultérieurement.
Supprimer la tétée de la
nuit.”
Bl. 200. „Les rations. (Je rappelle que ces chiffres ne représentent
que des moyennes approximatives, qui varient avec chaque mère, avec
chaque enfant, et aussi avec une série de circonstances laissées à
l’appréciation du médecin).”
Bl. 245. „Allaitement artificiel. On donnera une tétée toutes les deux
heures (de 8 à 10 tétées par 24 heures).”
„On peut arriver, après deux ou trois mois, à supprimer la tétée de
nuit.”
Mme. Le Dr. Cl. Mulon. ‘Manuel élémentaire de puériculture’. Préface du
Pr. Marfan. 1920.
Bl. 57. „il faut qu’il soit baigné chaque jour, qu’il ait des repas
très réguliers.”
Bl. 59. „Un enfant bien dressé doit dormir et laisser dormir ses
parents entre 9 heures du soir et 6 heures du matin. Il prend cette
habitude en quelques jours si on ne cède pas à ses cris. Il est plus
long de dresser un bébé de quelques mois qu’un nouveau-né; on y
parvient cependant avec la persévérance. On peut y parvenir plus vite
en donnant un biberon d’eau bouillie pour calmer les cris et
déshabituer l’estomac de secréter des sucs digestifs la nuit.”
Bl. 80. „Il faut régler les enfants dès le début de la vie, pour
l’alimentation comme pour le sommeil. L’éducation ne saurait commencer
trop tôt. Quand un bébé vient de naître, après l’avoir nettoyé et
habillé, on le met à dormir dans son lit.... (De moeder gaat ook
slapen).
....Donc, la mère et l’enfant reposent, nous allons les laisser ainsi 3
à 5 heures, non pas 24 heures comme on disait autrefois.”
Bl. 81. „Ensuite, nous allons mettre l’enfant au sein toutes les 2
heures pendant quelques minutes pour faciliter la montée laiteuse, qui
se fera ainsi en 48 à 60 heures environ. Nous devons l’aider. L’enfant
prendra très peu de choses; il n’a pas besoin d’un long repas, mais
ainsi nous éviterons à la mère la tension douloureuse des seins qui
accompagne la montée laiteuse mal surveillée.
Dès le 3e jour, l’enfant ne tétera plus que toutes les deux heures ½.
Mais, je vous en prie, apprenez-lui de suite à ne pas téter la nuit. On
peut très bien le dresser ainsi d’emblée, quoiqu’en pensent les mères.
Et il n’ en meurt pas. Ce sont des idées un peu nouvelles, mais elles
sont fondées sur l’expérience de beaucoup de maîtres, sur la mienne
aussi. Quoi’qu’elle ne soit pas séculaire, je suis tout à fait sûre,
qu’on arrive à élever des enfants ainsi et que la maman se porte mieux,
ceci est vrai surtout pour la femme qui travaille. Combien de
malheureuses ouvrières qui, ayant besogné toute la journée, passent
encore leurs nuits à allaiter, parce que leur enfant crie, alors qu’un
enfant bien dressé peut ne pas boire du tout entre 10 heures du soir et
6 heures du matin”.
Bl. 82. „En passant, je vous signale un petit moyen pour déshabituer un
enfant mal dressé de téter la nuit. La mère vous dît: Je ne peux pas
l’empêcher de crier la nuit. Eh bien, il suffira de remplacer cette
tétée nocturne par un biberon d’eau bouillie.
Ainsi l’enfant se déshabituera de secréter du suc gastrique à cette
heure anormale et il ne demandera plus à téter la nuit.
Quelquefois cependant, quand l’enfant est petit, un ch’tiot, comme on
dit dans le Morvan, il faut le laisser téter la nuit une à trois fois,
pendant quelques semaines, parce qu’il n’a pas la force de téter, il ne
prend pas assez, et la secrétion lactée se tarirait.”